Lui n°203 décembre 1980
Lui n°203 décembre 1980
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°203 de décembre 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 234

  • Taille du fichier PDF : 224 Mo

  • Dans ce numéro : Anicee Alvina style Lui.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LES DEFONCEURS DE L'ORDRE « On eut la malchance d'intercepter trois de ces « manifestants »  : c'étaient des collègues en service commandé ! Les policiers servent trop souvent de bonnes à tout faire... (Suite de la p.130.) lait dans le calme. Alors que j'étais en réserve, à l'angle de la rue du Renard, je vis, tout d'un coup, une dizaine d'individus surgir et attaquer à coups de boulons, de pierres et de bâtons les forces de police, puis s'enfuir après avoir provoqué une mêlée générale. On eut la malchance d'intercepter trois de ces « manifestants »  : c'étaient des collègues en mission commandée ! Les policiers servent trop souvent de bonnes à tout faire au gouvernement en place. Lorsque le ministre de l'Intérieur actuel, Christian Bonnet, était ministre de l'Agriculture, il eut à affronter d'importantes manifestations d'agriculteurs à propos des montants compensatoires. Lors de l'une d'entre elles, en décembre 1977, qui rassemblait cinq mille agriculteurs, on n'hésita pas à mobiliser les deux cents élèves de l'Ecole de Police de Vannes, encadrés par leurs moniteurs en civil pour les mêler aux manifestants. Plus récemment, lors du procès de Klaus Croissant, des élèves policiers furent chargés d'occuper les places de la salle d'audience avant son ouverture de façon qu'il y ait le moins de place possible pour le public. Tout cela est à mon avis détestable. D'abord parce que c'est inciter les jeunes policiers à qui on fait accomplir des actions de ce genre, à croire qu'ils sont au-dessus des lois qu'ils ont la charge de faire respecter. D'autre part, se servir de la police pour tenter de régler à coups de matraques les problèmes politiques ou socio-économiques, ou les conflits qu'ils provoquent, non seulement ne sert à rien, mais en plus, fait des flics l'ennemi commun. En cela, je trouve que dans la dégradation de l'image de la police la responsabilité politique est immense. Lui I1 n'y a pas qu'elle. Les bavures n'y sont pas pour rien non plus... Monate Il y a bavure et bavure. Le terme a été popularisé par un de mes adjoints, Gilbert François, de l'Union interfédérale des syndicats de police sur un poste périphérique en Mai 68, 116 un jour où les journalistes lui reprochaient une charge de police trop énergique. Il expliqua que, dans une action de ce genre, un coup de matraque en trop était peut-être regrettable, mais difficilement évitable. Pareillement, quand policiers et gangsters s'affrontent en pleine rue et que ça tire de tous les côtés, une balle perdue peut atteindre un innocent. C'est regrettable mais, là encore difficilement évitable. A la limite, dans un cas pareil, il s'agit plus d'un accident que d'une bavure. La bavure, ce peut être encore une erreur sur la personne ou le véhicule. Ou un mauvais réflexe dans une situation exceptionnelle où le policier doit réagir très vite. Là encore, les conséquences peuvent en être graves, mais qui est à l'abri d'un mauvais réflexe ? Le malheur, c'est que le policier, lui, n'a pas droit à l'erreur. La frontière, vous le voyez, entre la bavure et la faute, n'est pas toujours évidente. En revanche, ce qui me révolte, c'est de voir la confusion entretenue dans ce terme et tout ce que l'administration, le pouvoir lui font receler  : souvent des délits froidement accomplis ou même des actions criminelles caractérisées. Le passage à tabac est généralement bénin, mais il peut avoir aussi des conséquences graves et envoyer sa victime à l'hôpital ou parfois à la morgue. Dans ce cas, ce n'est pas une bavure, mais un crime qui n'a aucune justification et qui transgresse la loi. Le viol d'une femme dans un véhicule administratif, ce n'est plus une bavure non plus, c'est un crime caractérisé accompli avec préméditation. Par malheur, trop souvent, des actes criminels de ce genre sont abusivement qualifiés de simples bavures. Et l'on voit à tous les échelons se manifester ce que j'appellerai une fausse solidarité de corps. C'est d'autant plus regrettable que ce sont de telles affaires qui portent le plus atteinte à l'honneur de la police. Les policiers devraient être les premiers à les dénoncer et à rejeter les brebis galeuses. Mais il me paraît significatif que ce soit toujours dans les mêmes secteurs ou dans les mêmes unités que l'on voit les bavures se multiplier. Une preuve de plus qu'elles sont l'effet d'une démission absolue du commandement. Lui Il y a aussi un problème de formation, non ? Monate Bien sûr, on fait souvent le rapprochement entre le policier britannique et le policier français... Lui On les oppose plutôt qu'on ne les rapproche... Monate Mais le policier britannique, lui, dans la majeure partie des cas, fait cinq ans de formation professionnelle avant d'être consacré policier. En France, l'immense majorité des gardiens de la paix n'a connu que trois mois de formation professionnelle pendant lesquels une ou deux semaines inévitablement consacrées aux travaux administratifs et les quinze jours de fin de stage pour passer les examens. Bref, aucune formation psychologique pourtant si nécessaire à l'exercice du métier de policier. Par exemple, on ne prépare pas le policier au fait que lorsqu'il va interpeller un automobiliste, son coup de sifflet va provoquer des réactions qu'il doit savoir prévoir. D'où les incidents qui s'enveniment et se terminent mal. Aucune formation civique véritable non plus ! Alors qu'il faudrait longuement enseigner aux policiers à garder leur sang-froid, leur calme, à respecter la personne humaine ! Qu'on devrait leur répéter sans cesse que l'usage de la force est permis mais très réglementé par le code et que l'on ne doit en user qu'en cas de nécessité ! Que toute personne aux mains de la police, si coupable soit-elle, est sous sa protection et que ce n'est pas le rôle de la police de la punir notamment par le passage à tabac mais seulement de la mettre à la disposition de la justice. Etc... Lui Cette formation insuffisante est d'autant plus grave que, dans la vie quotidienne, de plus en plus souvent, le citoyen se trouve à la merci du policier, de son arbi- (Suite page 178.)
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