Science & Santé n°19 mar/avr 2014
Science & Santé n°19 mar/avr 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de mar/avr 2014

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Institut national de la santé et de la recherche médicale

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 11 Mo

  • Dans ce numéro : jeux vidéo, jeux d'argent, sexe, travail... des addictions comme les autres ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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• à la une• découvertes• Têtes chercheuses ➜regards sur le monde• Cliniquement vôtre• Grand Angle• Médecine générale• Entreprendre• Opinions• Stratégies• Bloc-Notes• Royaume-Uni Soulager la psychose associée à Parkinson Les malades de Parkinson souffrent fréquemment d’hallucinations, de délire, de paranoïa. Pour les soulager, un nouveau traitement, la pimavanserine, a été développé. Son bénéfice par rapport à un placebo (L) vient d’être évalué chez 199 malades par l’équipe de Clive Ballard du King’s College de Londres. Après six semaines de traitement, l’échelle de mesure des symptômes de la psychose a montré une amélioration chez les malades recevant la LPlacebo Médicament composé de substances neutres, sans effet pharmacologique dans la maladie considérée Dégénérescence des cellules nerveuses dans le locus niger, zone touchée dans la maladie de Parkinson pimavanserine. En outre, il n’y a pas eu d’aggravation des symptômes moteurs, ce qui n’est pas le cas des traitements actuellement prescrits. Reste maintenant justement à les comparer à ce nouveau venu. 2 J. Cummings et al. The Lancet, 8 février 2014 ; 383  : 533-40• AlejandroBalazs/CaliFOrnia Institute of Technology LVecteur Virus modifié qui sert à apporter un gène aux cellules ETATS-UNIS Limiter la transmission du sida par les muqueuses Structure du vecteur utilisé pour délivrer des anticorps contre le VIH En 2011, l’équipe de David Baltimore du California Institute of Technology a réussi à faire produire chez des souris, par transfert de gène grâce à des vecteurs (L), des anticorps qui neutralisent le virus HIV circulant dans le sang. Cette même équipe vient maintenant de montrer que cette méthode bloque aussi le virus lorsqu’il est au niveau de la muqueuse vaginale. Cette technique pourrait donc permettre la mise au point d’un vaccin qui protégerait les êtres humains de la transmission du sida par les muqueuses. 2 Aa. B. Balazs et al. Nature Medicine, 9 février 2014 (en ligne) doi  : 10.1038/nm.3471 16 ● & ECIENCE santé ● N°19 ● mars - avril 2014 James Cavallini/BSIP• japon Coup de stress pour un bain de jouvence À l’heure actuelle, obtenir des cellules souches à partir de cellules adultes nécessite des manipulations génétiques longues et délicates. Haruko Obokata et ses collègues du Centre de biologie du développement Riken de Kobe (Japon) et de l’école de médecine de Harvard (États-Unis) ont réussi à reprogrammer des cellules adultes en leur appliquant un simple stress. Ils ont plongé des globules blancs de souriceaux dans un milieu acide pendant 25 minutes, les ont passés 5 minutes en centrifugeuse, puis placés dans un milieu de culture. Résultat sept jours plus tard  : des cellules souches nommées STAP pour « Acquisition de pluripotence déclenchée par stimulus ». Injectées dans des embryons de souris, elles ont participé normalement à leur développement. Elles sont donc pluripotentes  : elles peuvent se différencier en n’importe quel tissu de l’organisme. Mais pas seulement ! 1 Un embryon de souris issu de cellules STAP Elles semblent presque totipotentes, autrement dit capables de générer un organisme complet à partir d’une seule cellule ; une capacité qu’aucune cellule de laboratoire n’a jamais eue. Si ces résultats sont confirmés, et si cette méthode simplissime est transposée avec succès aux cellules humaines, la médecine régénératrice pourrait connaître un coup d’accélérateur. h. Obokata et al. Nature, 30 janvier 2014 ; 505 (7485)  : 641-7 RIKEN CDB• Australie Le cancer sous surveillance immunitaire Le lymphome non hodgkinien, un cancer du système immunitaire, est dû à des modifications génétiques des globules blancs. L’équipe d’Axel Kallies, de l’Institut de recherche médicale Walter et Eliza Hall, à Victoria, vient de montrer, grâce à des souris modèles de cette pathologie, que leur système immunitaire élimine les globules blancs génétiquement modifiés avant qu’ils ne donnent une tumeur. Les chercheurs espèrent que ces résultats permettront la mise au point d’un diagnostic très précoce du lymphome. s. Afshar-Sterle et al. Nature Medicine, 2 février 2014 (en ligne) doi  : 10.1038/nm.3442 Page réalisée par Françoise Dupuy Maury
