Lui n°119 décembre 1973
Lui n°119 décembre 1973
  • Prix facial : 5 F

  • Parution : n°119 de décembre 1973

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 238

  • Taille du fichier PDF : 205 Mo

  • Dans ce numéro : spécial Romy Schneider.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LES BIENS DE L'EGLISE,'archevêché du Mans possédait les plus chics bordels de la ville Grente. Nommé évêque du Mans en 1918, on élèvera le diocèse au rang d'archevêché pour qu'il en prenne le titre. Elu à l'Académie française en 1936, Mgr Grente deviendra cardinal en 1947 avant de s'éteindre en paix onze plus tard. Tant d'honneurs faisaient de lui un des grands de l'Eglise, le dernier peut-être d'une race de princes qui disparaît. On l'appelait monseigneur dans son archevêché, maître à l'Académie, éminence à Saint-Pierre et « pète-en-soie » derrière son dos. (Certains voient dans ce sobriquet une allusion à la vitalité du saint homme dont le trop plein, dit-on, s'épanchait dans les plis de la plus fine étoffe. Je préfère penser que le mot « pète » vient de « petto » qui signifie le Beur dans la langue du pape. Mais trève d'érudition.) Terriblement prélat et furieusement normand, Mgr Grente avait vu sombrer en 1905 avec les biens de l'Eglise des choses qu'il croyait éternelles. La leçon ne fut pas perdue. Il décida (l'assurer l'avenir en investissant dans l'immobilier, faisant sienne la phrase du Christ  : « Tu es Petrus et aedificahant petraili, tu es Pierre et je bâtirai sur cette pierre. » De là quelques opérations foncières, auxquelles nul ne peut trouver à redire. Les placements de Mgr Grente furent aussi discrets que judicieux. Un seul d'entre eux fit quelque bruit. Immédiatement après la guerre, donc bien avant la loi de Marthe Richard, une feuille d'opposition fit savoir que l'archevêché du Mans possédait les plus chics bordels de la ville. C'était vrai, et l'archevêché, non sans gêne, expliqua qu'une paroissienne, pécheresse repentie stir son lit de mort, avait légué au diocèse tous ses biens d'ici bas (on voit lesquels). Et qu'il n'appartient pas à l'Eglise de refuser des dons, aussi sulfureux qu'ils puissent être, son rôle étant de venir en aide aux nécessiteux. Il y avait dans ce propos apparence de raison. « Mais c'est ma foi vrai, conclut-on. Les pauvres ont besoin de secours. Qu'importe si l'argent qu'on leur donne a un parfum de patchouli. » Et les débauchés pratiquants s'arrangeaient avec leur conscience, ayant le sentiment de donner deux fois à la quête  : le samedi soir et le dimanche matin. En somme 134 l'affaire du Mans, vue sous cet angle relève du conte moral autant que libertin. C'est Boccace cautionné par Bossuet. Mais la vérité nous oblige à révéler trente ans plus tard que la mise au point archiépiscopale était un pieux mensonge, la pécheresse repentie n'ayant jamais existé. En réalité Georges Grente, on ne sait trop comment, avait eu vent d'un bruit qui courut dès la Libération, inquiétant vivement messieurs les tenanciers. On allait fermer les maisons et les cours s'effondrèrent, de beaux hôtels valant soudain moins que leur poids de pierre. La loi abolitionniste devant être imminente, Mgr Grente prit les devants et acheta pour rien le quartier réservé. Hélas, Marthe Richard rencontra à la Chambre une opposition imprévue. Ti lui fallut deux ans pour imposer sa loi, deux ans pendant lesquels Mgr Grente se trouve stir tin gril aussi chaud que celui de Saint Laurent. C'était le temps des belles affaires. Ce temps n'est plus. A l'heure où le nom de Jésus assure aux promoteurs ale spectacles et même aux fabricants (k jeans des bénéfices inespérés, ils sont deux à avoir manqué le coche  : l'Eglise et Mine Annie Fargue. Cette dernière parce que « Jésus-Christ Super-Star », le plus beau four de l'an dernier, lui a coûté les bénéfices de « Hair ». Et l'Eglise parce qu'elle n'a pas cru bon de renouer avec les marchands du Temple, ce qu'on ne salirait lui reprocher. En fait, l'Eglise est pauvre, au point qu'on peut se demander si, parmi les prêtres-ouvriers qui ont renoncé à la soutane, certains n'ont pas choisi la sécurité matérielle que donne le S.m.i.g.combiné avec les avantages sociaux. Comme tous les nouveaux pauvres, le clergé jette sur ses malheurs tin fier manteau de discrétion. « L'Eglise cache bien ses richesses 1), disait-on jadis, tant il était difficile de pénétrer les arcanes de ses bilans. Aujourd'lini. bien que le secret soit moins jalousement gardé, l'Eglise dissimule assez bien ses misères. Le dernier budget révélé par l'Association diocésaine de Paris celui de 1971 ne permet pas d'en douter. Les recettes, qui recouvrent les ventes d'imprimés, les quêtes spéciales, les revenus mobiliers et immobiliers atteignent quatre millions cinq cent quarante mille francs et les dépenses (subventions diverses. salaires et charges, rémunérations de` prêtres qui ne dépendent pas d'une paroisse, etc.) se montent à quatre millions neuf cent quatre vingt dix mine francs. Déficit  : quatre cent cinquante mille francs. Encore s'agit-il du diocèse le plus fortuné de France. Et pourtant, les biens du clergé restent considérables. Quand on regarde un plan de Paris en couleur, on voit entre la Seine et Montparnasse un grand nombre de petits points verts. Ce sont les parcs des couvents, qui abritent plusieurs milliers de religieux dont le vote a un si grand poids lors des élections clans le VIl'arrondissement. On devine que ces terrains représentent des fortunes et sont d'ailleurs guignés en permanence par des promoteurs difficiles à décourager. Mais ici, le clergé fait autant pour la santé des corps que pour le bien des âmes. En refusant de céder, fût-ce à prix d'or, ces îlots de verdure, les communautés préservent dans Paris juste assez d'oxygène pour éviter l'asphyxie générale. Si les religieux vendaient, tous les anciens jardins deviet,.iraient (les Courneuve, et les Parisiens devraient utiliser le masque à gaz, Lomme les habitants de Tokyo. Ces problèmes sont très délicats  : l'archevêché de Paris vient de consentir à céder son siège de la rue Barbet-de-Touy, près des Invalides polir un prix gardé secret, mais important. Il s'installera dans tin hôtel particulier de la rue Ville-l'Evêque, dans le quartier de la Madeleine, qui lui a coûté deux fois moins cher. Mais les acquéreurs ont dû s'engager à laisser le parc de la rue Barbet-de- jouy dans l'état, ce qui a fait largement baisser le prix de vente (le la résidence. Quant aux bénéfices (le l'opération, ils serviront à combler le déficit du diocèse pour quelques années. Selon les spécialistes, les difficultés financières de l'Eglise française proviennent de l'éparpillement de ses richesses. Les biens sont partagés en trois grands propriétaires  : les congrégations religieuses, les associations diocésaines, les sociétés qui servent de support (on dit parfois de paravent) juridiques aux paroisses. Ce morcellement fait qu'il est (Suite page 136.)
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