Lui n°195 avril 1980
Lui n°195 avril 1980
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°195 de avril 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 184

  • Taille du fichier PDF : 215 Mo

  • Dans ce numéro : spécial Nastassja Kinski.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LE CAVE DU VATICAN « Un pape comédien et exhibitionniste. Qui baise la terre partout où il va, se promène en baskets, roule en jeep comme Burt Lancaster, se fait creuser une piscine ! » Je veux bien que le climat s'y prêtât, mais tout de même... Après Paul VI, qui lui aussi était de la soutane flottante, nous arrivons à Jean- Paul l'dont la carrière pontificale a été la plus courte dans les an-n-ales. En trente-trois jours, je n'ai pas eu le temps de me pencher en profondeur sur ce pontife mais je suis prêt à parier que ce saint homme était de la confrérie. Sa photo officielle publiée en couverture de magazines français et étrangers étaye à merveille mes dires. Cette espèce de rire-turlupin, cet air équivoque, dénotent la folle classique. J'ai dit la même chose d'Enrico Berlinguer, le chef du parti communiste italien. Ces deux-là se sont trahis indubitablement en jouant les sucrées. Lucien de Samosate, le Voltaire de l'antiquité grecque, écrivait  : « Un mignon est plus difficile à dissimuler qu'un chameau sous son bras. » Bien qu'ayant certainement roulé sa bosse, Jean-Paul 1er était loin du chameau. Il n'y a qu'à voir ses airs pour savoir qu'il était une folle tordue... Que dire de Jean-Paul II ? Il est à ma connaissance et j'ai fait une enquête poussée le seul pape, avec Adrien VI, précepteur de Charles-Quint, à venir de l'étranger. Jean-Paul est polonais. Adrien était hollandais, ce qui à l'époque correspondait à la même origine, c'est-à-dire l'Est. J'ai ouvert mon Larousse en seize volumes. Voici ce que j'y ai lu  : « Pape célèbre pour la sévérité de ses moeurs. » Moi, qui ai toujours été un homme de pointe (bien sûr) je fus chiffonné par l'expression. Je me mis à chercher, à fureter, etrn t 82 tombai sur une épigramme de l'époque  : « Adrien VI, il papa sodomito, entouré de ses bougres... » Comment un Italien aurait pu dire une chose pareille si ce n'était pas vrai ? Adrien l'étranger brandissait aussi bien le phallus que le goupillon... Cela prouve qu'il y a toujours deux histoires  : la vraie et l'officielle, couronnée par l'Académie française, dont certains membres immortels sont connus pour leurs activités ex-libris. Mais ceci est une autre histoire... Dès que j'ai vu l'ascension de Jean- Paul au trône pontifical, j'ai aussitôt pensé à Adrien. Les épigrammes nous diront s'il fut inébranlable. Evidemment, je parle de son autorité. Ce que l'on peut dire tout de suite, c'est que nous avons affaire, là, à un pape comédien et exhibitionniste. Se mettre à baiser la terre partout où il va, se promener en baskets, rouler en jeep comme Burt Lancaster dans Le jour le plus long, penser à faire creuser une piscine au Saint-Siège, le prouve largement. Cette piscine d'ailleurs devrait inquiéter ses fidèles. Et si dans le chlore, le Pontife perdait son odeur de sainteté ? N'oublions pas non plus que Jean-Paul II fut acteur et comédien. Or, chacun sait que l'homosexualité est largement pratiquée dans les milieux artistiques. Je ne veux pas croire qu'au sein de sa troupe à Cracovie (quel nom évocateur !) , je ne veux pas croire qu'il ne se soit pas trouvé quelques folles furieuses et qu'il n'ait pas surpris côté-cour, côté-jardin et même au paradis, quelques délicieux attouchements... A-t-on le droit de renier, à ce point, les effluves de sa jeunesse ? Une chose est certaine, du comédien au travesti, il suffit de sauter... le pape ! Et j'ai été confondu en le voyant, lors de son voyage aux Etats- Unis, se déguiser tour à tour en Peau- Rouge, en Buffalo Bill, en Al Capone. Je n'en croyais pas mes yeux. Ce qui me chagrine le plus dans cette tournée, c'est sa position envers l'homosexualité qu'il a condamnée ouver- tement, au même titre que son antiprédécesseur Paul VI. Je vois là une manière de s'absoudre, de se cacher. Lorsque j'étais au Quai d'Orsay, je me serais plutôt fait éventrer que d'avouer que je portais en moi les Amitiés particulières, que je les avais savourées avant de les écrire. J'ai été profondément marqué par mon éducation catholique et je reste croyant je dirai même mystique. Je regrette cependant qu'à la suite de Vatican II, l'Eglise manque de cet esprit de finesse qui la caractérisait même dans les siècles où l'on prenait au sérieux cette condamnation de l'homosexualité au point de mettre de temps à autre au bûcher des gens qui la pratiquaient. C'était toujours, naturellement, des gens très anonymes, très ordinaires, tel ce Deschauffours brûlé au xviie siècle. Les écrits de l'époque rapportent à ce sujet cette phrase étonnante  : « Il est mieux de penser que l'on a brûlé Deschauffours le jour même où, dans Paris, trois princes du sang, quatre ducs, soixante marquis, trente comtes, trois présidents du Parlement, d'innombrables avocats, bourgeois et prêtres faisaient la même chose... » L'Eglise, même du temps où il y avait des bûchers et ces bûchers, il faut bien le dire, on ne les allumait que lorsqu'il y avait des garçons violentés et suffisamment vulgaires pour porter plainte l'Eglise, disais-je, ne cherchait pas à être la première à faire un scandale. Et pourquoi ? Parce que, justement, au plus fort de cette morale répressive, il y avait eu dans l'Eglise apostolique et romaine des gens assez fins pour ne pas mettre leurs doigts làdedans, en définissant la sodomie par cette expression admirable  : « peccaturn mutum. » M-u-t-u-m. Le péché muet, le péché dont on ne « doit » pas parler. Par conséquent, la sodomie, acte anti-nature que l'on peut pratiquer aussi bien avec un homme qu'avec une femme, était une chose que l'on gardait pour soi. Et quel plaisir plus agréable pour un couple qui a épuisé la coupe des (Suite page 181.)
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