Salam News n°45 jui/aoû 2013
Salam News n°45 jui/aoû 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°45 de jui/aoû 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Saphir Média

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3,2 Mo

  • Dans ce numéro : le jeûne en sécurité et en beauté.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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FOCUS -we e4 iPo4pr, SALAMNEWS N°45/juillet-août 2013 12 Spécial RAMADAN Par Maria Magassa-Konaté Les nouvelles mosquées à l’heure du Ramadan Durant le mois sacré, repas conviviaux, prières et conférences rythment journées et soirées. Les nouveaux lieux de culte inaugurés fin 2012 et début 2013 ne dérogent pas à cette règle. FRATERNITÉ. Après l’heure d’été, l’heure du Ramadan a débuté le 9 juillet. Au cours de ce mois, la soif de spiritualité et l’envie d’évoluer dans un climat de fraternité grandissent chez les musulmans. En pleine crise économique, les iftar organisés à la nuit tombée ont pour mérite de proposer un repas gratuit aux plus démunis et les mosquées fraîchement inaugurées comptent bien participer à cet élan de générosité. Si les iftar sont proposés pour la première fois à la mosquée Assalam, inaugurée à Nantes en novembre 2012, l’Association islamique de l’ouest de la France (AIOF), qui gère l’édifice, est habituée à offrir un tel service. « Nous préparons des repas collectifs depuis au minimum une dizaine d’années », raconte Labidi Boubakeur, un membre du conseil d’administration de l’AIOF. Chaque soir, « entre 150 et 200 personnes » sont accueillies mais, cette année 2013, avec les vacances, l’association estime pouvoir attirer entre 200 et 300 personnes par jour, pour un budget des repas compris entre 2 000 et 3 000 €. Gâteaux au miel et crêpes marocaines À Orléans (Centre), l’association Annour, qui a pour projet la construction de la mosquée d’Orléans-Sud, espérait ouvrir les portes de ce lieu de culte lors de ce Ramadan 2013. « Mais le chantier a pris du retard », nous apprend Mustapha Etouzani, le vice-président de l’association. Cette année encore, l’association devra donc louer une tente provisoire pour pouvoir faire face à l’affluence des fidèles, qui sont « entre 1000 et 1 200 » durant ce mois. Chacun pourra profiter d’un repas copieux. « Soupe traditionnelle tous les soirs, gâteaux au miel, pains faits maison, beignets, crêpes marocaines, lait » sont proposés. Les douceurs orientales sont aussi au rendezvous des repas offerts par la Grande Mosquée de Strasbourg, inaugurée en septembre 2012. Chaque année, entre 250 et 300 personnes par soir bénéficient de ces plats. « Nous avons une enveloppe budgétaire comprise entre 40 000 et 60 000 € », fait savoir Saïd Aalla, le recteur de la mosquée. Si elles viennent d’être inaugurées fin 2012-début 2013, les nouvelles mosquées ont souvent une longue expérience d’accueil lors du Ramadan, comme ici à la mosquée Assalam, de Nantes, qui organise des iftar depuis une dizaine d’années. Association islamique de l’ouest de la France (AIOF) Altermai 4 ; 4 r4 Le.41 ! Ii1 I r fa Chaque année, ceux qui le souhaitent peuvent prendre leur repas de rupture de jeûne (iftar) dans les mosquées, qu’il s’agisse de lieux de culte devenus trop petits en attente de l’ouverture de leur Grande Mosquée, comme ici à Mulhouse, ou des nouveaux lieux de culte flambant neufs inaugurés cette année 2013. Un mois de spiritualité À Strasbourg, l’organisation des iftar est rôdée. « On installe un chapiteau sur l’esplanade. Les bénéficiaires des repas sont des personnes isolées, des gens de passage, qui n’ont pas les moyens et profitent de cette générosité et de cette convivialité pour se retrouver entre amis et partager un repas », commente le recteur, précisant qu’il y a également « des étudiants et occasionnellement des familles ». Par ailleurs, « le programme du Ramadan est rythmé par des veillées nocturnes, des prières nocturnes et des prêches », ajoute le recteur. Ce mois est en effet l’occasion, pour de nombreux musulmans, de renforcer leur spiritualité. À Clichy (Hauts-de-Seine), dans la toute nouvelle mosquée inaugurée le 7 juillet 2013, des conférences sont prévues, mais « nous n’avons pas encore décidé si nous proposerons les iftar tous les jours de la semaine ou une partie de la semaine », nous précisait fin juin Mourad Bouchetera, le président de la Fédération des associations musulmanes de Clichy (FEDAM), qui note que cela demande « un travail de titans ». Des collectes fructueuses Après réflexion, les responsables de la mosquée de Givors (Rhône), inaugurée en mai dernier, ont d’ailleurs décidé de ne pas proposer de repas pour l’iftar et se contenter de « dourous » (cours religieux). L’association Iqra, qui gère le nouveau lieu de culte, d’une capacité de 1 365 personnes, organisait chaque année, depuis 4 ans, un grand dîner d’iftar, « une soirée pour tous, une chorba pour tous ». Cette opération n’est pas renouvelée cette année : « Avant, on avait un objectif : la construction d’une mosquée », explique Abdelhamid Kisrane, le président d’Iqra. « À présent, la Grande Mosquée doit être gérée ». À la mosquée Assalam de Nantes, on fait d’ailleurs remarquer que le passage d’un petit lieu de culte à une Grande Mosquée coûte « très cher ». Des dons plus importants des fidèles sont alors attendus. Cela n’est pas impossible car, lors du mois de jeûne, les collectes sont très fructueuses. Association des musulmans d’Alsace (AMAL)
