Lui n°195 avril 1980
Lui n°195 avril 1980
  • Prix facial : 8 F

  • Parution : n°195 de avril 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 184

  • Taille du fichier PDF : 215 Mo

  • Dans ce numéro : spécial Nastassja Kinski.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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L'EMPIRE D'ESSENCE Un drôle de travail. David Thieme avait contracté avec la Lloyd's de Londres une assurance spéciale et ponctuelle, payée cash, de deux millions de dollars... ration, David Thieme se l'était réservée. Dans ses bureaux de Monte- Carlo, il avait imaginé des alliances de bleu, d'argent et de rouge. Qu'il avait transmises par télécopieur à Norfolk, dans les ateliers de Chapman. Thieme avait devant lui les photos du résultat. Plus rien d'autre ne comptait. Escamoté l'environnement. Thieme était ailleurs. Dans un autre monde où il n'entendait plus les flonflons de la revue. Prises un peu plus tôt, en fin d'aprèsmidi, dans le secret de l'usine de Colin Chapman dans le nord de l'Angleterre —, ces diapos étaient arrivées à Paris au moment où David Thieme, venant de la Côte, se posait à son tour avec son jet privé. A la veille de la présentation de la Lotus Essex 81 dans le cadre du Paradis Latin, David Thieme ne tenait plus en place. Il voulait voir la tête de sa F 1. Toutes affaires cessantes. Quelques heures plus tard, un cargo décollerait de Norwich pour Le Bourget avec le bolide dans ses flancs. De l'aéroport, l'auto prête pour la course serait transportée... et suspendue au plafond du Paradis Latin. Avant de descendre dans la foule des invités, dans une débauche de lasers et au son d'une musique tonitruante. Un drôle de travail. Thieme avait contracté auprès de la Lloyd's de Londres une assurance spéciale et ponctuelle, payée cash, de deux millions de dollars. Le prix qu'il fallait mettre pour fasciner les quatre cent soixante-quinze invités de cette soirée. L'assurance, accessoirement, ne couvrit pas le goutte-à-goutte de l'huile de la boîte de vitesse qui rendait glissante la sono de Jean-Marie Rivière. Ni la panne de batterie qui immobilisa, plus avant dans la nuit glaciale, le camion-atelier de Colin Chapman, venu entre-temps pour emporter la précieuse voiture vers le circuit Paul-Ricard pour des essais officiels, fixés à 11 h du matin. La rue du Cardinal Lemoine était bloquée. Alerté par Rtl, un « boucher sympa » prêta sa batterie.../4 Douze mois. Il n'a pas fallu plus de douze mois pour que David Thieme réussisse une spectaculaire irruption dans l'univers de la compétition. L'apparition de son sigle, Essex, un nom qui claque sec —, n'avait rien d'une anecdote sans lendemain. Ce n'était que la partie apparente d'un iceberg de dollars. L'un des plus importants pétroliers indépendants de l'époque se lançait à visage découvert dans une épopée sportive. Coup de folie ou calcul ? Tout se conjuguait en vérité chez cet homme de trente-sept ans, parvenu au faîte de la réussite par son travail et son intuition. Son père avait déjà conquis le ciel, naguère, en élaborant les fameux Waco Cg4A, les planeurs qui envahirent le ciel de la Normandie le 6 juin 1944. Lui, le petit David, il avait choisi la voie du design industriel » (au Pratt Institute de New York) pour s'affirmer dans l'existence. A vingt et un ans, ce « styliste automobile », enfant de Minneapolis, possédait déjà sa propre société (une dizaine d'employés dans ses bureaux de Manhattan et deux cent cinquante collaborateurs répartis sur différents chantiers couvrant le territoir américain, coast to coast). Sa trajectoire semblait toute tracée. A ses moments perdus, il pilotait dragsters et funny cars. Il hantait Daytona, Sebring, Riverside, les principaux hauts lieux du sport mécanique américain de l'époque. Sa réputation industrielle montait régulièrement à l'horizon. Il décorait tout aussi bien les cabines des avions Lear Jet que les bureaux des concessionnaires Mercedes. La course continuait de l'attirer mais il s'en détourna à jamais sur un accident qui aurait pu se révéler définitif  : son moteur explosa sur une ligne de départ, sa machine prit feu. Thieme s'en tira avec une jambe brûlée. Il remballa sa combinaison et son casque. Pour ne se consacrer qu'aux affaires... Il percevait déjà les limites du stylisme industriel. Ayant eu l'occasion d'approcher diverses compagnies pétrolières indépendantes, avec lesquelles il avait collaboré, notamment en Oklahoma, en Californie et au Texas, David Thieme avait humé le parfum d'aventure qu'un « indépendant » pouvait encore respirer dans ce secteur. En cette année 1973, avec la guerre du Kippour et la hausse soudaine du prix du pétrole, il se trouva brutalement plongé au centre du problème pétrolier. En un éclair (« Ce fut ma chance d'arriver là au meilleur moment ») , Thieme creuse son puits dans un marché mondial soudainement affolé. Il réalise tous ses bénéfices au stylisme industriel. Il investit. A tour de bras, sans perdre ni une minute ni une occasion. Il commence à sillonner le monde. Sa compagnie n'a pas encore de nom. Un jour, en partance pour Téhéran à Heathrow, l'aéroport de Londres, il s'enferme dans une cabine téléphonique pour un appel de dernière minute. Quand il en ressort, quelques instants plus tard, David Thieme est soulagé. En feuilletant machinalement un annuaire, il a déniché le nom de sa société. Essex. Le comté d'Essex. Durant tout le vol vers Téhéran, Thieme esquisse différents sigles. A l'arrivée, il s'est décidé. Essex arborera du bleu et de l'argent (les couleurs de Mercedes) avec une pointe de rouge. Rien n'a bougé depuis lors. Ce raffiné du pétrole ne renie jamais ses choix. Ni ses coups de coeur. Dès lors, les temps étant ce qu'ils sont, The Essex Group » vit en expansion continue et irrésistible. L'époque justifie la nécessité de ces pétroliers indépendants qui, à l'ombre des Majors Companies, manoeuvrent avec soudaineté et souplesse. Dans sa complexité, le marché mondial interdit, en fait, à quiconque d'exercer un monopole. Satisfaire aux demandes exprimées ici ou là devient essentiel. Pour répondre à ces besoins, inopinés, il faut agir vite et, surtout, être bien armé, au moins du côté des banques, pour assurer le transport et le raffinage d'énormes quantités de pétrole brut, acheté sur place. C'est-à-dire n'importe où. Dans cette position d'inter- (Suite page 140.)
IASSai.VrA.



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