Lui n°193 février 1980
Lui n°193 février 1980
  • Prix facial : 7 F

  • Parution : n°193 de février 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 138

  • Taille du fichier PDF : 136 Mo

  • Dans ce numéro : une nouvelle policière de Woody Allen.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 108 - 109  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
108 109
BARBRA SUPER WOMAN K Je me demande parfois comment tout ça m'est arrivé... Vous avez vu mon nez ? Et ma silhouette, comparée à celle d'une Marilyn Monroe ou d'une Jane Russel ? Dans l'ordre, c'étaient  : Presley, Barbra, Tom Jones, puis assez loin après eux, Sinatra et Liza Minnelli. » « Jusqu'il y a deux ans et demi... » Oui, jusqu'au 17 août 1977, date du décès inattendu du « roi Presley » dans son immense et mystérieux palais de Memphis (Tennessee). Le directeurgérant de l'Hotel de Las Vegas, dans le Nevada, précise  : « J'ai bien dit "dans l'ordre..." Désormais c'est Streisand, sans discussion possible, qui vient en tête. » Il ajoute, comme réjoui du constat ! « Après tout c'est bien normal ! Barbra n'a-t-elle pas inauguré l'Hotel, lors de sa création en été 1970 ?... » Changeons d'Etat, regardons ce qui se passe du côté de la Californie. Le cas et les propos sont, là, presque identiques... En ce début d'année 1980, les trois actrices le plus souvent sollicitées à Hollywood sont  : Jane Fonda (Oscar en 1971 pour Klute, puis en 1978 pour Retour), Faye Dunnaway (Oscar pour Network, en 1977, et récente vedette des Yeux de Laura Mars), enfin Barbra Streisand (Oscar en 1969 pour son premier rôle, dans le Funny Girl de William Wyler, puis en 1976 pour la musique du film conçu, interprété et en partie réalisé par elle-même  : Une étoile est née assez audacieuse « version n°4 », qui n'a pas manqué de détracteurs, d'adversaires farouches, mais... fut un réel triomphe ! ) Immanquable revers d'une telle célébrité  : Barbra Streisand, même dans son pays, est mal connue. Qui donc est-elle, cette jeune femme de trentehuit ans, célébrée à l'échelon international depuis 1963, soit depuis sa fracassante irruption dans le domaine du spectacle dès l'enregistrement de People, pour ce qui est du disque, ou du succès extravagant qu'elle a connu dès la période des répétitions de la comédie musicale d'Isobel Lenhardt montée à Broadway, Funny Girl ? Barbra n'était âgée, alors, que de vingt et un ans... Qui est-elle, et aussi, que représente-t-elle, quelle singularité, quelle démarche ? C'est quoi, l'histoire 108 de Barbra Streisand ?.. « Je me demande parfois comment tout ça m'est arrivé... Et j'en reste assez perplexe... Vous avez vu mon nez ? Ma silhouette peu séduisante, quand on la compare à l'allure d'une Marilyn Monroe ou d'une Jane Russell, ou encore à celle d'une Catherine Deneuve, aujourd'hui ? » C'est vrai que Streisand paraît à beaucoup agaçante, inaccessible, ou encore d'une arrogance rare ; mais cet aspect fuyant, lointain, ne faudrait-il point l'imputer d'abord, en elle, à une gigantesque timidité, une timidité « totale » ?.. Au risque de bousculer nombre de certitudes, ou plutôt dans l'espoir de le faire enfin !.. Il faut le dire  : Barbra Streisand est une personne fragile, inquiète, anxieuse d'un rien. Et une personne qui « revient de loin »... D'un des six districts du quartier juif de Brooklyn, à New York. Elle y naît le 21 avril 1942, dans ce qu'elle s'est toujours contentée de décrire en trois mots, « une demeure modeste »... Moins d'une semaine plus tard, premier incident notable  : sa mère va déclarer sa naissances aux services de mairie de Williamsburg. Elle est bien résolue à prénommer son enfant Barbara  : « That's a nice first name, honey, don't you think so ? » (Joli prénom, n'est-ce pas ?) , dit-elle d'une voix un peu éteinte à l'employée qui la reçoit. Cette mère a un problème  : elle est absolument illettrée ! La préposée au registre des naissances voudra-t-elle bien écrire, à sa place, le prénom choisi ? D'une plume hâtive, elle porta sur son registre le prénom de Barbra, ôtant ainsi, négligence fatale et dont les suites allaient être multiples, une voyelle, un « a », au prénom retenu par Madame Streisand-mère. C'était fait  : l'unique Barbra sur terre, existait !.. Evidemment, si son propre père n'avait pas eu la méchante idée de mourir alors qu'elle n'avait que quinze mois... « J'aurais été autre, entièrement autre, si j'avais connu mon père !... Toute mon enfance, toute mon adolescence, j'ai rêvé, jusqu'à en être obsédée, de paraître, je ne dirai pas  : séduisante, c'était hors de question ! mais au moins "un peu féminine"... Si nous n'avions pas manqué à ce point d'argent, à la maison, j'aurais mis dare-dare à exécution ce projet secret de faire rectifier mon nez... » Si on lui pose alors la question  : « Selon vous, qu'est-ce qui vous a rendue célèbre, d'où vous est venue cette voix exceptionnelle, bien avant le théâtre, en 1963, puis le cinéma, en 1967-1968 ? » Elle vous répondra d'un ton d'évidence flagrante  : « C'est à mon nez, à ma cloison nasale déviée, que je dois tout ! S'il m'avait été loisible de procéder à la rectification chirurgicale longtemps souhaitée, il n'y aurait jamais eu de Streisand, voyons... » Nous y voilà ! Streisand nomme Streisand, la jeune femme se désigne ellemême, et d'un ton fort naturel, comme un « phénomène » conscient de ses particularités comme de sa popularité immense. Ses particularités ? Elle en indique volontiers trois, qu'elle a depuis l'enfance et qui, pour s'être modifiées plus ou moins avec les années, n'ont toutefois jamais cessé de lui sembler des points de repère fondamentaux  : « D'abord il y a ce nez dont j'ai parlé ; puis mon allure, mes gestes ; enfin (et surtout) le fait que je sois juive... Je ne sais pas très bien ce que cela signifie, je vous l'avouerai, cette indication. Mais c'est désormais très important, pour moi, d'être et de me savoir et de me signaler comme juive. Ma judéité, c'est très peu une affaire de religion ; si j'ai été une gosse plus que croyante, sans doute à cause de mon entourage, tant familial que scolaire  : j'ai appris pendant des années, à raison d'une heure de cours par semaine, l'hébreu. Et j'ai été à l'âge de seize ans la camarade-decantine quotidienne d'un grand dadais au rire délirant, un jeune homme de quinze ans qui ne manisfestait d'intérêt que pour deux choses au monde  : la lecture du journal (Suite page 110.)
I 1 111 111 > IN ` Oro 111 - fr 109



