Lui n°121 février 1974
Lui n°121 février 1974
  • Prix facial : 5 F

  • Parution : n°121 de février 1974

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 114

  • Taille du fichier PDF : 151 Mo

  • Dans ce numéro : Paul Getty, il roule sur l'or... noir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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MADAM « La directrice est trop occupée pour participer à une quelconque activité sexuelle, sauf s'il s'agit d'exécuter une scène spéciale. » Je pense avoir été l'une des madames les plus jeunes, les plus actives, les plus célèbres de New York. Il se peut que je ne raconte jamais tout cela à mes enfants, si j'en ai un jour — ce que je souhaite de tout mon cœur mais pour le moment, je suis fière de l'empire que j'ai possédé. Peut-être n'aurai-je plus l'occasion de rendre les gens heureux, ce qui ne manquera pas de se produire si les lois archaïques et la pourriture l'emportent, mais je crois que la petite Hollandaise, ambitieuse et active, aura toujours la possibilité d'être heureuse et de donner du plaisir aux autres. Puisse cet ouvrage contribuer à faire un peu mieux connaître cet obscur et mystérieux dédale qu'est le monde de la prostitution contemporaine ! Pu isset-il éclairer le lecteur, le familiariser avec ces personnages souvent méconnus, parfois attachants et toujours passionnants que sont les « madames ». Alors, et alors seulement j'aurai atteint mon hut. En tant que directrice, je dois parfois me montrer dure envers les filles et les clients. Lorsqu'il y a des plaintes. Si un homme me signale qu'une de mes employées n'est pas coopérative, je la prends à part pour lui demander ce qui ne va pas. Si l'incident se reproduit. je lui donne un avertissement, et si cela continue, je suis en général obligée de la renvoyer. Mais si une tille se plaint de la brutalité dun client, j'interviens aussi. Il lui suffit de se glisser dans une des salles de bains attenantes aux chambres, de m'appeler et de m'exposer son problème. Je ne crie pas et je ne fais pas de scene.comme Georgette lorsqu'elle met un ivrogne à la porte, ou Madeleine lorsqu'elle veut se débarrasser d'un homme qui l'a repoussée. Je frappe doucement. je demande la permission d'entrer et j'explique à inon client que sa partenaire prétend être maltraitée. S'il s'avère que la plainte est justifiée, je demande au type de se rhabiller. ou de se faire faire un massacre s'il (n a envie. Je lui offre un 84 café et le prie de quitter les lieux au plus vite, quitte à revenir quand il sera à jeun. En général, la directrice est trop occupée pour participer à une quelconque activité sexuelle, sauf s'il s'agit d'exécuter une scène spéciale. C'est d'autant plus vrai maintenant que le système de lignes téléphoniques a été installé, et que le registre des clients a été réorganisé. Donc, si un homme me désire particulièrement et s'il est prêt à payer le prix fort, j'accepte de coucher avec lui. mais il ne devra pas s'étonner si le téléphone sonne et si je bondis du lit pour y répondre. L'un des grands privilèges de la « madame » c'est de pouvoir se réserver un client. Si un type extraordinaire arrive, je me l'approprie sur-le-champ. L'idéal, c'est de convaincre ce client de payer pour une petite partie à trois, avec moi et ma favorite du moment. Comme ça je prends mon pied et je gagne de l'argent en même temps. Ma situation présente de nombreux avantages, et autant d'inconvénients. Par exemple, mon temps ne m'appartient plus. Quand une fille termine son travail, elle est libre d'aller retrouver son petit ami, ou son mari, et elle peut se reposer. Cela ne m'est pas possible. mais, heureusement pour moi, il se trouve que j'aime mon métier. Aujourd'hui je ne prends presque plus de congé, mais si je n'avais pas de contact téléphonique avec des clients ou des amis dans la journée, je crois que je deviendrais folle. Quand la fatigue s'accumule, et qu'il devient vital pour moi de m'arrêter, je pars à Miami, ou à Las Vegas pour quelques jours, à condition que je trouve quelqu'un pour me remplacer. C'est presque impossible de dénicher l'oiseau rare qui pourra à la fois s'occuper des clients, répondre au téléphone, veiller à ce que tout se passe bien, résister à la tentation de prendre complètement votre place en profitant de votre absence. En juillet dernier, alors que j'avais décidé de partir a ('uraçao, il me fallut trouver une remplaçante. J'avais le choix entre des Argentines qui travaillaient pour moi et des Canadiennes qui venaient d'arriver de Montréal, mais je ne pouvais prendre aucune d'entre elles. D'abord, les clients ne veulent pas entendre une voix à l'accent espagnol quand ils téléphonent. Ils s'imaginent tout de suite que c'est une Portoricaine. Moi, je n'ai pas de préjugés, mais il n'en va pas de même pour eux. Quant aux Canadiennes, je savais que leur intérêt pour le métier était purement financier. Je finis par trouver une tille nommée Wanda, qui était professeur d'histoire à l'université de New York, et avait la tète sur les épaules. Sa seule ambition était de gagner un peu d'argent en venant travailler chez moi épisodiquement. Elle était honnête et travailleuse mais — je m'en aperçus à mon retour — elle manquait de poigne. Incapable de diriger les filles, elle n'avait pu empêcher une Canadienne et une Argentine de se crêper le chignon à propos d'un client. Mes livres étaient en désordre et je me jurai bien, la prochaine fois, de faire installer un répondeur automatique. Je n'aime pas utiliser ce procédé, car il me donne le sentiment de tromper mes clients. Madeleine fermait boutique à trois heures du matin. Elle décrochait ses téléphones jusqu'à midi. Mais la plupart de mes habitués considèrent ma maison comme un second foyer et s'attendent à ce que je sois là vingtquatre heures sur vingt-quatre. Certains d'entre eux viennent pour le petit déjeuner, et ceux qui travaillent dans le coin passent fréquemment aux alentours de midi. Au lieu d'aller manger dans un restaurant, ils se font monter de la nourriture et passent un moment avec l'une des filles. Ensuite, il y a les rendez-vous de l'après-midi ; en général tout est assez calme jusqu'à onze heures du soir. Le coup de feu a lieu entre vingt-trois heures et quatre heures du matin. Il arrive qu'il se prolne.,\laiiitenant que je suis une X111 1 ; inie', je re'gre'tte (Suite page
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