Lui n°119 décembre 1973
Lui n°119 décembre 1973
  • Prix facial : 5 F

  • Parution : n°119 de décembre 1973

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 238

  • Taille du fichier PDF : 205 Mo

  • Dans ce numéro : spécial Romy Schneider.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ALAIN PEYREFITTE " La prostitution, florissante à Formose, Hong Kong et Macao, a complètement disparu en Chine populaire " (Suite de la page 8.) crois que chaque société a sa cohérence propre ; que chacune petit évoluer selon son génie. En plus, l'ancienne société chinoise avait complètement craqué. Après un siècle de confrontation désastreuse avec le capitalisme, après vingt-cinq années de guerres civiles, après huit ans d'occupation japonaise, elle était incapable de trouver en elle les ressources d'une évolution. La Chine était condamnée à la dissolution ou à la révolution. Sur les débris de l'ordre ancien, Mao et les siens ont recomposé une société artificielle, artificielle comme une communauté de trappistes. sur quelques idées extraordinairement simples presque simplistes —, mais qu'ils ont été en position (le faire passer. Bien sûr, il y a un esprit du maoïsme, qui est intransposable à toute société. je vous dirais volontiers que le maoïsme, si on le transpose à la « situation » française, ressemble à certains égards au gaullisme  : tous deux ont en commun le sens de la discipline collective, la volonté de construire l'unité sociale, la priorité à l'autodétermination des communautés nationales. En un sens, la tâche du gaullisme est plus difficile parce que 800 millions (le misérables ressentent mieux la nécessité d'une discipline collective que 50 millions d'individualistes pour qui la vie n'est pas, le plus souvent, trop rude. L'organisation de l'égalité, c'est plus simple quand il s'agit de ramener 1% de la population au niveau des 99 autres pour cent, que lorsqu'une certaine aisance est déjà le lot d'une part substantielle de la société. Lui La grande vertu quasi religieuse que connaît la Chine n'est peut-être guère compatible avec le système libéral ? Peyrefitte Il y a toujours eu, dans le Chinois, une telle grande pudeur. Et notamment pudeur entre les hommes et les femmes. Par exemple, il est à peu près sûr que le pools le fait de saisir le poignet de quelqu'un pour y rechercher le rythme des pulsations cardiaques est une invention'chinoise due à la pudeur. Simplement parce que, dès l'Antiquité, les femmes qui se faisaient examiner par un médecin répugnaient Al -auscultation. Les médecins chinois ont donc été obligés de 10 trouver un moyen pudique de suivre le rythme cardiaque. Ça a été l'invention du pouls. De même, lorsqu'une malade sou f frait dans une partie de son corps, elle indiquait sur une figurine l'emplacement correspondant. Aujourd'hui encore, on trouve à la devanture des magasins chinois des figurines hautes de cinquante centimètres jusqu'à un mètre, représentant le corps humain en miniature, avec les points d'acupuncture, avec des lignes qui relient ces points et que les Chinois appellent des « méridiens ». Toujours par pudeur, on ne montre pas stir un corps réel l'emplacement des points d'acupuncture, on les indique sur une figurine. La pudeur est profondément ancrée dans ce peuple. Et le grand puritanisme auquel est soumis la Chine d'aujourd'hui ne semble être que le prolongement ou la renaissance d'une tradition très ancienne. Cela dit, depuis longtemps, la prostitution. par exemple, s'était développée en Chine, particulièrement depuis le siècle dernier, sous l'influence des Européens. On voit encore aujourd'hui, dans les parties de la Chine ouvertes aux Occidentaux ou détenues par eux.comme file de Formose, Hong Kong et Macao, une prostitution florissante. Eh bien, elle a complètement disparu en Chine populaire. Elle y a été pourchassée, et si elle a dû sans doute subsister d'une façon plus ou moins clandestine plusieurs années après la révolution, à l'heure actuelle on petit considérer qu'elle n'est qu'un souvenir  : (le même l'usage de l'opium, qui faisait vraiment des rayages terribles dans la population. Lui L'opium introduit et développé par les Occidentaux ?... Peyrefitte Introduit par les Occidentaux clandestinement au X V l'siècle  : les Occidentaux. et surtout les Anglais, en tiraient (le grands profits. Et, en 1839, ils ont voulu passer de l'introduction clandestine à l'introduction officielle, au commerce libre, et ça a été l'occasion de la première guerre entre la Chine et l'Occident. la « guerre de l'opium », qui a forcé les Chinois à accepter sur leur territoire la libre vente de cet opium dont ils ne voulaient pas. Ces fléaux, comme la prostitution et la drogue, s'étaient développés en Chine depuis le siècle dernier jusqu'à devenir pour elle une seconde Nature. Mais on peut (lire qu'aujourd'hui elle s'en est débarrassée. Et on assiste, dans la Chine révolutionnaire d'aujourd'hui, à une sorte de triomphe de la pudeur, presque de la pudibonderie, qui étonne les Occidentaux. Pour nous qui sommes baignés (fans une société de tolérance, vraiment c'est le jour et la nuit. Et c'est également le jour et la nuit quand on franchit la frontière entre Hong Kong et la Chine populaire. Bien sûr, on ne peut juger que d'après les apparences. Mais les apparences sont extrêmement austères. On cite le cas d'étudiants et d'étudiantes qui avaient été chassés de l'université parce qu'ils avaient été surpris en train de s'embrasser sur un banc du campus. Nous disions  : « Vous savez, en France, les étudiants ne pourraient pas tolérer de ! s'avoir pas une complète liberté de mouvement, notamment dans les résidences universitaires. » Nos interlocuteurs répondaient avec mépris  : « S'ils demandent cela, ça prouve qu'ils n'ont pas une conscience révolutionnaire suffisante. » La pudeur fait partie de la conscience révolutionnaire. Tout se passe comme si huit cents millions de Chinois étaient entrés en religion et menaient une vie conventuelle, fondée sur les trois voeux  : chasteté. obéissance, pauvreté. Lui La pudeur n'est qu'un aspect d'une rigueur plus générale qui tourne tout à fait le dos à l'appétit de jouissance des pays en proie à la fringale consommatrice. Peyrefitte Absolument. C'est d'ailleurs là un des acquis principaux de la révolution culturelle. Pendant dix-sept ans, entre 1949 et 1966, la Chine a hésité entre deux formules  : la formole totalement révolutionnaire, qui consistait à faire tin homme nouveau, et la formule qualifiée aujourd'hui de « révisionniste », qui consistait simplement à permettre à la Chine d'effectuer des progrès plus rapides vers la société de consommation. Eh bien, cette seconde formule, qui avait la préférence de Liu Shao-chi, le président évincé par la révolution culturelle, et, disonsle aussi, vraisemblablement de beaucoup de membres du parti communiste chinois, a été stigma- (Suite page 14.)
Champagne, par Taittinger.



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