Lui n°197 juin 1980
Lui n°197 juin 1980
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°197 de juin 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 202

  • Taille du fichier PDF : 198 Mo

  • Dans ce numéro : spécial tennis.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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FENETRE SUR COURT On croit rêver en pensant que Borotra, ayant gagné Wimbledon, allait le lendemain à son bureau... (Suite de la page 78.) tous par la vitesse de ses réparties  : Katy Gillou, devenue Fenwick, aussi belle que bonne joueuse au tennis. Un championnat la mit aux prises, à Dinard, avec une Anglaise robuste et coriace qui n'avait pas de style, mais « renvoyait » tout  : un mur. A la suite d'un échange acharné qui avait amené le score à égalité, le soutien-gorge de l'Anglaise craqua, et l'on vit apparaître au jour blafard mais suffisamment clair de la côte d'Emeraude la moitié de ce qui aurait pu, et dû, rester caché  : — Avantage dehors ! claironna Mme- Fenwick en devançant l'arbitre. Bien des années plus tard, pendant l'Occupation la sauvagerie nazie n'avait pas encore atteint son paroxysme mais les signes précurseurs en étaient apparus le téléphone sonna dans son appartement. Une voix demanda  : - Allô madame Bloch ? — Ah ! non, désolée... J'ai suffisamment d'emmerdements comme ça ! Quant à Jean Augustin, il s'agissait d'un tout autre registre. Première série de tennis, il en assurait la rubrique à Paris-Midi, mais sans la moindre assurance syntaxique. On ne pouvait absolument pas savoir ce qu'un mot allait devenir sous sa plume. Il écrivait par exemple  : « Le tennis se joue sur terre battue, sur gazon, sur ciment, sur parquet, sur linoléum bref, véritable Tour de Babel. » Ça tombait comme ça, et c'était recueilli par des milliers de joueurs qui se précipitaient chaque jour sur Paris-Midi, non pour savoir ce que Hitler avait fait, mais ce qu'Augustin avait écrit. Ces fervents d'un type particulier gardent gravés dans la mémoire ce genre de compte rendu  : « Borotra chercha longtemps le trou d'Austin et, l'ayant finalement trouvé, le martela sans pitié. » Il était normal qu'un roi permît à ce journaliste phénoménal d'atteindre les cimes. Je veux parler du vieux roi Gustave de Suède qui arrivait chaque année à Paris au printemps, suivi de son médecin porteur d'une petite mal- 138 lette noire ; SaMajesté allait sur la Riviera où elle disputait de nombreux tournois sous le pseudonyme de M. G... Cette année-là on avait organisé pour le roi, au Racing, un double avec Lacoste, Cochet et Brugnon, lesquels firent, comme d'habitude, le nécessaire pour s'efforcer de jouer sans trop forcer... Le lendemain, voulant évoquer la solennité de l'événement, Jean Augustin écrivait dans Paris- Midi  : « On n'entendait plus dans le silence que les boyaux du Roi de Suède. » Le roi mourut quelque temps plus tard mais Augustin vit toujours. Non seulement il vit mais il est devenu professeur (de tennis) au club de la Cavalerie. A quatre-vingt-trois ans, comment douter de la qualité de ses boyaux ? La guerre elle-même, Jean Augustin devait, dès le premier jour, la marquer d'un mot sinon historique, du moins impérissable dans les annales du journalisme. Quelques heures après la déclaration de guerre, notre homme, franchissant tous les barrages et bousculant les secrétaires, arrive en trombe dans le bureau de Pierre Lazareff, à Paris-Soir  : - Pierre, il faut absolument mettre ça à la « une » ! - Quoi ? dit Lazareff, passablement énervé. - L'Australie a battu les Etats-Unis dans le challenge-round de la Coupe Davis ! - Est-ce que vous vous rendez compte, mon cher Augustin, que nous venons de déclarn- la guerre à l'Allemagne ? - Je ne vois pas le rapport... Le monde de l'Oncle a disparu avec lui. Comme a disparu du sport de compétition tout parfum de dilettantisme. On croit rêver en pensant que Borotra, ayant gagné Wimbledon, allait le lendemain à son bureau. Et qu'en 1927, année où la France gagna la Coupe Davis, il demanda, et réussit, à ne pas jouer contre l'Italie à Rome, ses affaires l'appelant à Milan. Ce Vous m'excuserez », aujourd'hui impensable, avait été d'autant plus facilement accepté que le match France-Italie apparaissait comme une partie de plaisir. Plaisir saumâtre, car la France ne se qualifia qu' « in extremis » 3-2. Pour mieux nous situer dans l'atmosphère de l'époque (devenue contexte par la suite), précisons que le terme même de directeur technique n'existait pas. Il y avait bien un capitaine, Pierre Gillou, qui accompagnait l'équipe aux Etats-Unis, mais le fidèle entraîneur, Darsonval, restait à Paris... En ce temps-là, l'amateurisme était plus ou moins déguisé mais les joueurs en blanc se déplaçaient sur le rectangle rouge à fond vert sans que l'oeil fût sans cesse tiré par le nom d'une chemisette ou celui d'une raquette. Kindy ou une chemise Eliette. La grande quinzaine tennistique n'était pas encore devenue un festival du boyau ou de la chaussette. Et la B.n. p.n'avait pas encore fait siens les poteaux du central comme les maillots des ramasseurs. Je serais d'ailleurs curieux de savoir combien de spectateurs, clients de la Société Générale ou du Crédit Lyonnais, peuvent être influencés par la vue des trois initiales de la B.n. p.au point de décider, au bout de cinq sets de tennis, de changer de banque. En attendant que l'I.f.o.p. ou la S.o.f.r.e.s. me renseigne, et qu'un publicitaire me prouve, par une théorie de l'impression rétinienne, que je me mets le doigt dans l'oeil, j'avoue avoir encore un faible pour Wimbledon, ce temple du tennis déjà converti au professionnalisme, mais où du moins jusqu'ici on ne voit pas Pecci servir sur un jus de fruit, ou Noah exécuter un coup droit appuyé par la Barclays. Qu'une dame puisse s'asseoir à Roland-Garros sur son siège d'arbitre de ligne en mettant Lacoste sous sa jupe, ça paraît bizarre. En tout cas, dans cette atmosphère Arts Ménagers ou de relative solennité anglaise, on voit mal une Mme Fenwick crier Avantage dehors ! » (Suite page 156.)
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