➜regards sur le monde• ETATS-UNIS Hérédité La peur du prédateur transmise par le sperme ? La sensibilité aux odeurs est essentielle dans le règne animal, même les souris modifient leurs émanations corporelles pour alerter leurs congénères d’un danger. Une équipe de chercheurs américains de l’Université Emory, à Atlanta, s’est intéressée à la transmission de cette sensibilité. Leurs résultats sont étonnants  : après exposition à l’acétophénone, une molécule aromatique qui dégage une odeur désagréable aux rongeurs, couplée à un choc électrique pour la rendre « stressante », les comportements de souris mâles se sont modifiés ainsi que l’anatomie et le fonctionnement de leur système nerveux. Leur descendance, sur deux générations, s’est, elle aussi, révélée plus sensible à cette odeur. Pour expliquer cette transmission, les scientifiques LÉpigénétique Ensemble des mécanismes par lesquels l’environnement et l’histoire individuelle influent sur l’expression des gènes Le point avec Claudine Junien Professeur de génétique médicale à l’université de Versailles Saint-Quentinen-Yvelines, présidente de la société francophone sur l’origine développementale de la santé (SF-DOHaD) L Méthylation de l’ADN Processus où certaines bases nucléotidiques peuvent être modifiées par l’addition d’un groupement méthyle. ont analysé le sperme du père et des souriceaux de la première génération et y ont décelé une modification épigénétique (L) présente sur le gène du récepteur à l’acétophénone. B. G. Dias et al. Nature Neuroscience, janvier 2014 ; 17 (1)  : 89-96 J. Zidar et al. Animal Behaviour, 84 (3), septembre 2012 ; doi  : 10.1016/j.an ; behav.2012.06.006 J. Brechbühl et al. PNAS, 4 mars 2013 (en ligne) ; doi : 10.1073/pnas.1214249110 Science&Santé  : En quoi ces résultats éclairent la compréhension des mécanismes épigénétiques ? Claudine Junien  : Depuis les années 1998-2000, de nombreuses publications ont montré que des traits se transmettent aux générations suivantes sans qu’une transmission génétique classique puisse être invoquée, mais que quelque chose se joue du côté de l’épigénétique*. Ces travaux sont révolutionnaires, car ils concernent les odeurs. Certains phénomènes restaient inexpliqués, comme la peur du prédateur, que ces résultats pourraient éclairés  : une goutte d’urine de renard déposée près d’une souris déclenche des comportements Denis Bringard/Biosphoto « La transmission est démontrée „ de peur, même si les rongeurs n’ont jamais vu ni senti de renard de leur vie ! Des réactions innées, mais difficile d’impliquer la génétique… S&S  : Et donc qu’apportent-ils ? C. J.  : Les chercheurs ont remarqué des différences de méthylation (L) sur le gène du récepteur à l’acétophénone dans le sperme du père et du fils sensibilisé à cette odeur, on parle ici d’hypométhylation  : l’ADN comporte moins de groupements méthyles que celui des souris témoins. On sait que ces marques épigénétiques - hyperméthylation, hypo méthylation, modifications sur François guénet/insermles histones (L) ou présence de petits ARN - confèrent à la chromatine un certain état. Et que celui-ci est directement lié à la capacité de certains gènes à s’exprimer ou à être réprimés. Or, que retrouve-t-on chez ces souris dont les ascendants ont été soumis à un stress associé à une odeur ? Une expression génétique différente  : au niveau du nez, elles présentent plus de neurones spécialisés dans la reconnaissance de cette odeur et, au niveau du cerveau, LHistones Protéines qui s’associent à l’ADN pour le compacter et former la chromatine. L Glomérules olfactifs Premiers relais de transmission de l’information olfactive entre la muqueuse nasale et le cerveau leurs glomérules olfactifs (L) liés à ces neurones sont plus gros. On a donc identifié un gène-candidat, des neurones et des modifications épigénétiques dans le sperme. La transmission par le sperme du père et du fils est démontrée mais on ne sait toujours pas comment l’information trouvée dans le sperme est transmise à la génération suivante et permet l’augmentation de l’expression du gène du récepteur à l’acétophénone. S&S  : Comment intégrer ces données à la connaissance des mécanismes épigénétiques ? C. J.  : Quand on regarde toutes les publications sur le sujet, les résultats s’accumulent en faveur de mécanismes épigénétiques et de leur transmission à la descendance. Chacun de ces travaux apporte une pièce au puzzle. Pourtant, nous n’arrivons toujours pas à les rassembler car, à chaque fois, ce sont des facteurs environnementaux, des marques, des gènes, des tissus et des mécanismes différents qui sont concernés. Nous gagnerons beaucoup à investir dans certains programmes, comme suivre l’évolution d’un grand nombre de marques et mécanismes épigénétiques au cours de différentes étapes cruciales du développement et sur de nombreuses générations. C’est essentiel pour pouvoir relier avec certitude l’impact environnemental à ces mécanismes et mieux les appréhender un jour. n Propos recueillis par Alice Bomboy * Voir S&S n°11, Grand Angle « Épigénétique – Comment se joue la partition du génome ? », p.22-33 SCIENCE mars - avril 2014 ● N°19 ● & ● 17



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