Lui n°121 février 1974
Lui n°121 février 1974
  • Prix facial : 5 F

  • Parution : n°121 de février 1974

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 114

  • Taille du fichier PDF : 151 Mo

  • Dans ce numéro : Paul Getty, il roule sur l'or... noir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ENTRETIEN « Dans le métier d'acteur, on a beaucoup de temps libre, on n'a rien à foutre pratiquement. » (Suite de la page 8.) n'est pas mon métier de peindre. Je vais y aller simplement pour entendre ce que les gens vont dire de ma peinture. Bon, si les critiques disent en regardant mes toiles... ce type barbouille comme un cochon... je penserais qu'ils ont bien raison de le dire puisque je peins effectivement comme un cochon. Seulement voilà, c'est toujours rigolo de faire une exposition de peinture et je ne vois pas pourquoi je me priverais d'une bonne occasion de rigoler. Lui Autrement dit, on peut vous proposer absolument n'importe quoi. Si ça vous amuse et si vous avez le temps, vous êtes prêt à essayer ? Panne Mais oui, facilement. Lui Et vous allez vous détacher du métier d'acteur... Panne Oui, certainement. D'ailleurs, je le fais déjà. Je passe de plus en plus de l'autre côté de la caméra. Moi, ce que je veux, c'est passer complètement derrière la caméra, d'abord parce que c'est plus intéressant et ensuite parce que, « tenir » un film, c'est vraiment se rendre compte et être responsable de tout ce qui peut lui permettre de bien marcher, de fonctionner. Dans le métier d'acteur, on a beaucoup de temps de libre. On n'a rien à foutre pratiquement. Dans un film de deux mois de tournage il y a quoi ? Vingt jours de travail, même pour un rôle important, alors qu'un filmentier, c'est huit mois de travail. En réalité, ce qui m'intéresse, ce sont les deux mois de préparation, les deux mois d'écriture... et puis les mois de tournage, de montage, de mixage... l'ensemble des opérations qui permettent au film de sortir. Lui Comment vous voyez-vous dans dix ans Panne Je me vois dans le show business, mais je ne me vois pas forcément comme metteur en scène. Lui Producteur, peut-être ? Panne Oh non, je ne me vois pas dans les producteurs, non... je crois que j'ai beaucoup plus à faire, quelque chose de plus utile... parce que je 12 connais l'utilité qu'on peut avoir dans ce domaine et je crois que je suis fait pour ça... une sorte de... d'éminence grise du spectacle. Lui Le Père Joseph du Show Business ? Yanne Ben, pourquoi pas ? Je suis assez content ici, dans notre société de films. On a une production qui ne semble pas tellement importante et pourtant, cette année, on a pratiquement le plus gros chiffre d'affaires du cinéma... donc, c'est intéressant de pouvoir, dans un bureau, en discutant le coup avec les gens, de pouvoir orienter telle ou telle chose... non ? Lui Vous êtes devenu un homme d'affaires. Panne Non, je suis un homme d'affaires artistiques ; ça n'a rien à voir. Dans notre organisation, l'homme d'affaires, c'est Rassam. C'est lui qui s'occupe des problèmes de financement, de banque et qui va chercher les sous à droite ou à gauche. Mon problème à moi est différent. Mon rôle consiste à lire un livre, à savoir que c'est Untel qui devrait l'adapter, que c'est Untel qui devrait le tourner, que ça devrait plutôt être fait en Italie qu'en France, joué par Untel plutôt que par Untel, avec une musique d'Untel enregistrée dans tel studio. Dans le fond, mon métier porte un nom qui n'existe pas... je suis une sorte de « permetteur »... le gars qui fait ce qu'il faut pour permettre que les choses se fassent. Voilà ! Cela dit, je ne tiens pas non plus à structurer les choses. Il faut que chaque type puisse travailler tranquillement. On a toujours la notion du producteur qui vient emmerder le metteur en scène. Ici, on clame à longueur de journée que personne n'est là pour empêcher les metteurs en scène de faire leur boulot. Gallimard va pas demander à Sartre de changer son sixième chapitre ou de modifier la fin ou de changer les personnages. Eh bien nous, nous sommes là au même titre, pour permettre au type de faire son film. Notre boulot consiste à lui donner des conseils s'il en demande, mais ça ne consiste jamais à orienter la fabrication, même si ça doit être plus pratique pour la production. Lui Votre nouveau film ? Panne Les Chinois ? Oui, on suppose que les Chinois occupent