Lui n°207 avril 1981
Lui n°207 avril 1981
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°207 de avril 1981

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 162

  • Taille du fichier PDF : 151 Mo

  • Dans ce numéro : Pamela, Ariane et... Prudence.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 64 - 65  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
64 65
MAGOUILLES DANS LA BARBOUILLE « Procédure standard. Quand on la connaît, on peut passer tout ce qu'on veut en Italie — bijoux, fric, drogue, n'importe quoi. Il suffit d'être deux... » (Suite de la p.62.) nait deux cents onces d'argent, en plus du rouleau de billets de cent dollars prévu par Barry pour impressionner nos futurs partenaires. « Je vais essayer de passer l'argent, fit Barry. Si on m'arrête, je poserai la mallette sur le sol. Reste toujours derrière moi de façon à pouvoir la ramasser au passage. » Sans me laisser le temps d'émettre une objection, Barry fila à larges enjambées vers le poste de douane. Un fonctionnaire peu doué pour l'anglais l'arrêta, mais Barry le rassura en lui montrant le contenu d'une valise pleine de sous-vêtements et d'objets de toilette, et en faisant mine de ne pas comprendre un traître mot de ce que lui disait le douanier. Je ramassai discrètement la mallette et passai sans problème. « La routine, commenta Barry lorsqu'il me rejoignit un peu plus tard. Procédure standard. Quand on la connaît, on peut passer tout ce qu'on veut en Italie bijoux, fric, drogue, n'importe quoi. Il suffit d'être deux. Les douaniers fouillent très rarement deux types à la suite. » Puis il ajouta  : « Instruis-toi. Si tu restes avec moi, j'arriverai peut-être à faire de toi un vrai criminel. » Le Hilton de Milan est un hôtel élégant mais un peu cher, fréquenté essentiellement par deux sortes de clients  : de riches Américains, et de riches Arabes. La principale différence, c'est que les Arabes sont plus riches que les Américains. A peine arrivés dans notre chambre, Barry décrocha le téléphone pour essayer de joindre un certain Walter Setti, qui devait s'occuper de prendre les rendezvous. Mais il était midi passé, heure à laquelle la plupart des Milanais dorment, déjeunent ou prennent l'apéritif. Barry devenait de plus en plus nerveux. « Allons-y maintenant, dit-il. Sinon, tout est foutu. Il faut faire savoir que le Texan est arrivé. » Nous nous précipitâmes hors de l'hôtel et Barry héla un taxi. Le chauffeur démarra en trombe, grilla tous les feux rouges, fit deux ou trois queues de 64 poisson, et enfila la plupart des sens interdits, le pied constamment au plancher dès que le chemin était dégagé, avant de nous déposer dans un crissement de pneus sur le Corso di Porta Romana. Nous fîmes quelques pas jusqu'à un garage. Dans une minuscule salle d'exposition, trois Lamborghini étaient alignées. Au fond, un homme assis derrière un bureau métallique parlait avec animation à un client vêtu d'un complet bleu ciel et d'une chemise jaune, chaussé de mocassins blancs. Quelques minutes plus tard, le client sortit et l'homme nous fit signe d'approcher. Barry se chargea des présentations  : le vendeur de voitures se nommait Giuseppe Fiore. Tout de suite, il me fit l'impression d'être une victime. C'était un petit homme frêle, à la moustache clairsemée, les cheveux rejetés en arrière, les traits fins. Nerveux, il ne cessait de fumer cigarette sur cigarette tandis que Barry lui expliquait notre situation, dans son italien approximatif. Finalement, il comprit l'objet de notre visite, et Barry me fit le clin d'oeil convenu. J'ouvris la serviette et posai un lingot d'argent sur le bureau. Fiore haussa les sourcils, et pendant un instant, je crus qu'il se moquait de moi. Il se leva, fit le tour du bureau, prit le lingot à deux mains, l'examina soigneusement et dit en le caressant du pouce  : - Argento ? - Argento, fit Barry. Fiore reposa le lingot et retourna s'asseoir. - Il faut trouver Walter, dit Barry. - Aucun problème, répliqua Fiore. Nous échangeâmes une poignée de mains avec le petit homme pour prendre congé, mais à peine avions-nous atteint la porte qu'il était déjà pendu au téléphone, parlant avec volubilité tout en tirant furieusement sur sa cigarette. Je reconnus deux mots  : Texano et argento. Dans le taxi qui nous ramenait à l'hôtel, Barry se montra optimiste  : « Tout va bien maintenant, ditil. Il ne nous reste plus qu'à attendre. » Nous nous installâmes au bar du Hilton pour manger un sandwich. Quelques instants plus tard, Fiore fit son entrée aux côtés de Walter Setti. Grand et musclé, la quarantaine, les cheveux poivre et sel et la tête en profil de médaille, Setti avait une certaine allure. C'était un ancien danseur de cabaret, et il avait joué quelques seconds rôles dans des films italiens. Maintenant, il se contentait, pour faire vivre sa nombreuse famille, de monnayer son talent pour les mondanités  : il rendait service aux amis, servait d'intermédiaire et jouait les utilités en se servant de ses relations. Barry et Walter s'embrassèrent chaleureusement. Ils se connaissaient depuis des années. Et, comme la plupart de ses amis, Walter dépensait beaucoup d'énergie à convaincre Barry de renoncer à ses projets  : « Tu sais que je n'aime pas ce boulot de gangster, Barry. Je le fais pour toi, mais rien qu'une fois. » Barry proposa de regagner notre chambre. Nous y serions plus à l'aise pour parler. Walter voulair voir l'argent, et Fiore voulait le revoir. Je posai les deux lingots sur le lit, bien en vue. Soudain Fiore se mit à parler en excellent anglais comme s'il avait suivi des cours chez Berlitz avant de nous rejoindre à l'hôtel. - Combien ? demanda-t-il en tripotant le métal. - Combien de quoi ? répondis-je. - Combien de kilos ? Les deux Italiens, peu habitués à compter en onces, se perdirent en calculs compliqués. Finalement, Walter sortit acheter un journal pour se renseigner sur le cours de l'argent, Barry l'aida à s'y retrouver dans les chiffres, et Walter annonça  : « Six millions de lires par lingot. » « ça m'a l'air correct », fit Barry. Walter passa une série de coups de fil et organisa plusieurs rendez-vous pour la soirée. Pendant ce temps, je fis un bref calcul mental. Six millions de lires faisaient environ six mille dollars presque quatre fois la valeur (Suite page 72.)



