Lui n°182 mars 1979
Lui n°182 mars 1979
  • Prix facial : 7 F

  • Parution : n°182 de mars 1979

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 154

  • Taille du fichier PDF : 155 Mo

  • Dans ce numéro : entretien du mois avec Michel Poniatowski.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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CONTES DE GRIME « Collez deux coins de peau avec du collodion, humectez le tout de quelques gouttes d'hémoglobine, saupoudrez de pus, et le tour est joué ! » (Suite de la page 92.) mar de L'invasion des morts-vivants, de John C i l l ing tourné en 1966... « Je n'ai pourtant pas choisi de devenir un spécialiste du fantastique, » dit Roy Ashton qui vient de terminer les maquillages d'un space-opera des productions\Valt Disney. « Mais j'y ai pris goût, car ce genre de film permet de développer des techniques particulières et d'imaginer d'innombrables effets spéciaux. J'ai d'ailleurs beaucoup travaillé avant la période Hammer pour laquelle j'ai cependant fait plus de quarante films j'ai même maquillé Boris Karloff... en 1934, lorsqu'il est venu en Angleterre tourner pour une maison de production aujourd'hui disparue !... Quant à Westmore, il réalise les maquillages du Culte de cobra de Francis D. Lyon. Il jouait le rôle d'un savant fou dans The man who knew too much, et je lui ai fabriqué entre autres une perruque de cheveux longs. J'ai le souvenir d'un homme charmant, délicieux. Un vrai gentleman, fanatique de cricket. Il était d'ailleurs membre de l'équipe de cricket d'Hollywood... » Un des meilleurs souvenirs de Roy Ashton est la réalisation de la créature fantastique de La nuit du loup-garou (The Curse of the werewolf) réalisé pendant la belle époque de la Hammer. « J'ai beaucoup travaillé à ce maquillage, dit Roy Ashton, pour donner l'impression d'un être effrayant et pathétique. De nombreux cinéphiles l'ont comparé à la créature de La belle et la bête, de Jean Cocteau, mais j'avoue que lorsque j'ai créé mon loupgarou, je n'avais pas vu la version de Cocteau. Pour bien m'imprégner de l'image de la bête, j'ai passé des heures devant les loups du musée d'Histoire naturelle de Londres. J'en ai dessiné des dizaines et j'ai longtemps étudié les différences d'anatomie entre l'homme et le loup. J'ai proposé de réaliser le corps velu en fabriquant une peau couverte de poils, posée sur un collant. J'ai fait un moule en plâtre de la tête et du visage du comédien, et des 102 moules séparés pour le crâne et le front. Le tout relié par des plaques de poils. J'ai ensuite fait les mains et les ongles, semblables à des griffes, et j'ai utilisé des verres de contact pour les gros plans... » Roy Ashton, grand maquilleur, avoue qu'il n'a pas de « secrets », mais simplement de bonnes connaissances, aussi bien en anatomie et en chimie qu'en dessin et dans l'art du moulage. « J'utilise les produits de maquillage vendus dans le commerce, dit-il, car ils sont excellents. Bien sûr, on peut fabriquer soi-même ses mélanges, le « sang » par exemple, à partir de produits chimiques, mais l'hémoglobine classique est aussi efficace. Les plaies, les blessures, sont faites à partir de nombreux éléments, cire, plastique, caoutchouc et même papier. Seuls, je crois, le choix et la pose des diverses couleurs nécessitent quelque talent ». « Les couleurs, c'est ce qui compte, en effet », dit Harry Frampton, maquilleur anglais, frais et rose comme un nouveau-né. « Le dosage doit être minutieux, car un excès peut donner un effet de ridicule et de grotesque. Je ne suis pas un spécialiste du fantastique, mais j'ai maquillé le comédien Christopher Lee dans une adaptation de Dr. Jekyll et Mr. Hyde. La transformation du personnage est basée sur le maquillage et l'apport de divers accessoires  : quatre nez différents, de plus en plus monstrueux, poches sous les yeux aux couleurs malsaines, pustules en plastique... Et un dentiste m'a fait quatre paires de dents montées sur gencives, de plus en plus jaunâtres et déformées, prothèses qui sont ensuite placées sur les dents mêmes du comédien. » Les « trucs » d'Harry Frampton = « Ils n'ont rien de fantastique ! », dit-il, pince-sans-rire. « Je fabrique du sang séché à volonté avec du plastique brunâtre. Le sang frais, tout simplement de l'hémoglobine. Les blessures, même les plus impressionnantes, sont un jeu d'enfant. Et sur le ton d'un cordon-bleu donnant une de ses recet- tes favorites, il ajoute  : « Collez deux coins de peau avec du collodion une colle spéciale bien connue des maquilleurs donnez à l'ensemble une belle couleur chair, humectez le tout de quelques gouttes de sang, saupoudrez de pus, et le tour est joué !... » Noms à résonance anglaise ou américaine  : la France ne semble pas briller au firmament du fantastique. Elle a pourtant eu sa belle époque, lorsque des réalisateurs aussi talentueux que René Clair, Carné, Renoir et surtout Jean Cocteau, ont prouvé que le fantastique, lorsqu'il est proche de la poésie, peut plaire. Aujourd'hui, le seul cinéaste français à ne pas bouder le fantastique et l'épouvante est sans doute Jean Rollin, qui a déjà un passé cinématographique  : une demidouzaine de films où s'étalent vampires, créatures étranges et séduisantes sorcières-nymphettes souvent habillées de leurs seuls charme. Pour maquiller ses comédiens, Jean Rollin fait souvent appel à des copains qui ont été séduits par le sujet de son film. C'est Raphaël Marongiu, trente-cinq ans, maquilleur-dessinateurphotographe, qui a maquillé les étranges créatures des Raisins de la mort, le dernier film de Jean Rollin. « Des pustules, des douzaines de pustules, des cartons entiers de pustules ! » soupire Raphaël Marongiu, « Voilà ce que j'ai fait pendant le tournage ! Car de ces raisins mortels, on tire un vin qui apporte la peste. J'ai réalisé ces pustules en latex d'après un moulage, et je les ai ensuite teintées d'une couleur, disons, malsaine. Ces pustules nous ont d'ailleurs joué bien des tours », ajoute Raphaël Marongiu. « Nous avons tourné le film dans un petit village perdu des Cévennes et nous dînions le soir dans la salle de l'auberge, les comédiens habillés, maquillés, prêts à tourner. Et, à cause de la chaleur, ces satanées pustules se décollaient et tombaient dans la soupe ! Elles ont cependant eu un avantage  : faire fuir les clients éventuels et nous donner un calme (Suite page 127.)
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