Lui n°193 février 1980
Lui n°193 février 1980
  • Prix facial : 7 F

  • Parution : n°193 de février 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 138

  • Taille du fichier PDF : 136 Mo

  • Dans ce numéro : une nouvelle policière de Woody Allen.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 64 - 65  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
64 65
HOLLYWOOD  : ÇA TOURNE... RONDS Le budget du nouveau film sur le Titanic est de trente millions de dollars, soit cinq fois plus d'argent que... le transatlantique lui-même qui, en 1912, en avait coûté six ner, Sam Goldwyn, leurs employés et leurs concurrents. Aujourd'hui, la récession s'installe et la dépression menace. L'industrie du disque perd trente pour cent de ses revenus et les ventes de voitures chutent de vingt-cinq pour cent. Hollywood ignore ces faits et se moque de ces signes  : l'industrie du cinéma bat ses propres records. Tous. De recette et de dépense. La liste des films qui ont rapporté plus de cent millions de dollars (en prenant 4,25 francs pour un dollar comme base de change, cent millions représentent quatre milliards un quart d'anciens francs) est maintenant longue, des Dents de la mer à La guerre des étoiles, en passant par L'exorciste et Rocky. Un seul exemple, celui de Moonraker, donnera une idée de la dimension des recettes actuelles. En dix-sept semaines d'exploitation aux Etats-Unis et en Europe (au bout de ces dix-sept semaines le film n'était toujours pas sorti au Japon et en Amérique du Sud), le onzième volet de la série James Bond 007 a rapporté cent vingt-six millions de dollars (soixante-six millions aux Etats-Unis, soixante millions en Europe). Sur ces cent vingt-six millions de dollars dépensés par les spectateurs, soixante à soixante-cinq millions vont dans les caisses d'United Artists qui, selon toute probabilité, encaissera entre soixante et soixante-dix millions de dollars supplémentaires en 1980 pour le seul Moonraker. Parallèlement à ces recettes extravagantes, le prix de revient des films connaît une escalade insensée. Un film « normal » est aujourd'hui budgeté entre cinq millions et huit millions de dollars (entre vingt et un et trentequatre millions de francs actuels). Mais ces chiffres sont fréquemment dépassés. La nouvelle ouvre de Michael Gimino (Voyage au bout de l'enfer), Heaven's Gate, avec Kris Kristofferson et Isabelle Huppert, a coûté, avant post-production (montage, musique, copies) et lancement (publicité, affi- 64 ches) trente-cinq millions de dollars, soit quinze milliards anciens. C'est une somme identique que Francis Ford Coppola a dépensée pour Apocalypse now  : trente-cinq millions de dollars avant lancement. Or, quand on sait que le lancement d'un film peut coûter dans les dix millions de dollars (budget publicitaire alloué à « 1941 », le nouveau film de Steven Spielberg), on voit que Hollywood n'a pas peur des nuages maussades qui se baladent à l'horizon économique. L'exemple de Midnight express montre que, parfois, les sommes requises pour le lancement, la distribution, le paiement des intérêts sur l'argent prêté et les impôts, peuvent être supérieures à celles nécessitées pour le tournage. Midnight express a coûté, livré clés en main par Casablanca/FilmWorks à Columbia, trois millions deux cent mille dollars, somme modeste par les temps qui courent. Après les réactions favorables du Festival de Cannes, de la presse et des spectateurs invités au « sneak previews » (projections publiques avant sortie officielle), Columbia décida de lancer ce petit budget comme une grande production. La valse des dépenses commença alors. Aux trois millions deux cent mille dollars de prix de revient vinrent s'additionner huit millions de dollars pour la distribution mondiale à travers le réseau Columbia, huit millions quatre cent mille dollars pour le lancement (publicité, etc.) et un million trois cent mille dollars pour la fabrication des copies circulant dans le monde. Si l'on ajoute à cela six cent mille dollars d'intérêts sur l'argent prêté, quatre cent mille dollars d'impôts et taxes divers, cent soixante-cinq mille dollars de paiements différés au metteur en scène (Alan Parker) et à une paire d'acteurs, l'on obtient le chiffre de vingt-deux millions de dollars. Le film est néanmoins une excellente affaire puisqu'il a déjà fait vivre des milliers de personnes (du producteur à l'exploitant en passant par les investisseurs) et rapporté trente millions de dollars, soit huit millions de dollars de bénéfices nets. Excellente affaire donc, mais pas autant que Star Wars qui, à ce jour, a rapporté deux cent quatre-vingtquatorze millions de dollars pour un investissement de dix millions de dollars ! Autre exemple de cette inflation des budgets, Omar Mukhtar, Lion du désert, film que vient d'achever aux studios de Twickenham le producteurréalisateur américano-syrien, Moustapha Akkad. Le Lion en question a avalé vingt-cinq millions de dollars. Akkad, nullement impressionné, envisage de faire mieux la prochaine fois  : il projette un budget de quarante-trois millions de dollars pour Saladin. Meteor, la nouvelle catastrophe cinématographique de Samuel Arkof,f, a coûté dix-sept millions de dollars. En sus, six millions ont été consacrés au lancement publicitaire (trois millions de dollars pour une campagne radiotélé de douze jours)... Et cela ne fait que commencer. Raise the Titanic, en cours de tournage, a été « budgeté » à trente millions de dollars, soit cinq fois plus d'argent que... le Transatlantique lui-même qui, en 1912, avait coûté cinq millions de dollars !... Flash Gordon, la nouvelle folie de Dino de Laurentiis, a coûté trente huit millions de dollars... Mais c'est Star Trek, de Robert Wise, qui, pour le moment, détient le record du film le plus cher  : quarante-cinq millions de dollars (quinze consacrés uniquement aux effets spéciaux) plus un budget de lancement (aux U.s. a.) de neuf millions de dollars. Pour que ses investisseurs ne perdent pas d'argent, il faut que Star Trek réalise, en recettes brutes, au moins cent millions de dollars et il semble que cela ne soit pas impossible. Les trois premiers jours (7, 8, 9 décembre 1979) d'exploitation dans huit cent cinquante-neuf salles ont rapporté douze millions de dollars ! (Le record mondial du film le plus cher n'est pas détenu par les Américains mais par les Soviétiques qui, en 1967, dépensèrent cent (Suite page 80.)
f



