Lui n°194 mars 1980
Lui n°194 mars 1980
  • Prix facial : 7 F

  • Parution : n°194 de mars 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 154

  • Taille du fichier PDF : 141 Mo

  • Dans ce numéro : Californie, opérations anti vol.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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YI-KING  : LA CHINE EN AVANT TOUTE ! « Il me montra un tableau des molécules d'A.d.n. et autres, celles de la microbiologie actuelle. Eh bien, ce tableau génétique, c'était... le Yi-King ! » (Suite de la page 138.) diait fort scientifiquement (le sujet en transes frappait sur une « machine à écrire les sensations »  : A voulant dire Angoisse, B, Bonheur, etc), mais, n'étant pas chimiste, n'avait pas prévu les redoutables effets duL.s.d. sur l'organisme humain... Le scandale, suivi du procès de Tim Leary et de sa cavale autour du monde, fut si retentissant qu'on en oublia le point qui nous importe  : le psychédélisme originel n'avait rien à voir avec les lasers des boîtes de nuit  : Tim Leary et la société qu'il avait formée, la ligue pour la Découverte spirituelle, l'avait placé sous le signe du Livre des Mutations qu'il tenait pour essentiel. Sensiblement à la même époque que Hesse et Leary, John Cage devint également le gourou de la nouvelle génération. Or, Cage se définit luimême  : « Un fou de Yi-King ! » Très grand, barbu, parfois d'une élégance négligée très british et parlant le français avec un accent délicieusement distingué, John Cage n'a pourtant rien d'un Chinois. Elève d'Arnold Schoenberg, admirable interprète d'Erik Satie, grand mycologue et grand mycophage (il ne se nourrit pendant quelque temps que de champignons — tout comme certains taoïstes chinois qui croyaient y voir une nourriture d'immortalité), Cage, outre son oeuvre musicale considérable, restera, pour diverses raisons, comme l'une des figures marquantes de notre siècle  : c'est lui le pape des « happenings », le maître à penser de certains inventeurs du pop-art et de la chorégraphie moderne et, en grattant un peu sous le vernis de tout ce qui s'est fait dans le domaine artistique aux U.s. a. au cours des dernières décennies, on retrouve plus que souvent son influence... A propos d'une de ses dernières oeuvres, H.p.s.c.h.d., qui utilise à la fois clavecin, bandes magnétiques et ordinateur, il raconte  : « Legaren Miller et moi avons passé un an à programmer l'ordinateur de l'université de l'Illinois avec des courbes correspondant à cer- 142 tains sons du clavecin qui peuvent s'inscrire dans un des hexagrammes du roi Wen, et le Livre des Mutations luimême avait été programmé. »... A propos de sa musique en général  : On pourrait définir toute ma musique comme une Music of Changes. Cette dénomination je l'ai trouvé dans le Yi-King... A propos de la science en général  : « Gunther Stent (un biologiste de Berkeley) me montra un tableau des molécules d'A.d.n. et autres, dont vous savez qu'elles déterminent notre personnalité d'après la microbiologie actuelle. Eh bien, j'ai reconnu immédiatement le Yi-King ! Ce tableau génétique est formé exactement comme le Yi-King ! Il contient soixante-quatre éléments et comporte des trigrammes qui se combinent en hexagrammes. Ainsi, nos personnalités résultent-elles d'opérations du hasard, tout comme la musique ! »... Et John Cage s'est pourtant surtout intéressé à l'utilisation oraculaire du Yi-King. En vérité, les devins chinois avaient bien choisi leur matériel de divination  : les commentaires du Yi-King portant aussi bien sur la situation symbolisée par un hexagramme que sur sa mutation possible en un autre hexagramme, le devin tant soi peu habile avait relativement peu de chances de se tromper. En tout cas certainement beaucoup moins que, par exemple, les spécialistes du marc de café  : ceux-ci se bornent en effet à commenter une infinité de figures et de formes qui n'ont aucun lien entre elles. Etudiant les rapports mystérieux entre la question posée, l'opération de hasard (lancer les dés, décompter des baguettes d'achillée, tirer à pile ou face) et l'hexagramme « reçu », Jung avait émis les prémisses d'une étrange théorie selon laquelle la sacro-sainte loi de la causalité, base de notre civilisation occidentale, est fort imparfaite et