Lui n°193 février 1980
Lui n°193 février 1980
  • Prix facial : 7 F

  • Parution : n°193 de février 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 138

  • Taille du fichier PDF : 136 Mo

  • Dans ce numéro : une nouvelle policière de Woody Allen.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 112 - 113  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
112 113
BARBRA SUPER WOMAN De gens pourtant peu enclins aux louanges, elle reçoit une « standing ovation » — plus importante qu'aucun Prix Officiel, une salle entière debout, l'acclamant... (Suite de la page 111.) elle épouse Elliott Gould, elle, la « désespérée-de- Williamsburg », à Brooklyn, elle qui, en deux ans, est devenue coup sur coup vedette de télé, actrice de théâtre, et surtout, une chanteuse dont les quatre albums en circulation se vendaient, il fallut se rendre à l'évidence, par millions ! Pour une soi-disant victime-née »... Indiscutablement, l'année 1964 aura été déterminante, dans ce début de carrière pour le moins frappant voire « brutal », tant par sa rapidité que par son ampleur... Grâce à un certain Ray Stark, fondateur depuis peu de temps à New York d'une agence réservée aux comédiens de théâtre, Barbra change, début mars, de théâtre et de rôle  : elle répète, dans une effervescence exténuante, les phrases, les gags, les mélodies, d'une comédie musicale dont la première représentation est annoncée pour le 26 avril 1964, et où il a été décidé qu'elle jouerait le personnage moteur  : Funny Girl, signé Isobel Lenhardt pour le livret, Styne et Merrill pour les chansons, face au comédien Sydney Chaplin. Recevant l'été de la même année un envoyé spécial de l'hebdommadaire Newsweek, Barbra lui déclare  : « De trop courtes semaines, intenses, de répétitions ; quarante ou quarante et une versions de la même scène, la scène finale... Je me demande comment Funny Girl, au théâtre, ne m'a pas rendue folle. D'ailleurs je plaisante... Il m'a rendue folle ! » En effet, qu'est-ce qu'un mois, ou un mois et demi, lorsque l'on se trouve de la sorte projetée dans le personnage énorme de la « star des stars » des années trente, Madame Fanny Brice, la vedette loufoque et adulée par un public gigantesque, du temps qu'elle fut « la découverte » de ce nabab somptueux de la comédie musicale, à sa saison d'or, Florenz Ziegf field ? Et lorsque le rôle ne vous autorise guère à vous écarter de la scène plus de deux fois en trois heures de spectacle, exigeant en outre 112 que vous sachiez jongler avec l'humour, la voix, la danse, et environ vingt-cinq tableaux différents... Le 27 avril 1964, le critique du New York Times, Walter Kerr, publiait dans son journal, sous le titre de  : Une consécration logique, un article dont les premiers mots suffisent, si l'on souhaite avoir à l'esprit « ce qui se passa » le soir de la première représentation publique  : « Nous le savions bien, nous tous, assis là dans cet immense théâtre, que Barbra Streisand parviendrait inévitablement à être une star... Voilà une affaire réglée  : elle l'est, et dans quelle mesure ! » Quel tourbillon, d'un coup ! Même Stark, l'homme rude, le manipulateur de dollars et de comédiens, oui, même cet homme assez peu avenant éprouva un trouble considérable, de ce succès venu en une soirée... Barbra ressuscitait, tout à coup, en devenant Fanny Brice, une figure glorieuse avec laquelle on n'allait plus tarder de la confondre !... Signalons ce détail (qui est beaucoup plus, en réalité...)  : Barbra Streisand aura été la seule, et cette indication est vérifiable, la seule artiste des années soixante à susciter parmi des spectateurs cependant peu enclins, d'ordinaire, aux louanges, les spectateurs des premières, une telle stupeur, une joie si entière ; elle allait devoir affronter, dix minutes seulement après le lever du rideau, ce rude bonheur  : une « standing ovation » plus importante qu'aucun Grand Prix officiel, une salle entière se dressant d'un coup, et l'acclamant pendant d'interminables minutes... Fin 1966, Barbra Streisand est la jeune femme la plus notoire du monde du spectacle américain. Elle a eu droit, déjà, à cinq Emmies, un Tony (prix décerné par la critique à la plus remarquable performance du côté du théâtre) ; elle a obtenu la couverture des magazines Time, Newsweek, Look, Life, Cosmopolitan ; elle a même provogué une mode-Streisand, dont la revue Vogue n'a pas manqué de se faire l'écho. Et, pour la deuxième fois, elle va concrétiser le fameux Let's Go West  : à la demande du cinéaste William Wyler, elle quitte l'Est du pays pour la Californie, les plateaux de Hollywood. Funny Girl va bientôt devenir une oeuvre filmée, dont elle sera la vedette. Wyler retint, par ailleurs, pour le rôle masculin, le comédien sorti glorieux, dix-huit mois plus tôt, du film de David Lean, Docteur Jivago c'est-àdire Omar Sharif ! A peine le tournage eut-il commencé, il arriva cet « accident politique », retentissant à l'échelle mondiale  : le 5 mai 1967 au matin, ce fut, soudain, le début de la dramatique Guerre des Six Jours. Streisand et Sharif, aussitôt, devinrent la cible priviligiée des journaux de la terre entière. De tous côtés on s'étonna que Sharif, acteur égyptien, eût accepté d'être, à l'écran, la co-vedette de Barbra la juive. On se rappelle quels remous provoqua l'attitude de l'un comme de l'autre, à cette époque. Elégant et ironique, Omar Sharif déclarait  : « Vous savez, je n'ai encore jamais demandé sa nationalité à une femme avant de l'embrasser... » Quant à Barbra, elle indiquait, d'un ton rieur  : « Les fureurs du Caire sont bien peu de chose, comparées à la lettre indignée que j'ai reçue il y a peu de ma tante Rose ! » Et c'est, au printemps de 1969, à la fois l'apothéose » et la vraie naissance de Streisand au niveau qui seul compte, celui de la célébrité internationale  : Barbra obtenait l'Oscar de la meilleure actrice de l'année, pour son premier rôle devant des caméras ! C'était il y a bientôt onze ans... Et, au cours de ces onze années, Barbra, aujourd'hui âgée de trente-huit ans, va s'efforcer d'élargir le champ de ses possibilités. Sa singularité ?... » nous disait il y a peu l'homme qui, depuis 1965, est en même temps son directeur musical et son ami le plus chaleureux peut-être, le musicien français Michel Legrand. « Je crois qu'elle réside en ceci  : Barbra est une anxieuse-née ; non seulement elle entend être la pre- (Suite page 136.)