Paris, comme les Allemands pendant la guerre. Lui Vous avez eu des problèmes de tournage ? Panne Oh non, rien de gigantesque. J'ai obtenu tout ce que je voulais au mois d'août et puis, au mois de septembre, j'ai obtenu moins parce que les Affaires Etrangères s'en sont mêlées. A partir du moment où les Affaires Etrangères s'en mêlent, ça devient beaucoup plus difficile. Lui Elle s'en sont mêlées de quelle manière Panne Maladroitement. je sais que la Chine a demandé aux Affaires Etrangères... qu'est-ce que c'est que cette histoire de Chinois à Paris, c'est pas très amical... et les Affaires Etrangères ont dit bon, on va se renseigner et on va essayer d'arrêter ça. Alors ils se sont adressés au Centre du Cinéma, mais au Centre ils n'ont rien pu leur dire parce qu'ils ne sont absolument pas au courant de ce qui se passe dans le cinéma dans la mesure où ils ont des attributions précises, c'est-à-dire qu'ils sont là pour qu'on leur communique un devis, pour vérifier que tout le personnel a bien sa carte professionnelle, etc. Alors, quand les Affaires Etrangères se sont adressées au Centre, on leur a répondu que le film était presque terminé. Mais du coup, il y a une chose qu'on n'a pas pu faire, c'est le défilé sur'les Champs-Elysées, Je voulais faire défiler mes Chinois sur les Champs-Elysées avec des camions, des drapeaux rouges et tout... Après ça, tout ce qui relevait des Affaires Culturelles m'a également été refusé parce que les Affaires Etrangères se sont tournées vers la Culture quand elles ont vu qu'avec le Centre il n'y avait rien d'autre à faire. Alors on nous a refusé des trucs bêtes... un perron, un malheureux perron aux Archives Nationales... ils m'ont refusé
l'autorisation de tourner sur ce perron. Lui En fait, en tournant au mois d'août, vous avez pris l'Administration de vitesse. Panne Mais non, on ne s'est pas caché. J'ai vu dans les journaux des trucs d'une rare bêtise où l'on disait que j'étais obligé de tourner en douce dans les rues de Paris. En douce, tu parles ! Je tournais tous les jours dans les rues de Paris avec un minimum de trois cent cinquante Chinois en uniforme de l'Armée chinoise avec des camions kakis et des étoiles dessus... et avec une équipe technique très importante, avec des « dollies », des « voitures-travellings »... Il y avait cinquante personnes dans l'équipe plus trois cent cinquante figurants. Je ne vois pas comment j'aurais pu tourner en douce, comme ils disent. Non, le seul problème, ça a été cette histoire des Affaires Etrangères. Ils ont fait du zèle. Parce que vous pensez bien que l'Ambassade de Chine a demandé des renseignements, elle a pas demandé d'interdire le tournage. Ils s'en foutent pas mal du film, les Chinois. Seulement ça s'est passé au moment de la visite de Pompidou en Chine Alors l'Ambassade s'est dit, mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ; on va se renseigner. Et au lieu de faire le plus simple, c'est-à-dire de m'appeler pour savoir de quoi il s'agit, pour apprendre qu'il ne s'agit pas de Chinois qui égorgent les gens dans les rues, les Affaires Etrangères ont essayé de bloquer le film. Seulement, comme ils sont pas très futés, ils ont perdu quinze jours à bloquer les choses là où ils ne pouvaient rien bloquer. Lui Donc un tournage sans histoires. Panne Tout-à-fait sans histoires. Mais tout de même, sur le plan anecdotique, il y a un truc qui m'a étonné, c'est l'absence de réactions chez les gens. J'ai fait rentrer aux Galeries Lafayette toute une floppée de Chinois en uniforme qui gueulaient qu'ils allaient réquisitionner la baraque. Je pensais que j'allais (Suite page 24.) o altitude 3500... les deux alpes deviennent un des hauts lieux du ski d'été et la station rêvée pour les loisirs... en toute saison. voici un nouveau visage qui réjouira tous les sportifs et les autres 1 a.r des iIeskiestrc * 4AN *même tete cet hiver, 50 hôtels de standing 40 remontées mécaniques international 120 moniteurs et guides proposent la formule vous feront découvrir originale un domaine skiable du cadeau loisirs. privilégié. les deux alpes ont tout une piste offre 2200 m pour vous réconcilier de dénivellé sur 12 km. avec le ski le saviez-vous ? et les vacances. ! enseignements 38520 informations 2 alpm accueil et documentation têl/76/8O 5223 2foisplus de ski... 13



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