Lui n°202 novembre 1980
Lui n°202 novembre 1980
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°202 de novembre 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 202

  • Taille du fichier PDF : 184 Mo

  • Dans ce numéro : filles de fame !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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PORCS D'ARMES Ils savent comment leur faire oublier leurs problèmes de zizis... Ils ont même leur slogan  : « Dieu a créé les hommes. Mais le colonel Colt les a rendus égaux (Suite de la p.158.) balança Eula Love, Veuve. Et pauvre, si pauvre, qu'elle n'avait pas payé sa facture d'électricité depuis des mois. Et que, justement l'employé de la compagnie était là, dans sa cuisine. En train de lui fermer son compteur. « Vous ne pouvez pas me faire ça ! J'ai besoin de mon fourneau ! J'ai des gosses ! Comment voulez-vous que je leur fasse à bouffer ? » gueula Eula Love. Elle gueula tant que le mec retourna à son camion. Empoigna son walkie-talkie. Appela les flics à la rescousse... Là, la veuve, elle prit ça très mal. Et c'est vrai qu'elle gueula de plus belle, chiala à grand bruit, menaça Jim et Joe de son couteau de cuisine, les traita d'enfoirés et de tous les noms qu'elle connaissait. Tant et si bien qu'aux fenêtres du ghetto, les Noirs se pointèrent. Avec leurs têtes de déprime. Ecoutant la gueulante d'Eula Love. Qui d'un coup s'arrêta, qu'est-ce qui se passait ?... Ce qui se passait c'était cette autre gueulante. Celle des flingues. Qui flinguaient. Et flinguaient. Et flinguèrent jusqu'à ce que la cuisine blanche ait viré au rouge. Et que la petite âme d'Eula Love se soit envolée vers ces verts pâturages où on n'a pas de factures d'électricité à payer. « Des histoires comme ça, à la préfecture de police, on en a sans arrêt ! Oh, à chaque fois, le juge ouvrira une enquête. Et, à chaque fois, il concluera en disant  : « Elle ou il est mort des suites d'une crise cardiaque... ». Et on trouvera, comme par hasard, un peu de Pcp ou de Seconal dans son sang. « Et ça fera dans la communauté noire un peu plus de superstition encore à l'égard des Blancs. Un peu plus de peur. Un peu plus de désespoir... », me dit, sur fond de bistrot californien, poisson en direct de Hawaï et nappes européennes à carreaux rouges, le lieutenant Dallas de la préfecture de police d'un faubourg de Los Angeles. Un flic pas comme les autres. Puisqu'il dirige le département des Affaires intérieures, autrement dit, le département des flics qui ont des emmerdes 162 avec leur boulot de flic... Celui-là a une belle moustache poivre et sel. Une belle turquoise sur sa belle main. C'est sûr, il pourrait leur faire un nouveau Clark Gable à Hollywood. Sauf que, lui, il n'a pas l'air con... « Oui, 97% des gens flingués par les flics blancs sont... des Noirs ! D'après la loi, nous ne devons utiliser notre revolver que si l'adversaire présente un danger mortel immédiat... A moi, ils ne peuvent pas raconter de blagues !... Je sais qu'il y a deux catégories de flics... Celui qui tue parce qu'il aime tuer... Celui qui tue parce que, d'un coup, il se met à pisser de peur. A cause de l'histoire de violence aux U.s.a. A cause aussi de l'ignorance qui va avec l'image des Noirs aux Us... Ce qui les tracasse, après coup, c'est rarement le remord. C'est plutôt  : « Est-ce que je vais pouvoir me dégotter des justifications... légales ? »... Ils se les dégottent !... C'est sûr qu'aux U.s.a des flopées de Noirs sont violents aussi, ont des armes aussi, tirent aussi... Quand on répète à des gens depuis si longtemps qu'ils sont de la merde, ils finissent par le croire !... Si seulement on pouvait nous interdire de porter des flingues ! Mais, dans ce pays, c'est impensable... On vous a dit  : cinquante millions de flingues en Amérique ? Moi, je vous dis  : environ cent millions ! » Sur son assiette, sa fourchette fait « ding ». De s'entendre répéter  : « cent millions... », ça lui coupe l'envie de bouffer. Comme l'histoire d'Eula Love, après tant d'autres du même genre, commence peut-être par lui couper l'envie d'être flic. Et que c'est pour ça qu'il s'en fout de parler... « La semaine dernière, je rentrais de Las Vegas. Sur la route, j'ai été dépassé par le car du Klu-Klux-Klan. Avec, dedans, leurs mecs. En armes... J'ai eu envie de tirer mon flingue... » Sa moustache se marre. Pas gaie. « Et c'est moi qui vous dit ça, hein ?... Si vous pigez la contradiction, vous aurez pigé l'Amérique... Chez nous, un mec éprouve constamment le besoin de se prouver et de prouver aux autres qu'il... est un mec ! En plus, avec leur mouvement de libération, les bonnes femmes deviennent de plus en plus agressives. Du coup, l'impuissance masculine devient un mal de plus en plus répandu ! Alors hein ? » Alors, évidemment, ça fait peur. Car mettons qu'ils deviennent tous impuissants, les Américains. Et que les cent millions de flingues deviennent deux cent millions, cinq cent millions et plus. Et que toutes les épouses à grandes gueules finissent par étre flinguées. Et tous les partisans des campagnes anti-revolver. Et tous les Noirs. Et tous les présidents. Mettons, oui, qu'ils en arrivent là. Qu'est-ce qu'il va en rester, de l'Amérique ? Et est-ce que, en fin de compte, ça ne serait pas les sexothérapeutes qui l'auraient, la réponse du problème des flingues ? Il y en a d'autres qui l'ont. Et, comme toujours, elle n'est pas là où l'on croit, la vraie réponse... « La vraie réponse, c'est que les Américains achètent pour deux millions de dollars de revolvers tous les ans ! Pas étonnant que le Congrès n'ait pas envie de stopper ça ! », m'a dit Arthur, le vieux petit journaliste. Un sacré vieux petit journaliste. Avec un nom grand comme ça. Vu que, depuis vingt-six ans, sa spécialité c'est de raconter les petites et les grandes histoires de flingues aux U.s.a... « Une industrie comme ça, ici, c'est du gâteau ! Ah ce sont des petits malins, nos gros pontes du revolver !... Nos Dupont qui fabriquent Remington, nos Olin-Corps. qui fabriquent la Winchester, et les autres... Ils ont les meilleurs clients du monde et ils savent comment les garder... faire vibrer la corde patriotique... Comment leur faire oublier leurs problèmes de zizis... Ils ont même su leur balancer le slogan qu'ils attendaient  : « Dieu a créé les hommes. Mais le colonel Colt les a rendu égaux ! »... Et, si nous sommes la nation la plus violente, c'est qu'un autre slogan à la con dit qu'en Amérique tout commence et tout finit par des dollars ! ». Marie-Gisèle Landes.



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