www.salamnews.fr 5 € w La somme nécessaire aux mosquées et aux associations caritatives pour confectionner un repas de rupture de jeûne varie entre 5 € et 7,50 €, sans compter les nombreux dons en nature effectués par des particuliers ou des entreprises locales (boulangeries, épiceries, boucheries…). Repas sous chapiteau et colis : les associations se mobilisent Les lieux de culte ne sont pas les seuls à proposer des repas de rupture de jeûne tout le long du mois de Ramadan. Des associations aussi ont pris l’habitude d’offrir l’iftar aux jeûneurs comme aux non-musulmans. Leurs actions, en dehors des mosquées, permettent d’ailleurs de toucher plus facilement une population non musulmane. SOLIDARITÉ. Depuis 20 ans, l’association Une Chorba pour tous installe son chapiteau en plein cœur du 20 e arrondissement de Paris, tout le mois du Ramadan. « Entre 1 800 et 2 000 repas sont distribués par soir », fait savoir Chafia Azouni, la directrice de l’association. « Les bénéficiaires sont toutes les personnes qui en ont besoin », commente Mme Azouni, précisant qu’il y a « de plus en plus de familles avec des emplois précaires mais surtout de plus en plus de jeunes et de personnes âgées isolées. Il s’agit de chibanis, des immigrés de la première génération, qui touchent des retraites insignifiantes ». Pour répondre aux besoins de ces démunis, Une Chorba pour tous a un « budget avoisinant les 130 000 €, qui provient des sponsors et de donateurs privés » pour son opération Ramadan, qui comprend également la distribution de colis alimentaires, dont profitent 150 à 200 personnes par jour. L’association, qui compte 200 bénévoles, distribue par ailleurs 3 000 colis le reste de l’année. Des bénévoles toujours plus nombreux Non loin de là, du côté de Saint-Denis (Seine- Saint-Denis), des repas sont offerts par le Secours Islamique France (SIF), qui déploie également une tente pour recevoir les personnes dans le besoin avec son opération « Les Tables du Ramadan ». L’an dernier, 18 000 repas ont été distribués, à raison de 600 repas par jour. Cette année, le SIF a pour objectif d’en distribuer 50 de plus par soir. C’est par roulement que se fait le service proposé sous une tente pouvant accueillir 250 personnes. « Il y a un premier service vers 19-20 h pour les non-jeûneurs, puis un deuxième service vers 21- 21 h 30 », explique Samira Alaoui, chargée de communication du SIF. Chorba pour tous L’an dernier, 900 kg de produits alimentaires ont servi à l’élaboration des repas. Des repas, qui se veulent équilibrés. Le menu, différent un jour sur l’autre, des « tajines » au « gratin », en passant par les « spaghettis », est composé de « féculents et donc de protéines et est toujours agrémenté de légumes », fait savoir Mme Alaoui. « On sait que, pour certains, c’est le seul repas de la journée », d’où l’importance de sa richesse nutritive, note-t-elle. Comme Une Chorba pour tous, le SIF ne peut que constater la pauvreté qui touche les bénéficiaires. Les bénévoles de l’association sont de plus en plus nombreux à participer aux Tables du Ramadan, avec 40 bénévoles mobilisés, l’an dernier, soit + 50% par rapport à 2011. Contrer la précarité En plus de servir les bénéficiaires, ils tâchent de créer un climat de convivialité. Durant le Ramadan, cette chaleur est recherchée par les prisonniers que n’oublie pas le SIF. L’an dernier, 5 040 colis alimentaires leur ont été distribués. 13 Un autre public, celui des étudiants, qui vivent de plus en plus dans la précarité, est visé par les Étudiants musulmans de France (EMF). Plusieurs sections de l’association organisent la distribution de repas. C’est le cas de l’EMF Caen, qui offre l’iftar « deux ou trois jours par semaine », fait savoir Yanis Khalifa, le président de la section Caen d’EMF. Cette distribution se fait au sein de la cité universitaire ou « de temps en temps dans des locaux mis à disposition » gratuitement par la ville. Des colis alimentaires sont également distribués. L’an dernier, entre 80 et 100 colis ont été fournis à des étudiants, à Caen, où l’association organise, plusieurs fois dans l’année, des banques alimentaires. « Nous avons un partenariat avec le SIF. On achète les denrées, puis leur fournissons les factures et le SIF les prend en charge. Nous gérons juste la communication et la distribution », explique M. Khalifa, qui précise qu’en moyenne chaque section reçoit un budget moyen de 2 000 € de la part du SIF lors de cette opération Ramadan. Par Maria Magassa-Konaté « Pour certains, c’est le seul repas de la journée » SIF



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