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Lui numéro 193 février 1980 Page 1Lui numéro 193 février 1980 Page 2-3Lui numéro 193 février 1980 Page 4-5Lui numéro 193 février 1980 Page 6-7Lui numéro 193 février 1980 Page 8-9Lui numéro 193 février 1980 Page 10-11Lui numéro 193 février 1980 Page 12-13Lui numéro 193 février 1980 Page 14-15Lui numéro 193 février 1980 Page 16-17Lui numéro 193 février 1980 Page 18-19Lui numéro 193 février 1980 Page 20-21Lui numéro 193 février 1980 Page 22-23Lui numéro 193 février 1980 Page 24-25Lui numéro 193 février 1980 Page 26-27Lui numéro 193 février 1980 Page 28-29Lui numéro 193 février 1980 Page 30-31Lui numéro 193 février 1980 Page 32-33Lui numéro 193 février 1980 Page 34-35Lui numéro 193 février 1980 Page 36-37Lui numéro 193 février 1980 Page 38-39Lui numéro 193 février 1980 Page 40-41Lui numéro 193 février 1980 Page 42-43Lui numéro 193 février 1980 Page 44-45Lui numéro 193 février 1980 Page 46-47Lui numéro 193 février 1980 Page 48-49Lui numéro 193 février 1980 Page 50-51Lui numéro 193 février 1980 Page 52-53Lui numéro 193 février 1980 Page 54-55Lui numéro 193 février 1980 Page 56-57Lui numéro 193 février 1980 Page 58-59Lui numéro 193 février 1980 Page 60-61Lui numéro 193 février 1980 Page 62-63Lui numéro 193 février 1980 Page 64-65Lui numéro 193 février 1980 Page 66-67Lui numéro 193 février 1980 Page 68-69Lui numéro 193 février 1980 Page 70-71Lui numéro 193 février 1980 Page 72-73Lui numéro 193 février 1980 Page 74-75Lui numéro 193 février 1980 Page 76-77Lui numéro 193 février 1980 Page 78-79Lui numéro 193 février 1980 Page 80-81Lui numéro 193 février 1980 Page 82-83Lui numéro 193 février 1980 Page 84-85Lui numéro 193 février 1980 Page 86-87Lui numéro 193 février 1980 Page 88-89Lui numéro 193 février 1980 Page 90-91Lui numéro 193 février 1980 Page 92-93Lui numéro 193 février 1980 Page 94-95Lui numéro 193 février 1980 Page 96-97Lui numéro 193 février 1980 Page 98-99Lui numéro 193 février 1980 Page 100-101Lui numéro 193 février 1980 Page 102-103Lui numéro 193 février 1980 Page 104-105Lui numéro 193 février 1980 Page 106-107Lui numéro 193 février 1980 Page 108-109Lui numéro 193 février 1980 Page 110-111Lui numéro 193 février 1980 Page 112-113Lui numéro 193 février 1980 Page 114-115Lui numéro 193 février 1980 Page 116-117Lui numéro 193 février 1980 Page 118-119Lui numéro 193 février 1980 Page 120-121Lui numéro 193 février 1980 Page 122-123Lui numéro 193 février 1980 Page 124-125Lui numéro 193 février 1980 Page 126-127Lui numéro 193 février 1980 Page 128-129Lui numéro 193 février 1980 Page 130-131Lui numéro 193 février 1980 Page 132-133Lui numéro 193 février 1980 Page 134-135Lui numéro 193 février 1980 Page 136-137Lui numéro 193 février 1980 Page 138