Lui n°207 avril 1981
Lui n°207 avril 1981
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°207 de avril 1981

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 162

  • Taille du fichier PDF : 151 Mo

  • Dans ce numéro : Pamela, Ariane et... Prudence.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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MAGOUILLES DANS LA BARBOUILLE Je lui demandais ce qu'il contenait. « Oh ! rien, une merde, fit Walter. Ne l'achetez pas. » « C'est le Man Ray ! » hurla Barry depuis la salle de bains. (Suite de la page 64.) réelle du lingot. Walter raccrocha et sortit en promettant d'être de retour dans deux heures. Avant de partir, il me tendit un paquet plat enveloppé dans du papier d'emballage. Je lui demandais ce qu'il contenait. « Oh ! rien, une merde, fit Walter. Ne l'achetez pas. » - C'est le Man Ray, hurla Barry depuis la salle de bains, où il prenait une douche. Jette un coup d'oeil. Effectivement, la toile ressemblait assez à un Man Ray. - Le Comte me l'avait prêtée, dit Barry. J'ai demandé à Walter de l'apporter. Le Comte en veut cinq mille dollars. Mais je voulais juste te montrer. Barry profita de l'absence de Walter pour essayer son Minox. Il noua un pullautour de sa taille, et arrangea les poches de façon à pouvoir y cacher l'appareil photo et déclencher l'obturateur sans être vu. Walter revint en début de soirée. A sa grande surprise, il avait découvert que tous ses amis « marchands » étaient au courant de mon arrivée. Nous pouvions donc commencer la tournée, si j'étais prêt. - Je suis d'accord avec vous, pour le Man Ray, dis-je. Walter éclata de rire  : « Bon. Maintenant, je vais vous montrer de la "vraie peinture". » La maison où logeait Angelo ne se distinguait en rien de ses voisines, de petits immeubles de quatre à cinq étages, de style néo-classique, dans une rue calme d'un quartier résidentiel. Walter rangea la voiture sur le trottoir et nous fit entrer dans un corridor qui conduisait à une cour intérieure. Nous grimpâmes deux étages. Walter frappa à une porte sur laquelle était punaisé un bout de papier  : « GipponiL. » Une femme en robe de chambre nous ouvrit. D'abord soupçonneuse, son visage s'éclaira quand elle reconnut Walter et elle nous fit entrer en se confondant en amabilités. Au passage, j'entrevis une salle de séjour où quel- 72 qu'un avait fait du repassage, une cuisine en désordre. La femme ouvrit une double porte, et je vis la galerie. C'était une grande pièce en forme deL. Du sol au plafond, elle était littéralement couverte de tableaux, sans parler des statues, des vases et du mobilier ancien. L'entassement était tel qu'on ne pouvait tout embrasser d'un seul coup d'oeil. A part un Modigliani, j'avais du mal à identifier les tableaux. Il y avait des peintures religieuses italiennes, probablement du xve, quelques natures mortes d'origine flamande, et des portraits plus récents, sans doute du xvIIIe, qui ressemblaient à des Gainsborough. Au milieu de la pièce trônait une énorme table en bois aux pieds sculptés, et la femme nous invita à nous asseoir. Barry préféra rester debout. Je remarquai qu'il gardait les mains dans ses poches. La porte s'ouvrit et un homme fit son entrée, mais j'eus peine à croire qu'il s'agissait d'Angelo. Il était si gros qu'il semblait prêt à tout moment à perdre l'équilibre et à basculer en avant. Comme pour faire contrepoids, il se tenait penché en arrière. Dans son visage rond et bouffi, surmonté d'une couronne hirsute de boucles noires, ses yeux brillaient au milieu d'un buisson de sourcils. Il portait une chemise blanche, déchirée et constellée de taches de nourriture, fermée par un unique bouton. Il eut un large sourire qui révéla ses dents jaunes, et se posa sur la chaise la plus proche. Puis il extirpa un paquet de Marlboro de sa poche et en offrit à la ronde. Tandis que Walter faisait les présentations, Angelo, me regardait attentivement. « John, Dallas », dit-il pour montrer qu'il avait compris. Puis nous commençâmes à bavarder. Walter servait d'interprète. A un moment, Angelo sortit une carte de visite de sa poche et me la tendit. Elle portait le nom d'un marchand de tableaux de Houston celui qui était en cheville avec Cosetti. — Vous le connaissez ? demanda Angelo. — J'ai entendu parler de lui. - Il vient ici plusieurs fois par an pour acheter. C'est une gentille affaire. Il vend surtout à des Mexicains de passage à Houston. Quand vous serez de retour au Texas, dites-lui que vous me connaissez. Je lui dis que je n'y manquerais pas. Tandis que Walter lui expliquait quel était mon mode favori de paiement, je sortis un lingot de ma serviette et le posai sur la table. - Ah ! fit Angelo. Il prit le lingot et se pencha pour l'examiner. « On n'en voit pas beaucoup en Italie. De l'or, oui, mais de l'argent, c'est rare. » - Cela se fait beaucoup au Texas, enchaîna Barry. Vous avez entendu parler des frères Hunt ? - Texanos petroleros ? - Si. Ils sont de Dallas, eux aussi. Angelo mordit le lingot, comme pour vérifier sa pureté, et tout le monde éclata de rire. - Vous en avez combien ? Walter me regarda. C'était la première fois, depuis notre arrivée, qu'on nous posait cette question. - Cinquante, répondis-je. Mais je peux en retirer d'autres à ma banque, à Chiasso. (Chiasso est une station suisse située à la frontière italienne, plus connue des initiés comme un paradis fiscal.) Angelo griffonna quelques chiffres sur un bout de papier il arrivait à un total de 300 000 dollars et dit à Walter que l'argent ne posait pas de problème, si on l'autorisait à vérifier sa pureté. - Ne vous mettez pas en colère, dit Walter, mais Angelo a peur d'être refait. Il dit que les lingots peuvent être du nickel recouvert d'une pellicule d'argent. Il faut le comprendre nous sommes en Italie. Ce genre de choses arrive. J'assurai Walter de ma bonne humeur. Non, je n'étais pas offensé par la méfiance d'Angelo. Celui-ci s'éclipsa et revint avec une pile de catalogues, des programmes de (Suite page 116.)
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