Lui n°190 novembre 1979
Lui n°190 novembre 1979
  • Prix facial : 7 F

  • Parution : n°190 de novembre 1979

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 222

  • Taille du fichier PDF : 200 Mo

  • Dans ce numéro : les neuf plus belles filles de Lui.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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PLACE AUX JAUNES ! Le démantèlement de la French Connection se solda par le jugement de vingt-neuf personnes. Mais les Chinois s'étaient déjà organisés. Avec les Corses... (Suite de la page 102.) « Brown Sugar ». Acheminée depuis le Triangle d'Or de l'opium, à la frontière de la Birmanie, via Bangkok, Singapour, Dublin ou Düsseldorf, l'héroïne arrivait à Amsterdam, cachée dans des mallettes à double fond ou des clubs de golf, puis passait aux U.s.a. Ce nouveau circuit venait de remplacer le réseau qui, dans les années soixante, passait par Hong Kong, Londres et Toronto. C'est au printemps de 1976 que Chan Yuan Muk, un membre de la triade 14 K arrivé de Hong Kong sept mois auparavant, fut assassiné à Amsterdam, de trois balles dans la tête. Un groupe de tueurs d'élite débarqua à Amsterdam pour le venger. En représailles, Jerry Yip (dix-huit ans) et son amie Chow Kim Lang furent abattus de plusieurs balles dans la tête. Les stups hollandais augmentèrent leurs effectifs, qui passèrent de neuf à cinquante. Cent cinquante chiens furent spécialement dressés à détecter l'héroïne et patrouillèrent sur la frontière germano-hollandaise. Mais les neuf dixièmes de la drogue circulaient toujours. A Marseille, le démantèlement de la French Connection se solda par le jugement de vingt-neuf personnes en juillet 1974. Mais les Chinois avaient déjà organisé une solution de rechange, en association avec le gang des Corses. Il fallut attendre 1976 pour que la Dst ouvre une enquête. En mars 1977, un certain nombre de restaurants chinois furent placés sous surveillance. « Les Triades ? Ces gens sont très forts, dit un haut fonctionnaire de la police française. Particulièrement au sein du Milieu européen. Dieu veuille qu'ils ne s'allient jamais avec la Mafia, ou avec les Corses. » Or, au début de 1977, les preuves commencèrent à s'accumuler  : la France était redevenue l'un des principaux fournisseurs d'héroïne pour les U.s.a. Une centaine de Corses émigrés à Bangkok servaient d'intermédiaires avec les Triades chinoises. Les craintes 104 de la police française étaient confirmées. Il y avait de l'argent à ramasser  : la consommation de drogue en Europe croissait à une allure vertigineuse, et le Brown Sugar se vendait à plus de cent cinquante dollars le gramme aux Etats- Unis. Les Triades saisirent l'occasion et prirent en main l'approvisionnement et dans une moindre mesure la distribution de l'héroïne. La montée des Triades entraîna une nouvelle vague de meurtres, non seulement dans les grandes villes d'Asie du Sud- Est, à Londres, à Amsterdam, à New York et à San Francisco, mais partout où l'on trouvait une communauté chinoise, à Chicago comme à Toronto. A Bangkok, où l'on peut se procurer du Brown Sugar aussi facilement que de la « blanche », un agent des Stups américains a déclaré  : « Pour les barons chinois de l'héroïne, il ne s'agit pas de rafler de l'argent rapidement gagné. Ils considèrent le trafic de la drogue comme une activité commerciale dont le développement doit être assuré par tous les moyens. Parlez-en plutôt au chef d'une Triade si vous en trouvez un, bien entendu ». Alors, qui sont les Triades ? De simples gangsters ? Un équivalent exotique de la Mafia ? En tout cas, un vrai casse-tête chinois. La complication de leur organisation interne n'a d'égale que l'étendue de leur influence et la férocité de leurs luttes intestines. Leur origine remonte au XVIIe siècle, à l'époque de la rébellion des Chinois contre leurs maîtres mongols, les Mandchous. Les Cinq Premiers Ancêtres, des moines boudhistes, fondèrent la Société des Trois Harmonies, d'où devaient dériver les Triades. Elles se développèrent dans la Chine du Sud, unies par un slogan  : « Fan Ching Fu Ming » (« A bas les Mandchous, restaurons les Ming »). Clandestines et décentralisées, les Triades inventèrent leurs propres rituels et leur langage. Mais les révoltes des paysans de la Chine du Sud échouèrent l'une après l'autre. Pour poursuivre la lutte, les Triades avaient besoin d'argent. Elles n'eurent que peu de scrupules quant aux moyens de s'en procurer. C'est ainsi qu'en 1845, trois ans après que les Anglais aient pris possession de Hong Kong, les autorités proclamèrent un décret mettant les Triades hors-la-loi. L'appartenance à une Loge entraînait une peine de trois ans de prison, le marquage de la joue gauche, et, châtiment suprême, la déportation. Finalement, c'est grâce à Sun Yat Sen que Hong Kong devint la base principale des Triades. Nationaliste, Sun chercha à utiliser leur puissance, qu'il connaissait, dans la longue série de révoltes qu'il fomenta contre les derniers Mandchous. En 1895, après l'écrasement de la révolte de Canton, des milliers de républicains se réfugièrent en territoire britannique. Sun chargea les Chung Wo Tong de coordonner le soutien des Triades aux nationalistes. Ainsi naquirent les Triades Wo, qui régnèrent sur Hong Kong de 1912 à 1949. En 1911, la Chine du Sud s'embrasa. La révolte civile et les mutineries dans l'armée éclatèrent simultanément. Cette fois, elles l'emportèrent. Le 15 février 1912, Sun Yat Sen, président provisoire de la République chinoise, put se rendre sur les tombes des Ming et informer les mânes des empereurs défunts que les Mandchous avaient fait leur temps. C'est alors que commença la dégénérescence des Triades, dont le patriotisme s'évanouit pour faire place à des appétits plus terre à terre. Leur raison d'être disparaissait avec leurs adversaires, les Mandchous ; mais leurs chefs, leurs membres, leurs organisations refusèrent de disparaître. De fait, les Triades avaient encore un rôle politique à jouer. Le successeur de Sun, Chang Kai Shek, se servit des Green Pan de Shanghai pour massacrer ses ennemis communistes. Vingt ans après, en 1947, le général nationaliste, Kot Sin Wong, enrôla toutes les triades de la province de Canton sous son commandement. L'adresse de son Q.g. à Canton (14 Po Wak (Suite page 118.)



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