Lui n°112 mai 1973
Lui n°112 mai 1973
  • Prix facial : 5 F

  • Parution : n°112 de mai 1973

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 224

  • Taille du fichier PDF : 182 Mo

  • Dans ce numéro : Ushi la sublime.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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CINEMA FRANÇAIS Permettre à de jeunes réalisateurs de travailler en 16 en partie les problèmes de financement grilles, d'une tradition nationale ? Auciiil pour l'heure ne point à l'horizon. Et tandis que, depuis quatre ans, sur le marché cinématographique le plus couru du monde explosent les bombes filmées d'un cinéma américain rénové ou d'un cinéma italien en pleine possession de ses moyens, la France, benoîtement, expose ses dragées (f ussentelles au poivre de temps à autre). Dès lors, les observateurs s'interrogent. Où est passé le cinéma français Dans quelles coquilles sommeillent aujourd'hui les anciens jeunes turcs qui apprirent au public vers 1960 à ne plus glisser son âme de spectateur dans les pantoufles du conformisme ? Pourquoi se contentent-ils, tel Chabrol de s'inspirer d'un fait divers récent (« Les Noces rouges ») ou de raconter les aventures faciles d'un docteur Popaul ? Et, à supposer même qu'ils soient rentrés dans le rang du cinéma sur mesure, qu'ils aient été récupérés par un cinéma sans surprise, dans quel purgatoire tâtonnent leurs disciples, si disciples il y a ? Bref ! où sont nos Bertolucci ou nos Bellochio français ? Nos « Easy Rider », nos « Deep End » et nos « Harold et Maude » ? Où sont-ils donc ? Pour les producteurs traditionnels, la réponse paraît simple. « Nous sommes prêts, disent-ils, à donner leur chance à tous créateurs qui apporteraient un sang nouveau au cinéma français. Mais il faut bien reconnaïtre que dans ce domaine nous sommes fort peu sollicités. Et lorsque nous le sommes, nous continuons à penser que le septième art est aussi une industrie. » Cette dernière constatation, André Malraux aussi l'a écrite en un temps où il ne pensait sans doute pas encore devenir un jour ministre du cinéma. Elle est, en France plus qu'ailleurs, à la base des difficultés rencontrées par tout aspirant-cinéaste qui tente de s'immiscer dans une corporation dont les assises officielles se tiennent dans une douzaine de bureaux disséminés autour des Champs-Elysées. Elle détermine aussi l'équation de notre cinéma  : satisfaire la création artistique et le public dont l'argent sert à régler le prix qu'elle a coûté. Hitchcock, il y a belle lurette, est sorti du dilemme à l'aide d'une boutade. Interrogé sur la date à laquelle le cinéaste ne serait plus qu'un artiste échappant aux mé- 120 chantes contraintes du commercial, il répondit « Lorsqu'un film ne coûtera pas plus cher qu'un crayon ou qu'une feuille de papier. » Cette belle époque n'étant toujours pas arrivée, les producteurs s'en prennent à la « paresse créatrice » des jeunes cinéastes. «.jusqu'ici, raillent-ils, l'Art ne peut finalement refleurir que si l'industrie survit. Or, elle ne se contente pas de survivre. Elle prospère. Nous avons produit et coproduit 169 films en 1972 contre 127 l'année précédente ; et parmi les dix films de toutes nationalités dépassant les 400 000 entrées sur notre territoire, figurent huit de ces longs métrages. » Et alors ? rétorquent les jeunes cinéastes et une partie de la critique. Cela n'empêche pas le cinéma français de s'appauvrir au niveau des thèmes traités et (le refouler dans les mini-circuits d'Art et d'essai toute tentative sortant un tant soit peu des sentiers battus du film de grande consommation. » La querelle ainsi posée et elle le fut jusqu'à ces dernières années tournerait facilement au dialogue (le sourds. Chacun se sentant dans son bon droit. Les uns brandissant leurs chiffres. Les autres dénonçant les barrières financières qui obstruent leur horizon. Les uns se félicitant des succès des « Fous du stade », les autres, comme Marcel Hanoun, quarantedeux ans, inconnu en France se consolant en lisant dans le journal américain « Village Voice »  : « I1 est maintenant hors de doute que Marcel Hanoun est le cinéaste français le plus intéressant depuis Bresson. Ses films nous parlent de cinéma, nous mettent en présence de nouvelles f routières et des nouvelles possibilités de rayonnement du cinéma. Nous ne parvenons pas à nous expliquer pourquoi ni comment un ci n é a st e d'une telle en v e r g u r e et d'une telle valeur a pu échapper si manifestement à l'attention de ceux quilli t ont le cinéma français. » Oui la querelle serait stérile si toute une bande de jeunes producteurs-distributeurs - exploitants de salles, amoureux du cinéma, sans pour autant se braquer sur le problème purement économique qu'il pose, n'avait décidé de remuer le système établi et n'était à la veille de dénicher et de stimuler ce que. par facilité, nous pourrions appeler une nouvelle vague. mm résout déjà Leur tactique ? Provoquer d'abord en douceur l'évolution de la distribution en créant de plus en plus de petites salles et en les équipant à la fois en 35 et en 16 mm. « Le 16 mm, expliquent Vincent Malle et Claude Nedjar (producteurs-distributeurs), coûte évidemment moins cher. Alors qu'une production moyenne en 35 mm peut s'élever de cent cinquante à cinq cent millions anciens, un film tourné en 16 mm n'atteindra que de vingt-cinq à trente millions. Permettre à des jeunes réalisateurs de travailler en 16 mn] résout, en partie, les problèmes incessants de financement. Par exemple, le film d'Alain Tanner « La Salamandre » n'a coûté que vingt-cinq millions. » Seconde opération  : jouer de plus en plus avec les propriétaires des salles de province qui, beaucoup plus indépendants à l'égard des grands circuits classiques, acceptent volontiers d'accueillir, dans leurs villes, des films que boudent les distributeurs « à grand tirage ». « Car, explique Henri Lassa, président de « Plan filin », le cinéma français a trop tendance à se croire avant tout un cinéma parisien. Je sais bien que Paris et sa grande banlieue représentent pour un distributeur 40% de son chiffre d'a f f aires, mais quand même... Les 60% restants ne sont pas à négliger. » La quarantaine. Cheveux (l'argent. Henri Lassa s'est donc transformé en représentant itinérant d'une denrée difficile à placer  : le film de qualité. Il entend, avec son complice Robert Moussard (ancien collaborateur de Jacques Tati), promouvoir « la distribution malgré tout » de films réalisés par des nouveaux auteurs ou d'autres, plus anciens, mais audacieux, que le marché habituel a trop tendance à négliger. Ainsi, à Poitiers, récemment une « semaine Planfilm » a permis au public poitevin de découvrir « Les Camisards » de René Allio. Ce sont également des exploitants lillois qui, les premiers, avaient sorti des oubliettes, où elle paraissait pour longtemps enfoui, l' « Elise ou La Vraie Vie » de Michel Drach. Depuis, Paris a pris le relais et dans la capitale, « Elise » a totalisé plus de cent quarante mille entrées sauvant ainsi Drach d'une faillite certaine  : il avait vendu jusqu'à son appartement pour (Suite p.122.)



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