Lui n°203 décembre 1980
Lui n°203 décembre 1980
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°203 de décembre 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 234

  • Taille du fichier PDF : 224 Mo

  • Dans ce numéro : Anicee Alvina style Lui.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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PRESENCE D'ESPRITS « Franchement, est-ce que des esprits iraient choisir une table Louis-Philippe à trois pieds pour communiquer avec nous ?... (Suite de la p.200.) tion de la main de l'homme. D'autre part, des films tournés en accéléré et repassés au rythme normal (j'en ai réalisé moi-même pour la télé) montrent nettement l'action des doigts qui poussent la table. Enfin, on constate cette vérité géométrique  : tout guéridon à trois pieds soulève l'un de ses pieds si l'on appuie sur un point quelconque de sa surface. Ainsi, deux personnes face à face ou un peu décalées font lever tour à tour les pieds opposés d'une table. Conclusion  : les tables bougent mais... les esprits ne sont pas dans le coup ! Ils le sont d'autant moins, soulignent les sceptiques, que les soeurs Katy et Margaret Fox, qui furent à l'origine de la mode spirite du xixe siècle, ont avoué leur supercherie en public à la fin de leur vie  : « Le spiritisme, déclarèrent-elles, est la plus grande escroquerie de tous les temps ». Tout était truqué  : c'était leur soeur aînée qui, dans un but lucratif, avait monté la mystification de toutes pièces. Lui Mais alors, dans l'affaire Hugo, qui parle par le truchement des tables avec tant de poésie ? Mutigny L'affaire des tables se présente, en effet, comme un véritable roman policier. Le problème se complique par le fait que Hugo n'est pas toujours présent. Logiquement, ce ne serait donc pas lui. Alors ? Son fils, Charles Hugo ? Excellent journaliste, on ne lui reconnaît cependant pas de don poétique éclatant. Madame Hugo ? Elle se souciait peu de littérature. Sa fille Adèle ? Elle semble incapable d'un tel souffle lyrique. Le réfugié hongrois Peliki ? Il parle un trop mauvais français. Auguste Vacquerie ? Trop réticent. Le général Le Flô, Le voisin Alix ? Sûrement pas  : leur manque de culture est trop évident. Alors, ce seraient les esprits ? Ne nous égarons pas. Examinons les chiffres, car tout repose d'abord sur leur examen. Reprenons ceux de la séance du 17 décembre 1854 où se manifeste Galilée  : à trois lettres par seconde en moyenne, il est impossible matérielle- 202 ment à quiconque de comptabiliser une telle séance sans l'aide d'un magnétophone sinon d'un ordinateur ! Conclusion plausible pour l'ensemble des séances. Lui L'examen des comptes rendus montre que les tables s'expriment invariablement dans le style de Victor Hugo. Est-ce donc lui seul qui fait de l'écriture automatique ? C'est ce que semble penser Claudius Grillet... Mutigny En effet, Claudius Grillet compare même Victor Hugo devant la table tournante à Narcisse  : « Il se penche sur la fontaine tout étonné, et plus encore ravi, que l'image qu'il en reçoit ressemble si merveilleusement à sa propre image », écrit-il. Lui Comment expliquer alors que les tables parlent en style hugolien... même lorsque le poète est absent ? Mutigny Chacun a entendu parler d'écriture automatique, phénomènes maintes fois observés par les psychologues et que les surréalistes rendirent célèbres. On se met devant une feuille blanche, on s'astreint à ne penser à rien, on attend et soudain on se met à écrire des choses totalement inattendues, parfois extraordinaires... Lui N'est-on pas en droit de penser qu'il existe un décalage entre les coups frappés et les textes rédigés ? Mutigny On peut supposer que Victor Hugo, en agençant toutes les lettres frappées par la table, passait sa nuit à faire de l'écriture automatique. Mais quand il n'assistait pas aux séances ? Eh bien, Charles Hugo le relayait. Nourri dès le berceau de poésie hugolienne, il était parfaitement capable de faire quelques vers à la Hugo, ainsi du reste que sa soeur Adèle. Il y aurait eu par conséquent plusieurs coupables. Lui Vous rejoignez ainsi Jean Massin qui, dans sa préface pour l'édition du Club Français du Livre, affirme que le petit groupe de Marine Terrace « rêve Hugo, pense Hugo, parle Hugo... » Il accorde même un rôle très particulier à Charles Hugo qu'il considère comme étant le médium principal de cette poésie inconsciente  : « Irresponsable passif, Charles a vraiment le pouvoir de tout dire, la faculté admirable d'être le prophète d'une poésie qui n'est pas encore vraiment née. Mais vous, en fin de compte, comment expliquez-vous que toute la famille Hugo ait pratiqué si longtemps le spiritisme à Jersey ? Mutigny Voilà mon diagnostic  : la famille Hugo a une solide hérédité psychiatrique. Le jour du mariage de Victor Hugo, son frère, victime d'une crise de schizophrénie aiguë, dut être interné. Adèle H., ainsi que nous l'a montrée Truffaut dans son film, a fini elle aussi ses jours dans un asile. Hugo lui-même semble présenter les symptômes de cette maladie qu'on appelle « paraphrénie fantastique ». Les psychiatres la décrivent comme débutant vers la quarantaine et se manifestant d'abord par des préoccupations politiques et paranoïaques. A cela s'ajoute un délire de grandeur mystique. Les paraphrènes fantastiques se mettent à communiquer avec les plus grands personnages de l'Histoire. De plus, ce sont pour la plupart des écrivains. Ces délires alternent avec des périodes parfaitement normales. Enfin, vers la soixantaine, les symptômes pathologiques s'amenuisent, disparaissent, ne laissant au sujet, quand il continue à écrice, qu'une grande originalité littéraire. Tous ces traits concordent avec la personnalité géniale, elle, de Hugo, dont les dessins, par ailleurs, tendent à confirmer le diagnostic. Mais on touche ici aux rapports complexes du génie et de la folie qui ne se laissent pas enfermer dans une fiche médicale... Enfin, à ceux qui m'accusent de fermer un peu hâtivement la porte aux esprits, je réponds souvent  : « Franchement, est-ce que des esprits iraient choisir une table Louis-Philippe à trois pieds pour communiquer avec nous ? Alors qu'il y aurait tant de moyens plus élégants, plus spirituels et plus logiques ? Soyons un peu sérieux !... » (Propos recueillis par Frédéric de Towarnicki et Odile Gandon.)



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