Lui n°192 janvier 1980
Lui n°192 janvier 1980
  • Prix facial : 7 F

  • Parution : n°192 de janvier 1980

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 114

  • Taille du fichier PDF : 130 Mo

  • Dans ce numéro : le petit chaperon rose... et Lili... Anne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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COUP DE PIED DANS LES PARTIS Très important un zob, songe Ginette dans l'arrière-salle de sa pensée. Un homme, c'est sa queue, pour les femmes qu'il aime. Louis XIV possédait-il un beau paf ? Et Einstein ? (Suite de la page 72.) ici, pauvre et vivante, éclopée et sanieuse, et qu'il est odieux de ne pas écrire ce qui est quand on sait de sources fieffées que ce qui est est. De plus, ô mon lecteur inavouable, songe que je n'aurais jamais conçu ni entrepris une oeuvre de cette majuscule importance si je ne t'avais emmerdé préalablement, ce de manière indélébile, formelle et indexée. Le Président avance sa main manucurée jusqu'au poste téléphonique monté sur un bras pivotant. Il décroche, appuie sur une touche bleu-des-mersdu-sud. La voix de Ginette Alcazar lui arrive comme un air d'autrefois dans un coin de rue à circulation unilatérale alternée. — Bonjour, monsieur le Président. - Où en êtes-vous de mon discours de Saint-Germain-en-Laye ? — Je l'ai terminé cette nuit, monsieur le Président, il ne me reste plus qu'à le dactylographier. — Apportez-le ! — J'arrive, monsieur le Président. Ginette Alcazar raccroche. Elle sait ce qui l'attend. Passe aux lavabos pour un petit rafraîchissement express, troque sa culotte blanche d'honnête femme contre une culotte noire à dentelle de secrétaire particulière. Parée ! Elle se visionne un tantisoit dans la glace. Bien qu'elle soit très moche, elle s'estime simplement pas très belle car c'est une femme dotée d'une grande objectivité. Son chien, une horrible chose à poils longs qu'il convient d'examiner longtemps avant de déterminer où se trouve sa tête, et par conséquent, sa queue, jappe allégrement. — Tout à l'heure, Titan, tout à l'heure ! lui miellise sa maîtresse. Elle empare le dossier vert-pomme hébergeant le discours et sort. Le Président, bien qu'il lui arrive d'être superstitieux, raffole du vert. Il le veut très acide. Tout est vert, autour de lui  : les murs, les draps, les dossiers, les automobiles privées (la voiture officielle est d'un beau noir cafard, 80 comme il se doit). Il met des cravates vertes avec ses complets gris, et son compte numéro de l'U b.s. Zurich est plein de dollars. (...) Elle toc-toque à l'auguste chambre et une voix d'auguste lui permet d'entrer. Le Président est beau comme un roi mort, sur sa couche à colonnes. Dans ses draps vert d'eau, avec son pyjama vert amande, gansé de blanc, sa tête illustre ennoblie de cheveux gris à reflets bleutés, il a quelque chose d'authentiquement majestueux. Quand il ferme les yeux surtout. Lorsqu'il les tient ouverts, il reprend l'air de ce qu'il est d'une rusée salope. Ginette Alcazar sourit de bonheur quand elle parvient à l'orée du souverain. Elle est fière de lui, donc plus ou moins amoureuse. D'ailleurs il a une queue très longue et fine de Saint- Cyrien dont il se complaît à lui fouetter les fesses en période euphorique. L'époux de la donzelle, lui, se contente d'un sexe sans agrément, gros mais bref et vaguement tirebouchonné de façon peu sympathique. Très important un zobsonge Ginette dans l'arrière-salle de sa pensée Un homme, c'est sa queue, pour les femmes qu'il aime. Louis XIV possédait-il un beau paf ? Et Einstein ? Ft le chancelier Helmut Schmidt ? Ginette Alcazar s'attend à des frivolités préalables. Quand le géant de la politique la mande en sa chambre, c'est qu'ils vont forniquer avant d'étudier l'agenda du jour. Toujours la même séance  : elle se met à genoux, il fait pareil. S'approche d'elle en jappant, la retrousse, la hume et va cornpisser les plinthes de la pièce avant de venir la prendre en levrette, comme il sied lorsqu'on est un solide bouvier des Flandres à poil dur. La fête terminée, Ginette court chercher son chien, le vrai, puis, cinq minutes plus tard, pousse des hauts cris à la cantonade comme quoi l'hirsute bestiole a souillé la chambre présidentielle. Juan-Carlos se pointe avec sa bombe de mousse Supuro. On évacue le clébai d L'honneur, comme toujours, est saut, pas sain, mais sauf ! Au début de ces ébats secrets, le toutou assistait à la scène, mais on l'en a éloigné depuis le jour où, jugeant sa maîtresse en danger, il mordit les testicules opérationnels du Président. Ces petites bêtes teigneuses sont parfois aussi connes que leurs propriétaires. Contrairement à toute attente, le président Tumelat ne rabat pas le drap du dessus pour découvrir à sa précieuse auxiliaire le siège de ses desseins. Il la contemple sans plaisir, se disant qu'il préfère son cul à sa figure blettissante et qu'on devine jaunâtre sous les fards. Beaucoup de femmes laides sont réhabilitées par leurs fesses, et bien des physionomies inavenantes charrient leur lot de consolation dans un slip. Ginette Alcazar attend le bon vouloir du Prince. Elle s'est oint le soubassement d'eau de toilette et a vaporisé sur les poils blondineurs de sa chatte un nuage made in Mme Rochas que tu m'en diras des nouvelles. — Programme de la journée ? s'informe le Président Ginette le sait par coeur. Le récite comme du Verlaine. — Onze heures trente  : rendez-vous au Siège avec le Président du patronat français. Treize heures, déjeuner à l'Hôtel de Ville avec le maire de Paris et le Premier ministre bamboulais en visite officielle en France. Après-midi à libre disposition jusqu'à dix-sept heures trente. A dix-sept heures trente, réception à l'Elysée. A vingt et une heures, dîner à l'ambassade des Etats-Unis. Le Président renifle d'écoeurement. Il n'apprécie pas les mondanités, les réceptions officielles. Fils du peuple, il préfère les bains de foule de souspréfectures, beaucoup plus tonifiants. Il aime à presser des mains anonymes mais ferventes. Se croit alors guérisseur d'écrouelles, marcheur sur eaux, multiplicateur de pains, ressusciteur de Lazare. Il se délecte en la compagnie des édiles municipaux, faciles à éblouir. Mais ces présidents d'Assemblée nationale ou de la (Suite p.94.)
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