Lui n°206 mars 1981
Lui n°206 mars 1981
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°206 de mars 1981

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 138

  • Taille du fichier PDF : 139 Mo

  • Dans ce numéro : les fantasmes des nanas... et Clio Goldsmith.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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LES HAUTS DE HURLEMENTS Outil plus rustique, mais redoutablement efficace, la hache est recommandée pour fendre les boîtes crâniennes, trancher les membres superflus... récent triomphe de « Vendredi 13 », un petit budget horrifique qui est un des fleurons du Festival d'Avoriaz 1981. Les petits-maîtres de la peur viscérale s'appellent Tobe Hooper, George Romero, Wes Craven, John Carpenter, en Italie Dario Argento et Lucio Fulci. Eventrations, décapitations, mutilations et transpercements divers, ils ne reculent devant rien. Répugnant ? Qu'on le veuille ou non, l'horreur physiologique casse la baraque. Par exemple, au Grand Rex, sur ce boulevard du Crime où se tient le Festival du Film Fantastique de Paris, et où la foule se... défoule pendant onze jours en novembre. Les Pères-la-morale s'en offusquent, le jury publie un communiqué effarouché, qu'importe ! La neige d'Avoriaz, comme chaque année en janvier, vient de se teinter d'écarlate. Tant pis pour les amateurs distingués de fantastique littéraire ! L'ordre moral résiste, et c'est normal. Ce n'est pas un hasard si cette invasion sanglante a coïncidé, au milieu des années 70, avec la révolution pornographique. Le fameux « Massacre à la tronçonneuse » a été classé X au même titre que « Deep throat », en vertu (sic) de la loi d'octobre 1975 qui instituait la chasse à ces sorcières des temps modernes  : la pornographie et la violence. D'un côté comme de l'autre, la pénétration de la chair était visée. Sans doute est-ce logique  : l'horreur fantastique a quelque chose de fou, de délirant, qui libère les phantasmes pour mieux les désamorcer. On n'a pas songé, remarquez-le, à censurer le dernier Delon (Trois hommes à abattre), ni les exploits de légionnaires sautant sur Kolwezi ou ailleurs... Où s'arrête le sain, où commence le malsain ? Débat archaïque. Qui a noté, pourtant, que cette joyeuse « nouvelle horreur » remplit le créneau, également vacant depuis les années soixante, des cartoons hyperdestructeurs de Tex Avery ou de Tom et Jerry ? Comme ces terribles bestioles, les sombres héros du fantastique utili- 52 sent à des fins peu orthodoxes les objets les plus communs qui nous entourent. De l'ustensile usuel au gadget le plus sophistiqué, on pourrait dresser une espèce de catalogue Manufrance de cette délirante quincaillerie. De quoi nous convaincre que le fantastique est parmi nous... Couteau A tout saigneur tout honneur ! De préférence au cran d'arrêt de nos délinquants urbains, ou au poignard affûté des baroudeurs, les maniaques du fantastique ont désigné comme « meilleur choix » le vieux couteau de cuisine moins efficace peut-être, mais tellement plus spectaculaire, et si évocateur par sa forme phallique. C'est Hitchcock qui l'a mis à la mode en 1960 dans « Psychose ». L'oncle Alfred se doutait-il que ce thriller freudien serait le film le plus plagié du monde ? Mille fois imitée, jamais égalée, cette fameuse scène de la douche avec le couteau qui s'abaisse en cadence, sur la musique stridente de Bernard Herrmann. On l'a même parodiée à qui mieux mieux  : le couteau est remplacé par un déboucheur d'évier dans « Le Fantôme du paradis », par un journal dans « Le Grand frisson » de Mel Brooks, par un stylo à encre noire dans « Fade to black » (un des meilleurs films d'Avoriaz 1981). Quelques apparitions mémorables  : « Dr. Jekyll & Sister Hyde », « Le Chat et le canari », « Soeurs de sang », et aussi « La nuit de la mort » de Raphaël Delpard (exemple exceptionnel d'horreur à la française) où un groupe de petits vieux anthropophages dépècent une jeune fille tendre... Autre utilisation  : la trachéotomieminute pour sauver la vie d'une fillette en train de s'étouffer avec un os de poulet. Pour avoir tenté cette expérience dans « Full circle », Mia Farrow en restera hantée par une culpabilité tenace. Rasoir Pas électrique, évidemment. Une lame bien aiguisée, qu'on a chaque jour sous la main, rien de tel pour donner des idées... Martin Scorsese lui-même a consacré un court métrage à cette obsession quotidienne. Déjà, au siècle dernier, Edgar Allan Poe soulignait les dangers du rasoir dans « Double assassinat dans la rue Morgue » (souvent filmé)  : un singe facétieux, croyant bien faire, imitait le barbier du coin sur la personne de deux voisines, mais ce grand maladroit gâchait le métier. Depuis, les rôdeurs-raseurs multiplient les farces du même acabit. Outils de boucherie Le hachoir et le croc à boucher sont largement utilisés aux dépens d'adolescentes pulpeuses par ces stakhanovistes de l'abattage  : le héros un peu dérangé du « Massacre à la tronçonneuse » et Rory Calhoun dans « Nuits de cauchemar », et aussi par une bande de gais lurons cannibales dans « l'm going to eat you » (made in Hong Kong). De quoi faire naître des vocations  : les lycéens de « Carrie » tuent un cochon et recueillent son sang dans un seau qui, au moment fatidique, se déversera comme le seau d'eau classique sur leur tête de Turc. Hilarité garantie. Machine de boucher également, la moulinette géante où le maffioso est haché tout cru dans « The Exterminator », un film trop dur pour qu'on envisage, pour l'instant, son exploitation en France. Hache Outil plus rustique, mais redoutablement efficace, la hache est recommandée pour fendre les boîtes crâniennes, trancher les membres superflus, se planter dans les ventres trop nourris... Nombreux usages de la hachette émasculatrice de « Mother's day », décapitrice du « Bal de l'horreur », au long engin de bûcheron désormais classique de « Shining », capable de pulvériser les portes avant de menacer la veuve et l'orphelin. Scie A sa façon, le fantastique restaure une tradition qui se perd  : celle des fakirs de music-hall. Ah ! le bon temps, où un volontaire pas rassuré se faisait scier en deux au son du tambour ! Différence négligeable  : le patient ne peut être « reconstitué ». On le voit bien dans « Wizard of gore », chef-d'œuvre du « gore film » (film humoristique de (Suite page 58.)
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