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Lui numéro 193 février 1980 Page 1Lui numéro 193 février 1980 Page 2-3Lui numéro 193 février 1980 Page 4-5Lui numéro 193 février 1980 Page 6-7Lui numéro 193 février 1980 Page 8-9Lui numéro 193 février 1980 Page 10-11Lui numéro 193 février 1980 Page 12-13Lui numéro 193 février 1980 Page 14-15Lui numéro 193 février 1980 Page 16-17Lui numéro 193 février 1980 Page 18-19Lui numéro 193 février 1980 Page 20-21Lui numéro 193 février 1980 Page 22-23Lui numéro 193 février 1980 Page 24-25Lui numéro 193 février 1980 Page 26-27Lui numéro 193 février 1980 Page 28-29Lui numéro 193 février 1980 Page 30-31Lui numéro 193 février 1980 Page 32-33Lui numéro 193 février 1980 Page 34-35Lui numéro 193 février 1980 Page 36-37Lui numéro 193 février 1980 Page 38-39Lui numéro 193 février 1980 Page 40-41Lui numéro 193 février 1980 Page 42-43Lui numéro 193 février 1980 Page 44-45Lui numéro 193 février 1980 Page 46-47Lui numéro 193 février 1980 Page 48-49Lui numéro 193 février 1980 Page 50-51Lui numéro 193 février 1980 Page 52-53Lui numéro 193 février 1980 Page 54-55Lui numéro 193 février 1980 Page 56-57Lui numéro 193 février 1980 Page 58-59Lui numéro 193 février 1980 Page 60-61Lui numéro 193 février 1980 Page 62-63Lui numéro 193 février 1980 Page 64-65Lui numéro 193 février 1980 Page 66-67Lui numéro 193 février 1980 Page 68-69Lui numéro 193 février 1980 Page 70-71Lui numéro 193 février 1980 Page 72-73Lui numéro 193 février 1980 Page 74-75Lui numéro 193 février 1980 Page 76-77Lui numéro 193 février 1980 Page 78-79Lui numéro 193 février 1980 Page 80-81Lui numéro 193 février 1980 Page 82-83Lui numéro 193 février 1980 Page 84-85Lui numéro 193 février 1980 Page 86-87Lui numéro 193 février 1980 Page 88-89Lui numéro 193 février 1980 Page 90-91Lui numéro 193 février 1980 Page 92-93Lui numéro 193 février 1980 Page 94-95Lui numéro 193 février 1980 Page 96-97Lui numéro 193 février 1980 Page 98-99Lui numéro 193 février 1980 Page 100-101Lui numéro 193 février 1980 Page 102-103Lui numéro 193 février 1980 Page 104-105Lui numéro 193 février 1980 Page 106-107Lui numéro 193 février 1980 Page 108-109Lui numéro 193 février 1980 Page 110-111Lui numéro 193 février 1980 Page 112-113Lui numéro 193 février 1980 Page 114-115Lui numéro 193 février 1980 Page 116-117Lui numéro 193 février 1980 Page 118-119Lui numéro 193 février 1980 Page 120-121Lui numéro 193 février 1980 Page 122-123Lui numéro 193 février 1980 Page 124-125Lui numéro 193 février 1980 Page 126-127Lui numéro 193 février 1980 Page 128-129Lui numéro 193 février 1980 Page 130-131Lui numéro 193 février 1980 Page 132-133Lui numéro 193 février 1980 Page 134-135Lui numéro 193 février 1980 Page 136-137Lui numéro 193 février 1980 Page 138