Lui n°193 février 1980
Lui n°193 février 1980
  • Prix facial : 7 F

  • Parution : n°193 de février 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 138

  • Taille du fichier PDF : 136 Mo

  • Dans ce numéro : une nouvelle policière de Woody Allen.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ENTRETIEN « J'étais couché par terre, tout bleu, à dégueuler et à hurler comme une bête. J'ai réveillé tout l'étage — c'était le cri de l'électrocuté moyen ! » (Suite de la page 26.) énorme vague qui surgit et qui emporte David au fond de la mer. Alors la grand-mère se met à pleurer et à gémir  : « Oy, Mein Gott, s'il te plaît, rends-moi mon David, je t'en prie, sinon ils vont dire que c'est ma faute, je t'en prie. » Et voilà que, comme par magie, l'énorme vague revient et dépose David exactement à côté d'elle. La vieille dame regarde David, puis elle fixe le ciel et dit  : « Et le chapeau ? Il avait un chapeau ! » Lui C'est vous, la grand-mère juive ? Hoffman Exactement. Au fait, où est le chapeau ? Lui Vous êtes impliqué dans une quantité de procès. Qu'est-ce qui s'est passé avec Agatha ? Hoffman J'ai intenté une action en justice, et comme d'habitude, je suis poursuivi à mon tour. Le président de First Artists a même essayé de m'empêcher de tourner Kramer pour m'obliger à terminer Agatha. Il a saisi le film la veille du dernier jour de tournage or mon contrat stipule qu'aucune action légale ne peut être menée contre l'artiste. Lui Est-ce que cette expérience, et vos déboires avec Straight Time, vous ont aigri ? Hoffman J'étais dans une situation désastreuse. J'avais un impresario à qui je faisais confiance, et que j'ai dû également poursuivre. Je l'accuse d'entente illicite avec Phil Feldman, de First Artists. Ce genre d'individu a toujours existé. Vous connaissez l'histoire du serpent et de la tortue ? C'est une tortue qui va traverser la rivière, quand un serpent arrive et lui dit  : « Dis-donc, ma vieille, tu veux pas me prendre en stop ? La tortue répond  : « Si j'accepte, tu es capable de me piquer. » « Mais non, dit le serpent, je veux simplement traverser la rivière. Je ne suis pas pressé. » « Et qu'est-ce qui me prouve que tu ne vas rien me faire », rétorque la tortue. « Je ne te ferai rien, promet le serpent. Laissemoi monter sur ton dos, le temps de traverser la rivière ». « Bon, ça va tu peux monter », dit la tortue, et elle se 30 jette à l'eau. Au moment où ils arrivent sur l'autre rive, le serpent descend et pique la tortue dans le cou. « Mais, dit la tortue avant de mourir, qu'est-ce qui t'a pris ? Je t'ai rendu un service, et... » Et le serpent répond  : « Allez, me raconte pas d'histoires, tu le savais depuis le début, que j'étais un serpent... » Lui Très spirituel. D'autres procès en vue ? Hoffman Je sais, ça n'a rien d'amusant, tous ces procès. Cynisme et compagnie. Mais supposons que vous preniez cinq jours de vacances, dans un endroit cher, des vacances qui vous coûtent une fortune. Et qu'un beau matin, en allumant la lumière, vous preniez une décharge de 220 dans les pattes. Impossible de lâcher une prise de 220 volts, avec un fil dénudé. Surtout quand on est pieds nus. Lui Thomas Merton est mort électrocuté par un ventilateur électrique... Hoffman C'est ce que tout le monde me répète. J'ai failli y passer. Ça a duré près d'une minute, et j'ai pensé que j'étais en train de crever. Je sentais que je ne pourrais pas me débarrasser de cette prise. J'étais couché par terre, tout bleu, à dégueuler et à hurler comme une bête. Il paraît que j'ai réveillé tout l'étage. Les gens ont cru que c'était un animal, ce hurlement aigu mais c'était un cri d'électrocuté. Le cri de l'électrocuté moyen ! Lui Qu'est-ce qui vous est passé par la tête, à ce moment-là ? Hoffman Que j'étais en train de perdre la bataille. Autrement dit, que j'allais clamser. Lui Qu'est-ce qui dominait, la peur ? Hoffman Oui, mais c'était plus que la peur, le sentiment de mourir de façon absurde. En général, quand on se représente sa propre mort, ça donne quelque chose d'assez prétentieux. Lui Votre nécrologie aurait pu dire  : « Dustin Hoffman est mort hier dans un accident stupide. » Hoffman C'est l'idée qui m'a traversé l'esprit. Pas la nécro, mais le fait que j'allais mourir comme ça, en allumant une lampe. Personne ne veut mourir, mais quand il faut y passer on se dit  : Pourquoi moi, et pas les autres ? Tous les autres ? C'est le fantasme le plus narcissique du monde  : la fin du monde. Ce qui nous fait peur, c'est de ne plus être là, de se sentir exclus de tout ce qui se passe. Voyez Jim Jomes et l'affaire de Guyana. Avant de se suicider, il s'est assuré qu'il aurait de la compagnie. Lui Vous trouvez une grande satisfaction dans votre travail ? Hoffman Satisfaction ? Vous savez ce que Baryshnikov m'a répondu quand je lui ai demandé comment il se jugeait en tant que danseur ? « J'ai peut-être été un danseur trois fois dans ma carrière. » Trois fois. Demandez à Jimmy Connors ou à Chris Evert. Vous avez déjà vu Christ Evert s'amuser sur un court ? Jamais. Elle est audelà. Ça ne l'intéresse pas. Vous parlez de satisfaction, mais c'est plus compliqué. En fait, vous n'avez pas le choix. C'est un besoin irrépressible de dépasser tout ce qu'on a fait jusque-là. Comme Picasso, qui est mort à quatrevingt douze ans en essayant de se lever de son lit. Le but, ce n'est pas ce moment de joie suprême qui d'ailleurs se produit, de même qu'on ne fait pas l'amour uniquement pour arriver à l'orgasme, mais pour des tas d'autres raisons. Il y a des choses qu'on peut partager et qui sont au-delà des mots. Et la parole est incapable de décrire ce niveau de communication. Voilà ce que l'art nous montre. Lui Qu'est-ce que vous faites ? (Hoffman passe sa main dans mes cheveux) Hoffman J'avais envie de faire ça, c'est tout. Vous avez les cheveux très courts, comme un petit garçon. Je déteste les grandes personnes. Nous mentons en parlant de nous comme des « grandes personnes »... Lui Vous voulez dire, quand nous « jouons » à être des grandes personnes ? Hoffman Vous êtes délicieusement coiffée, et si vous êtiez un gosse, les adultes trouveraient (Suite page 34.)
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