Lui n°197 juin 1980
Lui n°197 juin 1980
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°197 de juin 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 202

  • Taille du fichier PDF : 198 Mo

  • Dans ce numéro : spécial tennis.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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FENETRE SUR COURT Il n'y a guère de différence de ton entre les lamentations tonitruantes de Mounet-Sully Oedipe se crevant les yeux —, et celles d'un Mc Enroe quand il a raté un smash... (Suite de la page 166.) verbale sauf invocations aux Dieux ou aux juges de lignes. Il n'y a guère de différence de ton entre les lamentations tonitruantes de Mounet-Sully —Oedipe se crevant les yeux quand il apprend coup sur coup qu'il a tué son père et épousé sa mère et celles d'un McEnroe quand il a raté un smash. On aurait envie de rappeler au second, sinon au premier, l'axiome d'Elbert Hubbard  : « Ne prenez jamais la vie trop au sérieux  : de toute façon vous n'en sortirez pas vivant. »... Sur le plan purement sportif, où en sommes-nous ? A un moment bizarre où les Français n'ont jamais été si forts, jamais si faibles ; où les ténors n'ont jamais été si nombreux et les longues contestations plus rares ; où le sport n'a jamais été meilleur et le plaisir plus volatil ; où le professionnalisme a tué le dilettante mais où le champion déclinant est mieux préservé. Je reprends ces quatre points en essayant de faire jeu. Jamais on n'a mieux servi ; jamais mieux voleyé ; jamais le sens de l'anticipation n'a été plus aiguisé ; jamais on n'a compté dans le monde tant de joueurs peut-être une centaine qui n'ont absolument aucun point faible dans leur jeu. Sans aller jusqu'à parler de robots, on a l'impression, quand on voit jouer Borg ou Connors, que ces virtuoses, à force de donner des récitals à longueur d'année, de Cincinatti à Sydney en passant par Monte-Carlo, transportent le court dans leur tête, comme un pianiste ses partitions. La longueur, la précision, la puissance de leur balle semblent incomparables. Ils ont les lignes au bout des doigts. Mais alors... puisque, à première vue, ils semblent imbattables, pourquoi trouvent-ils soudain quelqu'un pour les battre, et le plus souvent en trois sets ? Parce que ce jour-là, à Flushing Meadows ou à Wimbledon, une première balle de service qui passe plus 168 souvent, un rien de mieux dans l'anticipation, dans les réflexes, une condition physique légèrement meilleure, suffisent à faire pencher la balance en faveur du plus « fit ». Il faut beaucoup de chance aujourd'hui pour voir deux champions de la trempe de Borg et McEnroe s'affronter au maximum de leur forme dans une lutte indécise jusqu'à la limite des cinq manches. Je souhaite que les Internationaux nous la donnent mais, ces deux dernières années, cinq des six demi-finales et finales de Wimbledon ont été liquidées en trois sets ; Borg a gagné le dernier tournoi de Monte-Carlo sans perdre un set, et Caujolle, vainqueur de Connors en deux manches, a subi le lendemain le même sort des mains de Smid, lequel s'est fait reconduire au vestiaire sur un score identique par Vilas... Depuis que, dans les années trente, l'Américain Ellsworth Vines a marqué un tournant du tennis avec un service - catapulte suivi d'une montée au filet, le service et la volée sont devenus tellement déterminants que les matches se décident plus souvent en cinq sec qu'en cinq sets. Des finales comme celle qui, en 1927 au Stade Français, se temina à l'avantage de Lacoste contre Tilden au cinquième set d'un véritable marathon (6/4 4/6 5/7 6/3 11/9) sont devenus rarissimes. La balle passait et repassait le filet cinquante, soixante, soixante-dix fois, sur des trajectoires aussi tendues que les nerfs des spectateurs alors que le lift actuel, pour puissant qu'il est, diminue l'attrait du spectacle et la lutte n'était pas abrégée par ce « tie break » dont on nous rebat les oreilles (.11 fait le break... Il va faire le break... Il n'a pas fait le break... »). Comme si toute la question était de savoir qui va prendre le service de l'autre. Il est vrai que l'on voit mal Lacoste ou Cochet pourtant imbattables eux aussi en leur temps aborder une grande compétition d'aujourd'hui avec leur service. S'ils jouaient maintenant, ils serviraient autrement. Ils joueraient autrement. Et leurs points faibles (volée de Lacoste, service de Cochet, jeu de fond de Borotra) ces points faibles qui donnaient un piquant supplémentaire à leurs rencontres disparaîtraient peut-être à force d'entraînement. Étaient-ils moins forts ? Le seraient-ils plus = La question n'est pas là. Ce qui est indéniable c'est que, dans les tournois d'aujourd'hui, l'inattendu, l'émotion, l'élément qui suscite la passion du public sont souvent provoqués par l'apparition d'un néoprofessionnel Pecci en 1978 à Roland-Garros, McEnroe à Flushing Meadows en 1979  : encore un petit peu amateurs sur les bords, tous deux bousculaient le clavier des ténors en leur donnant à déchiffrer une partition inconnue. Malgré l'uniformité qu'il entraîne (et qui est d'ailleurs un des phénomènes du monde moderne dans tous les domaines), on aurait tort d'accabler le professionnalisme. S'il a tué le dilettantisme, il fait vivre des joueurs qui naguère sombraient, à l'heure du déclin, dans un dénuement total. Combien d'ex-champions amateurs « marrons » ou amateurs tout court ai-je vus, après des années de vie facile (palaces, tournois, enveloppes) promis, vers trente-huit ans, à une vie lamentable ! Aujourd'hui, sans même parler des « gros » dont les revenus annuels se chiffrent par millions, les « petits » gagnent assez d'argent pour envisager l'avenir avec sérénité. La vogue du tennis est telle que les postes d'entraîneurs, directeurs techniques, « coaches », professeurs, se sont multipliés. Les Etats-Unis ne comptent pas moins de vingt-sept millions de joueurs... Toutes proportions gardées, la vogue du tennis n'est pas moindre chez nous. A l'époque où les Mousquetaires ravirent la Coupe Davis aux U.s. a. pour régner sur le tennis mondial (1927), il n'y avait en France que cinquante mille joueurs ; or, on compte aujourd'hui plus de six cent mille licenciés... Le tennis a fait d'immenses progrès en profondeur ; une (Suite page 170.)
PERN00 PARIS CRETEIL FRANCE



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