Lui n°207 avril 1981
Lui n°207 avril 1981
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°207 de avril 1981

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 162

  • Taille du fichier PDF : 151 Mo

  • Dans ce numéro : Pamela, Ariane et... Prudence.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LE GRIS DU COEUR Isabel commençait à trouver son baryton un peu lassant  : sa façon agitée de faire l'amour trop rapidement ne lui convenait pas. (Suite de la p.142.) d'italien touristique permettaient à Isabel de communiquer avec son amant. Ils s'allongeaient devant la cheminée sur un large canapé oriental aux formes un peu prétentieuses. Il posait sa tête sur la poitrine d'Isabel et ils parlaient d'opéra, de Florence et de ces féroces Peaux- Rouges qu'il espérait bien apercevoir sur son chemin lorsqu'il se rendrait à Los Angeles et à San Francisco pour une série de concerts. En fait, Isabel commençait à trouver son baryton un peu lassant  : sa façon agitée de faire l'amour trop rapidement ne lui convenait pas. Chez elle, les choses de l'esprit occupaient une place moins importante que ne l'imaginaient généralement ses amants. Elle était encore sous le coup d'un rêve déplaisant concernant Tristan. La tête du chanteur appuyée contre sa poitrine lui rappela la manière dont elle avait dorloté l'enfant en lui faisant la lecture tandis qu'il se remettait d'une vilaine pneumonie. Il en était resté une intimité qui s'effilocha lorsque à l'automne des douze ans de Tristan, elle reprit le chemin de Boston en le laissant au ranch. L'enfant plein de passion lui fit amèrement regretter ce départ en lui écrivant plus tard qu'il avait prié chaque soir pour qu'elle revienne à Noël et qu'en ne la voyant pas revenir, il s'était résolu à maudire Dieu et à devenir athée. Au printemps, lorsqu'elle retourna au ranch, Tristan lui montra tant de froideur et de distance qu'elle s'en plaignit auprès de Ludlow. Celui-ci ne parvint pas à extraire un seul mot de Tristan au sujet de sa mère. Alors, elle feignit de tomber malade et lorsque les garçons défilèrent dans la chambre pour lui souhaiter une bonne nuit, elle retint Tristan et parvint à le pacifier provisoirement grâce à un assaut de larmes et en usant de tout un arsenal de ruses. Il déclara qu'il l'aimerait toujours mais qu'il lui était impossible de croire en Dieu puisqu'il avait déjà maudit Son Nom. Le premier choc fut asséné aux parents vers la fin de janvier. Alfred n'avait jamais été un bon cavalier et il s'était brisé le dos et déboîté le genou en faisant une chute de cheval à proximité d'Ypres. Toutefois, le diagnostic des médecins était rassurant et pouvait laisser espérer le rapatriement d'Alfred aux environs du mois de mai. Le commandant recruteur de Calgary envoya une lettre de sympathie à Ludlow. Alfred s'était comporté en brillant officier et son absence serait durement ressentie. En revanche, il était regrettable que l'impétuosité de Tristan soit aussi préjudiciable aux effets de sa bravoure, mais le commandant estimait que le jeune homme mûrirait sans doute dans la bataille. Quant à Samuel, c'était une recrue extraordinairement précieuse, mais le commandant craignait de le perdre au bénéfice d'un général qui avait remarqué son efficacité. (Suite page 157.) LA SENTEUR DES GRANDS ESPACES SAU
SAUMON ET FINES MOUCHES Une vieille légende écossaise veut qu'une telle mouche ait existé. Elle était si belle que les saumons sautaient hors de la rivière pour s'en emparer... (Suite de la p.50.) saise veut d'ailleurs qu'une telle mouche ait existé. Elle était s} belle que les saumons et les truites sautaient même hors de la rivière pour s'en emparer. Mais faute d'avoir noté les proportions exactes des différents composants, son créateur ne put jamais refaire la même après qu'un saumon plus gros que les autres l'eut emmené au fond de la rivière. Si la mode des mouches classiques est révolue, le débutant qui entre aujourd'hui dans un « tackle shop » écossais (ou même parisien) est bien embêté pour se constituer une boîte qu'il voudrait suffisamment remplie sans que cela lui coûte une fortune. Et puis quelles mouches choisir ? Silver ou Black Doctor, Lady Caroline ou Hairy Mary, Blue Charmou Rusty Rat... Les mouches, surtout les mouches à saumon, sont d'abord faites pour prendre les pêcheurs. Pour le saumon, c'est la taille, la silhouette générale et la façon dont elle est présentée au bout de la ligne qui importent bien plus que la couleur. Un très célèbre pêcheur britannique achetait tous les ans plusieurs douzaines des plus belles mouches de chez Hardy, qu'il aimait à montrer à ses amis dans leur splendeur originelle. Mais quand il décidait d'en montrer une à un saumon, il la trempait auparavant dans un petit flacon de teinture d'iode qui lui faisait perdre toutes ses magnifiques couleurs et lui donnait le plus terne aspect que vous puissiez imaginer. Vous ne l'auriez certainement pas alors accrochée à votre chapeau, mais dans l'eau, cette chose se mettait à vivre et peu de poissons y restaient indifférents. Si après cela vous êtes encore perplexe, quant au choix de la mouche, j'ai connu sur la Spey un vieux ghillie qui invariablement répondait  : « N'importe quelle mouche, pourvu que ce soit une Jock Scott ». Il ne pêchait VAGES. EAU qu'avec ce modèle, en différentes tailles et il avait tué comme on dit en Ecosse (« One catches a trout, but kills a salmon » « On attrape une truite mais on tue un saumon ») des milliers de saumon. La pêche du saumon à la mouche, aux leurres métalliques ou aux appâts naturels, doit être envisagée d'une façon radicalement différente de la pêche de tous les autres poissons. Le saumon ne se nourrit pas dans les rivières, et il ne servira donc à rien d'essayer d'exciter son appétit ou de déclencher un quelconque réflexe de comportement alimentaire. Et si l'agressivité, la curiosité, le jeu, la réminiscence peuvent être tour à tour invoqués pour expliquer pourquoi le grand poisson qui semblait se reposer sur le fond de la rivière est soudain venu prendre la petite mouche qui flottait à la surface, nul ne saurait affirmer lequel de ces facteurs fut détermi- (Suite page 148.)



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