Lui n°208 mai 1981
Lui n°208 mai 1981
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°208 de mai 1981

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 202

  • Taille du fichier PDF : 190 Mo

  • Dans ce numéro : Véronique Genest, l'héroïne de Zola révélée par la télé.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ENTRETIEN « En élevant progressivement le niveau culturel de la masse, les enseignants se sont trouvés progressivement noyés dedans... ! » (Suite de la page 5.) Guemeur, est une loi à caractère propre, c'est-à-dire qui crée une école missionnaire au service d'une Eglise missionnaire. Toutes les déclarations de la hiérarchie catholique depuis deux ans, sans aucune exception, rappellent cette vérité première. Aujourd'hui, je dis qu'il y a mystification à propos de l'enseignement confessionnel. C'est vrai qu'un certain nombre de familles modestes, de tous courants de pensée, y compris de gauche, croient que leurs enfants auront de meilleurs résultats dans l'enseignement confessionnel parce que leur enfant ne réussit pas dans l'enseignement public, ou parce qu'ils ont le sentiment que l'échec scolaire découle directement des conditions de travail et de vie dans l'enseignement public. Ils croient qu'il s'agit d'une école banalisée, d'une école semipublique puisque les maîtres sont payés par l'Etat et que tout le monde est en civil. Mais il y a mystification, car il s'agit d'une école à vocation religieuse. Beaucoup se rendent compte très vite du caractère missionnaire de cette école et en tirent les conséquences. De plus, il est évident que la plupart des enfants en situation d'échec ne réussissent pas mieux, et rejoignent alors l'école publique. En fait, je crois que, dans ce pays, on constate un renouveau de confiance vers l'enseignement public, dont on mesure mieux la chance qu'il représente pour l'avenir de la nation. Lui Finalement ces critiques qui sont faites à l'école publique ne démontrent-elles pas une inadaptation de l'école à la société moderne de 1981 ? Henry On peut parler d'inadaptation, mais il faut en mesurer les raisons. L'école publique, naguère, était d'abord une école du savoir ; elle en apportait quasiment la totalité  : mais un savoir minimum pour la masse, et un savoir maximum pour une élite... Lui Le maître lui-même était une institution, c'était l'homme de savoir. Henry C'était l'homme de la transmission du savoir, qui a contribué à élever le niveau culturel de la masse. Le grand drame de l'éducation nationale est que la formation des maîtres n'a pas été à la hauteur des besoins, notamment après la dernière guerre où, pendant vingt ans, on a recruté deux remplaçants sans formation pour un normalien formé en une année seulement. Ainsi, en élevant progressivement le niveau culturel de la masse, les enseignants se sont progressivement trouvés noyés dedans... alors qu'avant, ils étaient des phares ! Autrefois, on mesurait beaucoup mieux le travail de l'école  : les enfants grandissaient, ils apprenaient des choses. Et par rapport au savoir des parents, ces choses représentaient un progrès souvent LA SENTEUR DES GRANDS ESPACES SAU
ENTRETIEN « Une institutrice fut lapidée pour avoir ramené ses dix candidats sans un seul succès au Certificat d'études ! » considérable. Le jeune enfant, même d'intelligence moyenne, devenait vite savant au regard de ses parents. Les résultats étaient tangibles et mesurables. La vie autour de l'école était beaucoup plus simple, beaucoup plus directement perceptible. L'école symbolisait un puits de science, dont tous les enfants ou presque revenaient plus savants. Aujourd'hui, l'école doit être celle des savoirs, mais aussi du renouvellement des savoirs, celle des comportements  : elle exige des enseignants qui soient non seulement des médiateurs, mais des éducateurs capables d'aider les jeunes à opérer les synthèses de toutes les informations qu'ils reçoivent. Or depuis vingt-cinq ans, l'Etat s'est refusé à prendre en compte cette mutation radicale. Lui 1954-1955, c'est le développement de la radio et l'apparition de la télévision... l'école s'est banalisée. Henry Non, l'école ne s'est pas banalisée  : l'école s'est un peu diluée dans la société dont elle avait contribué à élever le niveau de culture. Elle a progressivement perdu son rôle d'avant-garde, et s'est trouvée concurrencée par les grands média. Le grand reproche que je ferais à tous les gouvernements de cette époque, c'est de n'avoir pas admis, ou perçu, que les missions de l'école, ses finalités, ne pouvaient plus rester les mêmes. Son rôle, le rôle qu'elle avait joué jusque-là, ne pouvait plus demeurer le même. On a mis vingt ans avant de s'en apercevoir. Et je ne suis pas sûr qu'aujourd'hui encore, au-delà des paroles du ministre actuel, les intentions soient claires et la volonté réelle, de prendre les mesures nécessaires pour une école de meilleure qualité. Lui Avec la transmission du savoir, l'autre mission de l'école était la formation morale, la formation du caractère. VAGES. EAU DE SIaME. Aujourd'hui, on reproche à l'école d'apprendre mais de ne plus former. Henry Naguère, l'école était une école du savoir, une école des contenus, ce que j'appelle l'école du bagage pour la vie. On allait au Certificat d'études. Quand on l'avait c'était la fête. Quand on ne l'avait pas, c'était le drame dans les familles... Je viens de lire un manuscrit consacré à l'histoire des instituteurs  : certains passaient de fort mauvais moments, telle cette institutrice qui fut lapidée pour avoir ramené ses dix candidats sans un seul succès au Certificat d'études ! Au fond, les enfants n'avaient guère d'autres ambitions que de succéder à leurs parents avec un petit mieux-être de plus. Mais ce mieux-être là, c'est le germe, c'est le ferment que l'école a semé et qui a provoqué tant d'évolutions et de progrès. L'explosion de la société, les transformations technologiques, les transformations de (Suite page 10.)



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