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Lui numéro 207 avril 1981 Page 1Lui numéro 207 avril 1981 Page 2-3Lui numéro 207 avril 1981 Page 4-5Lui numéro 207 avril 1981 Page 6-7Lui numéro 207 avril 1981 Page 8-9Lui numéro 207 avril 1981 Page 10-11Lui numéro 207 avril 1981 Page 12-13Lui numéro 207 avril 1981 Page 14-15Lui numéro 207 avril 1981 Page 16-17Lui numéro 207 avril 1981 Page 18-19Lui numéro 207 avril 1981 Page 20-21Lui numéro 207 avril 1981 Page 22-23Lui numéro 207 avril 1981 Page 24-25Lui numéro 207 avril 1981 Page 26-27Lui numéro 207 avril 1981 Page 28-29Lui numéro 207 avril 1981 Page 30-31Lui numéro 207 avril 1981 Page 32-33Lui numéro 207 avril 1981 Page 34-35Lui numéro 207 avril 1981 Page 36-37Lui numéro 207 avril 1981 Page 38-39Lui numéro 207 avril 1981 Page 40-41Lui numéro 207 avril 1981 Page 42-43Lui numéro 207 avril 1981 Page 44-45Lui numéro 207 avril 1981 Page 46-47Lui numéro 207 avril 1981 Page 48-49Lui numéro 207 avril 1981 Page 50-51Lui numéro 207 avril 1981 Page 52-53Lui numéro 207 avril 1981 Page 54-55Lui numéro 207 avril 1981 Page 56-57Lui numéro 207 avril 1981 Page 58-59Lui numéro 207 avril 1981 Page 60-61Lui numéro 207 avril 1981 Page 62-63Lui numéro 207 avril 1981 Page 64-65Lui numéro 207 avril 1981 Page 66-67Lui numéro 207 avril 1981 Page 68-69Lui numéro 207 avril 1981 Page 70-71Lui numéro 207 avril 1981 Page 72-73Lui numéro 207 avril 1981 Page 74-75Lui numéro 207 avril 1981 Page 76-77Lui numéro 207 avril 1981 Page 78-79Lui numéro 207 avril 1981 Page 80-81Lui numéro 207 avril 1981 Page 82-83Lui numéro 207 avril 1981 Page 84-85Lui numéro 207 avril 1981 Page 86-87Lui numéro 207 avril 1981 Page 88-89Lui numéro 207 avril 1981 Page 90-91Lui numéro 207 avril 1981 Page 92-93Lui numéro 207 avril 1981 Page 94-95Lui numéro 207 avril 1981 Page 96-97Lui numéro 207 avril 1981 Page 98-99Lui numéro 207 avril 1981 Page 100-101Lui numéro 207 avril 1981 Page 102-103Lui numéro 207 avril 1981 Page 104-105Lui numéro 207 avril 1981 Page 106-107Lui numéro 207 avril 1981 Page 108-109Lui numéro 207 avril 1981 Page 110-111Lui numéro 207 avril 1981 Page 112-113Lui numéro 207 avril 1981 Page 114-115Lui numéro 207 avril 1981 Page 116-117Lui numéro 207 avril 1981 Page 118-119Lui numéro 207 avril 1981 Page 120-121Lui numéro 207 avril 1981 Page 122-123Lui numéro 207 avril 1981 Page 124-125Lui numéro 207 avril 1981 Page 126-127Lui numéro 207 avril 1981 Page 128-129Lui numéro 207 avril 1981 Page 130-131Lui numéro 207 avril 1981 Page 132-133Lui numéro 207 avril 1981 Page 134-135Lui numéro 207 avril 1981 Page 136-137Lui numéro 207 avril 1981 Page 138-139Lui numéro 207 avril 1981 Page 140-141Lui numéro 207 avril 1981 Page 142-143Lui numéro 207 avril 1981 Page 144-145Lui numéro 207 avril 1981 Page 146-147Lui numéro 207 avril 1981 Page 148-149Lui numéro 207 avril 1981 Page 150-151Lui numéro 207 avril 1981 Page 152-153Lui numéro 207 avril 1981 Page 154-155Lui numéro 207 avril 1981 Page 156-157Lui numéro 207 avril 1981 Page 158-159Lui numéro 207 avril 1981 Page 160-161Lui numéro 207 avril 1981 Page 162