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Lui numéro 193 février 1980 Page 1Lui numéro 193 février 1980 Page 2-3Lui numéro 193 février 1980 Page 4-5Lui numéro 193 février 1980 Page 6-7Lui numéro 193 février 1980 Page 8-9Lui numéro 193 février 1980 Page 10-11Lui numéro 193 février 1980 Page 12-13Lui numéro 193 février 1980 Page 14-15Lui numéro 193 février 1980 Page 16-17Lui numéro 193 février 1980 Page 18-19Lui numéro 193 février 1980 Page 20-21Lui numéro 193 février 1980 Page 22-23Lui numéro 193 février 1980 Page 24-25Lui numéro 193 février 1980 Page 26-27Lui numéro 193 février 1980 Page 28-29Lui numéro 193 février 1980 Page 30-31Lui numéro 193 février 1980 Page 32-33Lui numéro 193 février 1980 Page 34-35Lui numéro 193 février 1980 Page 36-37Lui numéro 193 février 1980 Page 38-39Lui numéro 193 février 1980 Page 40-41Lui numéro 193 février 1980 Page 42-43Lui numéro 193 février 1980 Page 44-45Lui numéro 193 février 1980 Page 46-47Lui numéro 193 février 1980 Page 48-49Lui numéro 193 février 1980 Page 50-51Lui numéro 193 février 1980 Page 52-53Lui numéro 193 février 1980 Page 54-55Lui numéro 193 février 1980 Page 56-57Lui numéro 193 février 1980 Page 58-59Lui numéro 193 février 1980 Page 60-61Lui numéro 193 février 1980 Page 62-63Lui numéro 193 février 1980 Page 64-65Lui numéro 193 février 1980 Page 66-67Lui numéro 193 février 1980 Page 68-69Lui numéro 193 février 1980 Page 70-71Lui numéro 193 février 1980 Page 72-73Lui numéro 193 février 1980 Page 74-75Lui numéro 193 février 1980 Page 76-77Lui numéro 193 février 1980 Page 78-79Lui numéro 193 février 1980 Page 80-81Lui numéro 193 février 1980 Page 82-83Lui numéro 193 février 1980 Page 84-85Lui numéro 193 février 1980 Page 86-87Lui numéro 193 février 1980 Page 88-89Lui numéro 193 février 1980 Page 90-91Lui numéro 193 février 1980 Page 92-93Lui numéro 193 février 1980 Page 94-95Lui numéro 193 février 1980 Page 96-97Lui numéro 193 février 1980 Page 98-99Lui numéro 193 février 1980 Page 100-101Lui numéro 193 février 1980 Page 102-103Lui numéro 193 février 1980 Page 104-105Lui numéro 193 février 1980 Page 106-107Lui numéro 193 février 1980 Page 108-109Lui numéro 193 février 1980 Page 110-111Lui numéro 193 février 1980 Page 112-113Lui numéro 193 février 1980 Page 114-115Lui numéro 193 février 1980 Page 116-117Lui numéro 193 février 1980 Page 118-119Lui numéro 193 février 1980 Page 120-121Lui numéro 193 février 1980 Page 122-123Lui numéro 193 février 1980 Page 124-125Lui numéro 193 février 1980 Page 126-127Lui numéro 193 février 1980 Page 128-129Lui numéro 193 février 1980 Page 130-131Lui numéro 193 février 1980 Page 132-133Lui numéro 193 février 1980 Page 134-135Lui numéro 193 février 1980 Page 136-137Lui numéro 193 février 1980 Page 138