Science & Santé n°19 mar/avr 2014
Science & Santé n°19 mar/avr 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de mar/avr 2014

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Institut national de la santé et de la recherche médicale

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 11 Mo

  • Dans ce numéro : jeux vidéo, jeux d'argent, sexe, travail... des addictions comme les autres ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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• à la une• découvertes• Têtes chercheuses• regards sur le monde• Cliniquement vôtre• Grand Angle• Médecine générale ➜Entreprendre• Opinions• Stratégies• Bloc-Notes Recherche et innovation L’incontournable alliance L’Alliance pour les sciences de la vie et de la santé (Aviesan)* a un partenaire industriel privilégié  : l’Alliance pour la recherche et l’innovation des industries de santé (Ariis). Par son intermédiaire, une grande part de nos recherches trouve une valorisation industrielle, nationale ou internationale, pour le bénéfice quotidien des malades. Claude Bertrand, président de l’Ariis, analyse le paysage français de l’innovation et présente sa vision stratégique. François guénet/insermClaude Bertrand président de l'Ariis Science&Santé  : Comment est née l’Ariis ? Claude Bernard  : Elle fait suite à la naissance d’Aviesan en 2009. Et elle a vu le jour en février 2010. Ces deux institutions résultent, en effet, d’une volonté stratégique commune. D’un côté, face à la complexité de l’organisation de la recherche publique française, notamment au grand nombre d’organismes de recherche et à l’intrication des équipes, il semblait utile de créer une institution fédératrice  : Aviesan. De l’autre, il fallait que la recherche académique trouve, dans le monde industriel, un environnement structuré avec un point d’entrée unique et accessible  : l’Ariis. Celle-ci représente toutes les industries de santé du territoire national, de la santé humaine et vétérinaire jusqu’aux dispositifs médicaux, en passant par le diagnostic et toutes les biotechnologies appliquées à la santé. Une telle organisation, assez unique au monde, n’existe nulle part ailleurs en Europe ! Elle fait de nous une alliance aux deux sens du terme  : nous sommes un groupement d’industriels unis par le même désir d’innovation et l’indéfectible allié d’un partenaire exceptionnel, Aviesan. * voir S&S n°9, Stratégies « Politique de recherche – Aviesan souffle ses 3 bougies », p.42-43 S&S  : N’y a-t-il pas, pourtant, de profondes divergences de culture entre recherche publique et innovation industrielle privée ? C. B.  : Cette vision est typiquement française et dommageable car elle freine la valorisation de la recherche dans notre pays. En réalité, secteur public ou secteur privé, nous avons le même parcours scientifique. Moi-même, par exemple, qui suis directeur de la R&D du groupe pharmaceutique Ipsen, j’ai un doctorat en pharmacie et un PhD en pharmacologie. Et nous mesurons le succès de la même façon  : à la qualité des publications ! En revanche, le privé a certainement une vision plus « court-termiste », nous ne pouvons pas allouer les mêmes ressources que les institutions publiques à des recherches fondamentales de longue haleine. Mais nous pouvons créer un environnement favorable à l’innovation pour accélérer son émergence. Il y a donc une vraie complémentarité ! Avec André Syrota, président d’Aviesan et président-directeur général de l’Inserm, et Thierry Damerval, directeur général délégué de l’Inserm, nous luttons contre ce fossé idéologique qui oppose public et privé. Nous favorisons, par exemple, les partenariats public-privé, ou la mise en place de bourses doctorales réalisées en partie en entreprises. Et tous les deux ans, Aviesan organise avec nous l’École de l’innovation théra peutique, dont la prochaine se tiendra du 11 au 13 juin prochain. Cette rencontre de deux jours entre étudiants, chercheurs et entrepreneurs est très appréciée. Elle permet aux étudiants de découvrir très tôt nos métiers, dès le commencement de leur formation, en quoi nos univers sont complémentaires, « Nous pouvons créer un environnement favorable à l'innovation pour accélérer son émergence „ et par quelles étapes passent la découverte et le développement d’une solution thérapeutique. C’est aussi l’occasion de resserrer nos liens, avec une volonté nette de ne pas se cloisonner. S&S  : Aviesan et l’Ariis co-organisent aussi les Rencontres internationales de la recherche (RIR)…C. B.  : Oui et leur succès va croissant d’année en année  : en octobre 2013, plus de 300 participants se sont retrouvés autour de la prévention et du traitement des maladies inflammatoires. En 2012, le thème était le cancer. Le format de ces journées est assez original  : des chercheurs français et des industriels, ainsi que des investisseurs et décideurs internationaux, se rencontrent d’abord à des conférences et des tables rondes classiques, puis conduisent des sessions de speed dating extraordinairement dynamiques – des rendez-vous entre partenaires désireux de se parler quelques minutes, de manière informelle, pour peut-être vivre ensuite un belle histoire ensemble. Je crois qu’il est toujours fructueux de faire se côtoyer des acteurs qui n’en ont pas l’habitude. Ces RIR créent un véritable foisonnement d’idées, qui se concrétisent par la signature de partenariats inédits. L’intérêt mutuel est en tout cas si fort que nous devons limiter le 38 ● & ECIENCE santé ● N°19 ● mars - avril 2014
I ➜entreprendre François guénet/insermnombre de participants en nous fondant sur l’excellence scientifique. Aux Rencontres 2014, les maladies rares seront à l’honneur. Il faut dire que l’industrie s’y intéresse de plus en plus. Leur étude permet parfois de changer le regard que nous portons sur des maladies plus courantes. Par exemple, les travaux menés sur la mucoviscidose permettent d’améliorer notre compréhension d’autres maladies pulmonaires. Qui plus est, les temps de développement industriel sont potentiellement plus courts que par le passé, ce qui facilite l’investissement dans ce secteur. D’un côté, donc, l’industrie souhaite investir dans ce domaine. D’un autre, justement, la recherche française est très bien placée au niveau international, ce qui peut en faire un partenaire de premier choix. Je pense, entre autres, à des instituts de maladies rares vraiment uniques et remarquables comme la Fondation Imagine à l’hôpital Necker. S&S  : Cette excellence française est-elle assez reconnue ? C. B.  : La recherche en santé est l’un des fleurons de la France ! Il ne s’agit pas d’une vision idéaliste, mais d’une réalité dont on a surtout pris conscience à partir de 2012, avec le rapport de Louis Gallois sur la compétitivité de l’industrie française. Celui-ci recommandait de renforcer le domaine de la santé et de l’économie du vivant. Nous avons encore une chance de défendre ce secteur en France et de le rendre attractif au niveau interna tional  : l’excellence de la recherche française en santé mérite que l’on s’y acharne. Le gouvernement a « Nous sommes l'indéfectible montré qu’il nous appuyait. Sa présence allié d'Aviesan „ aux deux dernières Rencontres a été précieuse, alors que nous traversions une crise de confiance dans le sillage des victimes du Mediator. Jean-Marc Ayrault y expliquait, en 2012, que « la France doit demeurer une force d’entraînement et une référence en matière de recherche médicale dans le monde ». Par son excellence, la recherche française a des arguments à défendre au niveau international ! S&S  : Y compris au niveau européen ? C. B.  : Bien sûr. L’Europe ouvre des opportunités à ne pas manquer. Aviesan et l’Ariis retroussent littéralement leurs manches pour soutenir les atouts de la recherche française en Europe, par exemple sur les cohortes populationnelles, la création de biobanques (L) ou la lutte contre l’antibiorésistance ! Nous actionnons tous les leviers possibles afin d’accroître notre participation à la recherche européenne. Il faut que les chercheurs répondent à plus d’appels à projets européens. Nous avons, dès cette année, de très bonnes perspectives de coopérations au sein du programme Horizon 2020**, et nous avons reçu, avec André Syrota, des membres de la commission scientifique de la Communauté européenne, pour définir quelles compé tences françaises sont les plus à même de contribuer à la croissance européenne. Ce chantier nous occupera activement durant les deux prochaines années ! n Propos recueillis par Nicolas Rigaud LBiobanques Structures qui regroupent des collections d’échantillons biologiques pour la recherche scientifique. ** Voir S&S n°16, Stratégies « Horizon 2020 », p.42 8 www.horizon2020.gouv.fr SCIENCE mars - avril 2014 ● N°19 ● ● 39



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