Lui n°109 février 1973
Lui n°109 février 1973
  • Prix facial : 4 F

  • Parution : n°109 de février 1973

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 114

  • Taille du fichier PDF : 106 Mo

  • Dans ce numéro : interview exclusive de Juan Peron.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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POP A PLEIN TUBE C'est la contradiction géniale et sans précédent de la pop, art populaire tombé dans les mains de gens qui sont vraiment loin de tout ça fait, les rênes du « pouvoir » ont tout simplement changé de mains  : il y a quinze ans et phis, de petites compagnies de disques survivaient quelque temps pour l'amour de l'art. La R.i.a.a. (Recording Industry Association of Americai a consacré, en 1971, cent vingt-neuf disques (l'or pop (plus d'un million d'exemplaires vendu) contre un seul en 1958. Aujourd'hui, on peut faire (l'excellentes affaires en bourse en plaçant son argent dans l'un (le ces conglomérats qui comptent paru l i leurs constituants un « label » en flèche. Selon le très digne « Wall Street Journal » les ventes (le disques au cours de la dernière décennie ont augmenté de 15% à 20 7c, par an et la pop est la reine du « business » musical. C'est ainsi qu'un conglomérat comme la Transamerica (tout à la fois une compagnie d'assurances dont le chiffre d'affaires atteint le milliard de dollars par an, une compagnie aérienne et une énorme affaire d'ordinateurs et de distribution cinématographique) possède entre autres quatorze compagnies (l'édition musicale et, travers Liberty-United Artists troc dizaine (le marques de disques. Guld anal Western Industries (manufacture et distribution (le pièces détachées pour automobiles, production (le zinc, les films I araniount et une centaine de salles de cinéma, une géante (le l'immobilier, une compagnie d'investissements, une banque, le plus grand producteur de sucre en République I)ollllnicaine, et l'exclusivité (les franchises et opération` (le télévisions par câble dans, dix-netif villes américaines et sept pays) ne crache pas lion plus stir (les (lividen(les pop. De la meule façon iule compagnie phonographique géante comme Atlantic Records appartient au groupe Kinney (célèbre entre autres pour ses parkings) également propriétaire (les disques Warner- Reprise et Elektra, deux gros morceaux de l'industrie. En outre ces compagnies hétéroclites soutiennent une grande majorité des journaux dits « underground » en leur achetant régulièrement pour des millions de pages publicitaires. C'est la contradiction géniale et sans précédent de la pop, art populaire tombé quasi totalement dans les mains de gens qui sont vraiment très loin de tout ca. I.iii (iii st rie (111 disque Toi) ('st 60 parfaitement « Establishment » dans sa forme et sa structure, et anti-establishment dans son contenu.i,a musique pop est un produit créé, distribué et contrôlé au seul profit (lu « business » américain et international. Elle est vendue comme un réfrigérateur, mais c'est un réfrigérateur qui parle et qui porte un message. Est-ce la une contradiction, ou la merveilleuse digestion d'un système'Sir Joseph Lockwood, le président d'E,ni.i. (titi disque sur cinq vendus dans le Inonde porte la marqueL.nl.i.) pour qui il n'est pas tolérable d'entendre plus (le vingt minutes de pop par jour, a potirtant distribue pendant de longues années les Beatles et autres chantres d'une contestation qui récuse tout ('equ'il est et tout ce qu'il représente. La grande majorité des gros bonnets de l'industrie n'ont que peu (le rapports avec la musique. Clive Davis, patron des disques Columbia (près (le 80 (J dit catalogueC.b.s. est pop) est un ancien avocat. Son salaire annuel dépasse largement le quart dit million (le dollars. Allen l< 1eî11, e\-manager (les Rolling Stones (aujourd'hui celui de trois des Beatles A qui il prend au passage 25%) s'est fait the réputation de comptable extraordinaire avant (le démarrer clans le métier. 1,e soir, il rentre chez lui, à Riverdale, près5 de New York, la banlieue (le l'American Dream, dans une maison l)ltls que cossue à couleur dominante violette. il existe (l'autres moyens (le s'enrichir grâce à la pop, sans être musicien. En devenant « Producer ». par exemple, le « Producer » est le monsieur « gonflé » gtti fait passer un disque du néant A votre chaîne Hifi. C'est risqué, niais très simple. Il suffit de trouver un groupe qui joue (Jans une boîte crus seuse de l'East Village new-yorkais. Lui (tonner un nom. Habiller les iiui siciens, leur donner tine image de nlurque, un style. Leur donner de quoi vivre (cinq cent mille francs par mois et par personne) les faire répéter. fuis vous leur faites faire un « simple ». Au bout de six mois, après avoir dépensé près de dix millions d'anciens francs, tout va bien. Leur trouver 1111 agent et les faire jouer sérieusement en public. Ensuite, vous leur faites signer un contrat (étape capitale), enregistrer en studio tin premier 33 tours. Après (l i\mois. vous êtes.1 trente- cinq million,. La promotion (Ill (lisgtle vient ensuite  : la presse (les journalistes ne sont pas tous (les saints) la publicité, les posters chez tolls les disquaires, les cocktails.'lout va encore très bien.i.e leader du groupe se tait alors coffrer poor détention de narcotiques, marijuanalc'plus souvent. Publicité énorme. 1,e batteur se fait prendre avec une « groupie » (femelle fanatique prête A tout pour son i(k)le) âgée (le douze ans. ()11 étouffe l'histoire.i,e disque poursuit soit ascension (lulls les hit-parades. Première moisson (le disque (l'or. C'est gagné vous coiliptez Vos soils ! vous avez (Itiiilttlplé l'investissement. Votre groupe est désormais layé cent titille dollars puis tin million (k'dollars par disque (comme SIN- and the Family Stone). Chaque concert rapporte presque autant. Vos l)otllaitns-111tisiciells s'achètent des manoirs de trente chambres, ou (les simili-châteaux A deux cent cinquante mille dollars piece, dans la calllpigne X111 glaise (conlllle Rod Stewart), oil dan le midi (le la France, beaucoup plus chic (comme les Rolling Stones). LC « pro(lticer » est un homme verni. Les réussites de ce genre se comptent en effet stir les doigts de la main. perles rares noyées r dans la masse Iles quelques deux mille cinq cents 33 tours pop clue représente la production américaine annuelle. En 1971 ces perles s'appelaient Rod Stewart, T. Rex, Cat Stevens, Yes, Carole King pour ne citer que les plus célèbres. 11 n'est pas si facile de rentrer dans ses frais, surtout quand il s'agit (l'investissements de l'ordre d'un million de nos francs lourds  : mieux vaut encore le tierce ou la promotion immobilière, si l'on a till bon dépoté clans la poche. Aux Etats-Unis, il sort plus de cent trente titres poi > (33 et 45 tours) chaque semaine  : le grand public next entend jamais plus (l'une dizaine, le plus souvent grâce à la radio qui jolt{. IA un rôle primordial  : 1111 ou (Jeux au illaxinlunl ont title chance de crever le seuil des cent mille exemplaires. Il y a un gâchis gigantesque. Mais telle fois passé le cap du disque d'or, la progression Iles chiffres est vertigineuse. Quelques exemples  : Sly and the Family Stone vendent pour quatre à cinq millions de nouveaux francs de disques bon an, mal an. johnny ('ah. au (Suite page (2.1
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