ne peut servir à tout expliquer. Selon lui, l'étude de la « qualité particulière » du hasard aurait dû servir à renouveler notre conception du monde et il pen- sait que les auteurs du Yi-King étaient parvenus à percevoir une des lois les plus subtiles de l'univers  : il peut y avoir, entre deux phénomènes, une liaison, « acausale » et « non-sensique » mais liaison quand même, qu'il appellait la « synchronicité ». C'est en appliquant ces préceptes que Cage inventa sa « musique aléatoire », Où il n'y a plus de notes, mais des diagrammes qui représentent des sons, des rythmes, des silences que l'interprète choisit à son gré, laissant agir son subconscient comme s'il jetait mentalement des dés. « Une note peut se lancer en l'air comme une pièce de monnaie, dit Cage. Elle est aussitôt reprise dans un réseau de relations dont les auteurs du Yi-King ont les premiers deviné l'existence... » Jusqu'où la yi-kingisation du monde occidental ira-t-elle ? Nos yeux vont-ils petit à petit se brider ?... J'ai interrogé le Yi-King à ce propos. Comme, selon les devins orthodoxes, les questions que l'on pose au vieux livre doivent être personnelles, j'ai formulé la mienne ainsi  : « Ai-je raison de publier, tel qu'il est, cet article dans Lui = » J'ai jeté en l'air trois pièces de monnaie chinoises rondes (c'est-à-dire comme la Terre) et percées d'un carre (yang comme le Ciel). J'ai répété l'opération six fois, en marquant à chaque fois le résultat  : 2 piles et 1 face, ou 3 piles = une ligne yang —, 2 faces et 1 pile, ou 3 faces = une ligne yin - -. J'ai reçu l'hexagramme N" 51, zhen » le Tonnerre  : (soit deux fois zhen, le Tonnerre) et j'ai lu son commentaire  : La répétition de la foudre engendre crainte et effroi. C'est le moment de garder votre sang-froid. Sachez vous protéger d'un cataclysme et vous abriter en attendant que les éléments déchaînés se calment d'eux-mêmes. Profitez-en pour prendre une leçon de sagesse  : devant la foudre, l'homme le plus fort se sent désarmé et médite sur sa fragilité. »... Je médite... Michel Gall.
Tout votre équipement pour la saison 80/81 à découvrir dans. SIKINII If SPECIAL S.I.G Salon International de Grenoble tous les résultats et commentaires des J.0. de LAKE PLACID en vente partout ENTRETIEN « Marchais fait son numéro de cirque... » (Suite de la page 43.) le professeur. On procède ainsi en français, pourquoi pas en Histoire ? Bien sûr, l'idéal serait que le professeur ait du talent ! Je veux dire qu'il aime l'Histoire et qu'il aime l'enseigner... Lui Vous parlez du choix dans l'Histoire  : on a l'impression que les historiens ont des chouchous et des mal aimés. Par exemple, que n'a-t-on pas dit sur Louis XI et Philippe le Bel des malfaisants, dirait Audiard... Miguel C'est une question de politique. Dans la politique française contemporaine, il y a aussi des mal aimés  : parce qu'il faut bien distribuer des rôles. C'est aussi simple que cela. Les gens qui sont au premier plan sont obligés de tenir un rôle. Il ne le choississent pas toujours mais, enfin, ils finissent par assumer celui que leur gueule, leur tempérament, leur fonction et leur situation les obligent à tenir. Pourquoi Marchais est-il un personnage larmoyant et hurlant ? Parce que c'est son emploi, parce qu'il n'est pas à l'aise au Parti communiste. D'ailleurs qui pourrait être à l'aise au Parti communiste aujourd'hui, je vous le demande ? Donc Georges Marchais fait son numéro de cirque parce que c'est une manière d'échapper à son malaise. Chirac n'est pas à l'aise non plus et pour d'autres raisons. Pas seulement parce qu'il s'est cassé la jambe. Il fait un numéro un peu crispé, un peu sautillant. Eh bien dans l'Histoire, Louis XI a le rôle du roi impopulaire, insupportable, qui fait pendre les ennemis du royaume, qui met le cardinal La Balue dans une cage de fer encore qu'on ne soit pas très sûr de la chose mais on l'a enseigné quand même Louis XI est un personnage d'épopée... Lui En somme, l'Histoire a été longtemps... Miquel...de la propagande politique. Pour la République qui épurait l'oeuvre des rois dans tout ce qu'elle pouvait avoir d'images de rassembleurs de la terre nationale. Alors aujourd'hui, évidemment, on n'a pas (Suite page 144.)



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