Lui n°182 mars 1979
Lui n°182 mars 1979
  • Prix facial : 7 F

  • Parution : n°182 de mars 1979

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 154

  • Taille du fichier PDF : 155 Mo

  • Dans ce numéro : entretien du mois avec Michel Poniatowski.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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GOLDORACKETT Goldorak a été conçu, par ordinateur, à la suite d'une étude de marketing sur tout ce qui marchait dans la presse dessinée, du Groënland à la Terre de Feu... (Suite de la page 58.) sort six dessins animés d'une demi-heure par semaine, soit six fois plus que Walt Disney. Elle « utilise » deux cents personnes payées à l'année et quatre cents spécialistes remunérés au coup par coup. Que l'on imagine Hergé, le père de Tintin, épaulé pour chacun de ses dessins, par deux cents ou trois cents assistants ! C'est de cet ordre-là... Résultat  : Goldorak ne coûte que dix mille francs la minute alors que soixante secondes de dessin animé français pour la télévision reviennent à trente-cinq ou même cinquante mille francs. Leur défaut  : ils se ressemblent tous. Canestrier a croisé plus de dix robots du style Goldorak dans les usines Toei. « Il faut espérer qu'ils ne seront pas tous programmés en France. Cela créerait un phénomène de rejet, une lassitude que le public des enfants japonais ne ressent pas. Nourris dans le sérail de l'industrialisation, ils en connaissent et en admettent les détours. Au Japon, tous ces cartoons sont amortis, rentabilisés et bénéficiaires. A la limite, ces énormes consortiums n'auraient pas besoin de vendre leurs produits à l'Occident mais les japonais veulent réussir à tout prix leur conquête américaine et l'on peut penser qu'ils y sont parvenus si l'on considère que les Etats-Unis ont été récemment contraints de riposter à leur importation massive de produits nippons par une baisse vertigineuse du dollar. Jamais, jusqu'à ce jour, les Japonais n'étaient arrivés à percer le marché européen au niveau du cinéma ou du feuilleton télévision. Le public occidental n'était pas familiarisé avec les acteurs asiatiques. Alors, ils ont essayé avec le dessin animé où il était facile de faire porter yeux bleus et crinière blonde aux personnages. Cela n'a pas marché non plus. Le monde de l'économie occidentale ressentait une sorte d'allergie aux produits japonais, d'autant qu'ils étaient le plus souvent la résultante d'un espionnage industriel que l'on n'est jamais parvenu à juguler. Goldorak est le premier à avoir réussi 118 son entrée sur la scène européenne. Comme tous les produits japonais, il a été le fruit du travail d'une équipe qui a fait, froidement, une étude de marketing à partir de tout ce qui marchait dans la presse dessinée du Groèland à la Terre de Feu. Informations mises bout à bout, Goldorak a été conçu par l'ordinateur japonais, un ordinateur un peu mièvre puisque tout le monde s'accorde à reprocher à Goldorak d'être un dessin animé de très moyenne qualité. Les personnages se contentent d'ouvrir de temps à autre la bouche et les veux, les images sont désespérément fixes. Que sont devenus'nos bons Donald d'autrefois ? Canestrier qui décidemment à découvert la tactique pour défendre à tout prix son film à la réponse facile  : « Un dessin statique, animé au moment opportun, suffit à l'enfant. Si la construction dramatique est bien faite, il saura faire appel à son imagination pour recréer le mouvement. Et c'est précisemment ce qui se passe. Demandez à vos fils. Pour eux, Goldorak est très animé, aussi animé qu'un Walt Disney avec ses vingtquatre images-seconde. Ce qui les fascine, ce n'est pas la technique, c'est l'histoire à laquelle ils participent non seulement en tant que spectateurs, mais aussi en tant qu'auteurs puisqu'ils doivent faire un effort d'imagination et d'invention pour recréer toute une dynamique. C'est le principe de la bande dessinée. L'enfant sait décrypter le langage des dessins, la technique des plongées, contre-plongées, gros plans. Il connaît tous les signes cabalistiques  : l'étoile éclatée pour indiquer une explosion, les « swiptch », les « vla000um », les « fuifffe », ces onomatopées spécifiques à tel claquement d'arme, tel bruit de pneu, telle vitesse. Goldorak emploie ce langage. Il est un code secret qui n'appartient qu'à l'enfant désireux de rompre avec un traditionnel imposé par ses parents et c'est à cause de cette rupture que les pédagogues et les psychologues se sont penchés sur Goldorak. Daniel Fabre, ethnologue-folkloriste estime que Gol- dorak est le signe de la récupération des thèmes apocalyptiques dans la mythologie des gosses, un robot messianique  : « Ses dimensions eschatologiques sont bien perçues par l'enfant ». Certains voient dans Actarus, le prototype du moi atteignant le surmoi. Le langage utilisé dans le feuilleton est aussi l'objet d'analyses. « Métamorphose », c'est la prise de conscience, transfert »  : l'Oedipe, évidemment. Le tunnel qu'Actarus emprunte pour rejoindre son poste de pilotage, le cordon ombilical, le retour dans le ventre de la mère... D'ici à ce que Goldorak soit programmé à Vincennes sur les bancs des lacanistes, il n'y- a qu'un pas. A une époque où tout doit être mis sur carte perforée Goldorak devient, par le canal de quelques torturés mentaux, la résultante d'un trouble neuro-affectif à composante schizophrénique ou panaroïaque de l'enfant. Il est, pour les plus de quarante ans, l'Hitler que les enfants auraient voulu connaître. Il est surtout, un mot magique qui sonne comme un coup de clairon. Jacques Canestrier en explique l'origine  : « Lorsque j'ai découvert Goldorak au Japon, il s'appelait Grendizer. Phonétiquement, Grendizer sonnait mal. Il fallait trouver autre chose. J'ai aligné sur un bout de papier, les noms de tous les héros qui avaient fait carrière  : Drakkar, Zorro, Tarzan, Mandrake, Goliath, Golem, Goldfinger. Pourquoi ai-je pensé à Goldfinger Je ne sais pas, mais ce nom me plaisait. Il correspondait en syllabes à Grendizer et contenait le mot « gold », ce métal qui fascine grands et petits, producteurs et aventuriers en herbe à la recherche du trésor. J'ai combiné Goldfinger et Mandrake, le héros que j'ai le plus aimé dans mon enfance. J'ai obtenu Goldanrak. C'est ma fille aînée, Stéphanie, âgée de huit ans, qui a trouvé le nom définitif... Aujourd'hui, tous les enfants l'appellent Goldo, un diminutif qui prouve qu'il fait partie de la bande des copains. Les noms des autres per- (Suite page 129.)
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