Lui n°189 octobre 1979
Lui n°189 octobre 1979
  • Prix facial : 7 F

  • Parution : n°189 de octobre 1979

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 226

  • Taille du fichier PDF : 271 Mo

  • Dans ce numéro : la fabuleuse Laura.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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PANNE DES SENS « Ils s'affolent... Ils s'aperçoivent que tout ce qu'ils ont appris, c'est à faire des dollars. Mais pas à se parler. Ni à communiquer. Ni à savoir s'aimer... (Suite de la page 166.) ques... »...Et c'est comme un roman policier idiot. Je vais à des rendez-vous glacés, à huit heures du mâtin, à l'entrée du Jardin Japonais, dans le Golden Gate Park... Mais personne ne vient... Je vais, à dix heures du soir, m'engouffrer dans une cabine téléphonique de la Dix- Septième Rue... Mais personne n'appelle... Et puis je ne vais plus nulle part. Je n'attends plus personne. J'ai compris. Les sexothérapeutes ont raison  : le Sexe, aux Etats-Unis, c'est la honte. « C'est bien pour ça que le Standard du Sexe a tant de succès à San Francisco... » me dit Linda, la standardiste bénévole, dans son petit bureau qui donne sur le parc... «...C'est compréhensible. Les gens sont bien plus décontractés quand ils peuvent poser des questions sans se montrer... » ajoute-t-elle. Et elle sourit. Sur fond de poster épinglé au mur  : un phallus géant qui dit « Je vous aime... ». Moi, je dis  : « Les questions, c'est quoi ? »... « Presque toujours c'est combien de fois par jour ils peuvent se masturber... » lâche-t-elle. Placide... Je dis, oh écoutez. Je dis, j'en ai plein le dos. Je dis mais bon dieu, ces histoires de masturbation, à la fin, ça rime à quoi ?... Derrière ses lunettes à verres roses, ses yeux me fixent avec gravité  : « Voyez-vous, la masturbation c'est la liberté et... ». Plein le dos... Je perds la boule... Je vais prendre des cafés sans fin dans des Coffee-Shop aux quatre coins de la ville... Je regarde les beaux Américains, carrures d'athlètes et sourires hygiéniques. Je regarde les belles Américaines, peaux couleur de popcorn et seins dynamiques. Qui blaguent ensemble. En sirotant leur Coca- Cola ou leur Milk-Shake à l'huître... Je me demande s'ils se masturbent. Je me demande si les serveuses se masturbent. Je me demande si le marchand de journaux, là, dehors, se masturbe. Je me demande si le manager de mon immeuble se masturbeJe perds la boule. Je me dis qu'après tout, peut- 168 être que j'étais folle et ignare. D'avoir passé ma vie à croire que, le Sexe, ça se pratiquait à deux. Peut-être que, en France, on est tous fous et ignares. Peut-être que l'Amérique est en train de donner au monde une grande leçon... Je rentre chez moi. Je me demande si j'ai envie de me masturber. Je me réponds que non, et, du coup, ce que je commence à me demander, c'est si je suis anormale ou quoi ?... Je reste là. A fumer des cigarettes. Et à me dire que je n'écrirai pas cet article... Raconter comme ça que l'Amérique se masturbe pour des raisons que les sexothérapeutes m'ont balancées, on ne me croira pas... Raconter que l'Amérique se masturbe sans raisons du tout, on ne me croira pas non plus... Ce qu'on croira, c'est la vérité. Mais, la vérité, elle est où ? « La vérité, elle est où ? » que je dis...je perds la boule... Parce que ces histoires de masturbation que vous me balancez tous, non, je n'y crois pas... Je ne crois pas que, la masturbation, c'est la liberté et tous ces bobards... »...Autour de nous, c'est une petite pièce blanche sans rien. Autour de la pièce, une petite maison, enfouie dans les arbres de l'université de Berkeley... Le propriétaire de la petite maison, assis en face de moi, c'est mon douzième sexothérapeute. Et le dernier, je vous le jure... « Des bobards, pourquoi ? » qu'il demande. Il est tout rond. Des yeux de hibou. Un chandail bleu. Et, pour une fois, quand même, un vrai diplôme... Je dis  : « Parce que je ne vois pas comment ça peut guérir des gens qui ont des problèmes sexuels d'apprendre à fonctionner pour être heureux tout seuls. Pourquoi pas leur apprendre à fonctionner pour être heureux à deux ? »...Là, d'un coup, il y a un silence. Avec juste le bruit d'un oiseau qui se marre derrière la fenêtre... L'oeil de mon douzième sexothérapeute file vers le tapis. Et, quand il le relève sur moi, cet oeil, ce qui y passe, c'est ce qui passe dans l'oeil des célibataires en quête de nénettes, dans les bars où on drague, sur Union St, la rue chic de San Francisco. Et dans l'oeil des nénettes en quête de Jules, dans les Thés Dansants du Hyatt Regency, le super-palace de la ville. Et dans l'oeil de tous ces Américains de San Francisco qui fréquentent les Soirées pour Célibataires de l'Eglise Presbytérienne, les Dimanches Dansants du Centre Israélite, l'Université et ses conférences  : « Comment être heureux même quand on n'a pas une liaison sentimentale », les Week-Ends de Rencontres Organisées dans les « ranches » de Marin County, les Croisières de Rencontres Organisées, avec trois heures de petit bateau dans les eaux de Sausalito, le Saint-Trop du coin... Et dans l'oeil aussi de tas d'Américains qui ne fréquentent plus rien. Mais qui arpentent les rues en bosses, s'asseyent sur les pelouses du Golden Gate Park, entrent et sortent des immeubles de verre. Avec des têtes qui l'espèrent drôlement aussi, la rencontre... «...60% des habitants de San Francisco n'ont pas de partenaires. 50% des Américains n'ont pas de partenaires... » dit enfin mon douzième sexothérapeute. «...alors ceuxlà, il fallait bien qu'on leur trouve une solution. Parce que, enfin, qu'est-ce qu'ils sont supposés faire de leurs désirs sexuels, hein ? »...Ça, évidemment, je ne sais pas. Mais ce que je ne sais pas non plus, et que je voudrais bien savoir puisqu'il paraît qu'il est là, le vrai problème, ouf, enfin, c'est pourquoi tous ces gens n'arrivent pas à en rencontrer d'autres... Il hoche sa tête de hibou triste  : « Voyez-vous, le grand rêve américain est mort. Et les Américains s'affolent. Ils s'aperçoivent que, tout ce qu'ils ont appris, c'est à faire des dollars. Mais pas à se parler. Ni à se rencontrer. Ni à communiquer. Ni à savoir s'aimer... La maladie du futur, aux Etats-Unis, ça n'est pas le sexe. C'est la solitude. Et c'est de ça seulement qu'ils ont vraiment honte... Mais là... » qu'il dit «...vous devriez peut-être écrire un autre article... ». Marie-Gisèle Landes.
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