Lui n°194 mars 1980
Lui n°194 mars 1980
  • Prix facial : 7 F

  • Parution : n°194 de mars 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 154

  • Taille du fichier PDF : 141 Mo

  • Dans ce numéro : Californie, opérations anti vol.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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EST-CE QUE TU MIMES ? Plus on est près du pouvoir, moins on parle vite. Mitterrand a longtemps donné l'illusion d'être aux portes de la présidence en calmant au maximum son rythme d'élocution... (Suite de la page 68.) tez-vous encore ça sous la dent ou les oreilles ». Pourquoi en fait-on un si grand emploi ? Parce qu'elles appellent l'auditoire en même temps qu'elles permettent à l'orateur de trouver ce qu'il va bien pouvoir répondre... C'est l'équivalent de l'introduction musicale d'un morceau chanté. J'imagine volontiers qu'il existe quelque part un centre secret où de vagues savants concoctent des expressions nouvelles pour endormir les foules et que les orateurs susmentionnés versent des droits fabuleux pour les utiliser. C'est devenu un fait patent. Désormais, un représentant de commerce politique doit rappeler à ses auditeurs que ce n'est pas lui qui s'exprime par sa bouche, mais son chef, son dirigeant. On demande un exorciste. Voilà les gens du Rpr qui se mettent à parler du même débit que Chirac, comme si ce dernier leur avait communiqué sa boulimie de mots. Si Chirac traverse, l'Udf civilise. Puisqu'on est le parti du Président, autant prendre son temps. Ceci est valable également pour les ministres Rpr. Alain Peyrefitte, du temps où il se spécialisait dans les chinoiseries, roulait en troisième et rétrogradait souvent en seconde. Depuis qu'il est ministre de la Justice, il roule en première. Mais qu'il ait à donner son point de vue sur la peine capitale, qualifiée sempiternellement de « douloureux et grave problème », il passe au point mort, et même... en marche arrière. Le parti socialiste présente un cas plus complexe. La diversité des courants 84 m1 oblige chaque représentant de tendance à innover son propre style et son propre langage, tout en continuant de plagier Mitterrand pour ne pas provoquer la crise de légitimité. Ce qui permet d'être renseigné sur les rapports de force, c'est le baromètre du débit. Voyez Rocard. Au temps du Psu, il avalait les diatribes. Devenu dirigeant national du Ps, il ralentit, comme cela va de soi. Puis il entre en conflit et ré-accélère. On peut prévoir que le jour où Rocard prendra vraiment son temps, il sera plus près du poste de secrétaire du Parti. Plus on est près de pouvoir, moins on parle vite. Mitterrand a donné longtemps l'illusion d'être aux portes de la présidence en calmant au maximum son rythme d'élocution. A l'opposé, Chirac montre bien qu'il s'en éloigne puisqu'il parle de plus en plus vite. Arlette Laguillier et Alain Krivine aussi parlent vite. Encore tous ravis de leurs 3%, ils sont éblouis par les média auxquels leur donne droit leur score. Ils ont tort. Ils s'imaginent naïvement que téléspectateurs et auditeurs écoutent l'intégralité du discours. Ces derniers ne retiennent qu'une formulechoc de-ci, de-là, un ton de confiance, un ronronnement doux (rappelez-vous le génial « mais monsieur... »). C'est pourquoi Chirac, Krivine et Laguillier devraient se calmer un peu et nous laisser le temps de reprendre le souffle qu'ils nous volent. On objectera que J.j.s.s. parle encore plus lentement maintenant qu'il s'éloigne du rivage présidentiel, qu'il se noie à la dérive. Voilà exactement le cas pathologique, l'exception qui confirme la règle. J.j.s.s. continue imperturbablement d'adopter les tics giscardiens (le ton de la confidence  : « Madame, monsieur » au singulier, le ton pointu, l'impression désagréable d'un bras du pick-up s'arrêtant au creux du sillon parce qu'on a coupé brusquement le courant). La politique aussi a ses ringards... Et le Pcf ? Je ne sais si un cours d'accent du terroir figure aux programmes des écoles du Parti, si l'on apprend à rouler les « r » de Parrti et de Frrançais. Force est de constater l'extraordinaire pouvoir d'attraction d'un accent provincial. Plus que tout autre, le Parti communiste doit prouver qu'il est un parti bien français et Duclos, Waldeck-Rochet ont plus fait pour l'image de marque que des monceaux de déclarations de principe. Marchais aussi prend son temps, moins que Fiterman, bien sûr, lequel donne l'impression d'un coureur cycliste en surplace dans une épreuve de vitesse. Marchais prend son temps parce qu'il a tout son temps. Le Parti que Thorez a mis sur pied ne change pas de nom, ne se transforme guère, au contraire des centristes dont, en trente ans, les appellations se sont comptées presque par dizaines  : c'est l'immobilisme, stade suprême du parti communiste. Il est par trop facile de reprocher au Pcf son jargon. Chaque groupe socioculturel a son langage, des chrétiens aux cinéphiles. Pourquoi pas le Pcf ? Colmater les discours de « masses populaires » n'est finalement guère plus ennuyeux que de placer du « libéral avancé » à toutes les pages. Ce qui est choquant, c'est justement le rôle à contrario du Pcf. Puisque c'est en son sein qu'on trouve le plus de liturgie, de répétitions mécaniques et de formules désuètes, on en rit, on s'en gausse et l'on ne s'aperçoit pas qu'insensiblement, ce système répétitif devient le ciment obligatoire de tous les discours politiques. On a dit avec justesse que les communistes français se sont embourgeoisés. Mais on a oublié de relever que l'osmose s'est réalisée également dans l'autre sens. Le Pcf offre, avec son organisation, la sécurité, la garantie de l'absence d'explosions internes. Il « devient » un modèle. Conséquence  : il est évident qu'aucun parti ne doit, ni ne veut, être majoritaire à 51%. Il faut que le public ait l'illusion de choi- (Suite page 149.)
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