Lui n°109 février 1973
Lui n°109 février 1973
  • Prix facial : 4 F

  • Parution : n°109 de février 1973

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (212 x 269) mm

  • Nombre de pages : 114

  • Taille du fichier PDF : 106 Mo

  • Dans ce numéro : interview exclusive de Juan Peron.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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MARCEL DUHAMEL lin bistrot. Un demi. " Chut ! C'est ici que se recrée encore le vocabulaire. A l'heure du tiercé, c'est beau comme du Prévért" (Suite de la page 30.) un jour. Ce n'est pas beau, je sais. Aussi, aux personnes qui auraient de ma main  : « A Untel... Bons Jours » ou « Gloires a nous, illustres pionniers » je dois humblement avouer que ces traits ne sont pas de moi mais de Prévert et Romain Gary... » Traduire aussi, c'est emprunter La question l'arrête. « je sais, je sais, grogne-t-il. Encore qu'a mon avis traduire, c'est plutôt se paralyser. Vous comprenez, lorsqu'on a, comme moi, traduit en français la plupart dei John Steinbeck. des « Raisins de la colère » à « Des souris et (le, hommes » Otl des Hemingway comille « Les Neiges du Kilimandjaro », ou encore des Erskine Caldwell et sa « Route du tabac », on ne se sent pas très en forme ni t rè - fier pour couvrir sa feuille blanche de ses petites histoires personnelle  : Quant l'imagination, elle me fait tellement défaut, que, s'il m'avait f a l l u écrire une série noire de mon cru, j'aurais placé des magnétophones dais une douzaine de bistrots du illilieu et j'aurais recopié les bandes. » Un bistrot. Tl en aime l'atmosphère. Un demi. It il (lit, comme un chasseur à l'affût  : « Ecoutez. Chut ! C'est ici que se recrée encore le vocabulaire. A l'heure du tiercé c'est beau comme du Prévert, quelquefois. D'ailleurs il n'y a pas (le mystère. Si l'argot (le Villon a traversé les siècles, s'il continue à être employé ce n'est pas par hasard. » Puis ce (lande septuagénaire, à la souplesse de ten ilismlan, poursuit son itinéraire pari sien et traverse le carrefour de Buci.comme avant-hier Soho. Avec son parapluie. Odeurs de marijuana. « C ; a ce n'est pas grave, jeune j'ai un peut fumé. » Il chuchote, rauque, comme à confesse  : « Parce que ça me foutait des crises de fou rire et de délire verbal. Mais l'héroïne ! Permettez que je devienne sérieux. Oui, cette drogue, pour qu'elle cesse d'être un fléau de fait divers, pour que note n'ayons plus à en redouter les effet, jusque sur (les lycéens (le quatorze ans, il faudrait qu'une loi puisse passer autorisant au moins la marijuana inoffensive. Alors la mafia resterait avec sa peste sur les bras. Car le fric attire le fric. Et lorsqu'on sait que l'héroïne précisément rapporte aux 40 Etats-Unis, vendue sous le manteau, l'équivalent du budget de la France, pas besoin de petit dessin pour comprendre que le véritable danger vient de ce trafic. Mais les sociologues, les psychologues et tout le reste en ogue préfèrent avoir bonne conscience en parlant de mal du siècle. Tous les siècles sont malades. » A l'affiche d'un cinéma  : « vrance » de, John Boorman. Marcel I)uhamel pointe son parapluie  : « Le plus grand et le plus beau film (le ces dernières années. 1 a preuve  : j'étais tellement pris que j'ai mâché mon billet d'entrée. Voilà un cinéma fort. D'ailleurs, le ciné américain est le plus fort actuellement. Il laisse loin derrière lui les efforts besogneux et un peu fluets (les rescapés de la nouvelle vague française. Pourtant Chabrol et « Le Beau Serge » c'était intéressant. Mais, après tout, de quoi je me mêle, moi qui ne fus même pas capable (l'être un acteur possible, et qui n'ai laissé dans « Drôle (le (trame » que le souvenir flou d'une silhouette  : c'est moi le type que J eau- Louis Barrault assomme pour lui voler sa fleur à la boutonnière... En fait, c'est en matière de disques de jazz que j'ai été le plus fort. En compagnie d'Ilenri Filipacchi le père de Daniel j'ai couru Paris et la banlieue, et nous avons retrouvé des originaux d'Armstrong, de Cotton Pickers... Nous étions aussi fous de joie devant ces trouvailles que le petit Marcel Mouloud j i quand j e l'ai conduit pour la première fois à la mer. Il improvisait un chant de remercieultnt à base (l'airs de publicité qu'il avait entendus à la radio ! » Une note mélancolique. La voix Irai - narde (le Moulou. Le père de la Série Noire s'embue (le nostalgie. Car il va bien falloir l'évoquer cette Série Noire dont il ne parle guère. 1t les brandir enfin cette carte (le visite et ce passeport couleur d'encre a qui Prévert trouva son titre  : Série Noire. l'ne série déjà longue (le trente ails et dont le deux millième titre ('st prévu pote- 1977. D'abord, il est vrai, elle faillit être blanche avec (les fleurettes vertes. Ce qui eût paru un tantinet bucolique pour « (1e l'étripaillage à la chaîne ». La Série Noire ? C'est tin bureau où s'empilent des tonnes de manuscrits, d'épreuves et (le bouquins venus de Londres, de New York ou de Chicago. De Paris parfois. Et une équipe de lecteurs qui trie, élimine. A leur tête  : Marcel Duhamel. Il faut lire quinze ou vingt romans pour en dénicher tin de publiable. C'est aussi une école où Marcel Duhamel a beaucoup appris. « En lisant et en traduisant ces récits j'ai découvert le monde moderne. La force inépuisable de la Série Noire, c'est qu'elle reflète l'actualité en s'inspirant du fait divers. J'ai été plus mis au cou - rant de la transformation des barbots et des marlous de Soho par les bouquins de Chase que par mon journal habituel. Et, tenez, Ilion ami Chester Himes en me fournissant « La Reine des pommes », « S'il braille, lâche-le » ou « Tl pleut des coups durs » m'a plus éclairé sur H a r lem qu'un cours (l'histoire ou uni reportage. Sa haine (le l'injustice, et donc des Blancs, est d'autant plus vivement ressentie qu'elle est impuissante. Elle vibre dans chaque ligne qu'il écrit. Et bien avant (l'avoir été unis au courant de ses positions lors d'une récente interview (laits la revue « Amistad T » où il écrivait  : « Les Blancs améri - caills ne respectent rien que la force. C'est donc par la force que nous nous ferons respecter », oui, bien avant d'avoir lu ça, je connaissais la teneur de ses positions par ma Série Noire. Marcel Duhamel, traducteur, à sa table de travail... Il cherche un titre. Important. Car généralement les titres américains planquent d'audace. Littéralement traduit « Fantasia chez les Ploucs », par exemple, se serait intitulé « Le Diamant rouge ». Ensuite, ayant lu et relu l'ouvre en anglais, il traduit ft proprement parler. Avec une seule règle, mais elle est essentielle  : « Entrer tout de suite dans le vif (lu sujet et écrire de telle façon que l'attention du lecteur ne puisse en aucun cas se relâcher pendant les trente premières pages. » Le dialogue, à lui seul, fait le reste  : il rend visible à l'oeil nu la psychologie des personnages. « C'est pourquoi, trop souvent trifouillées par les metteurs en scène ou leurs scénaristes, les adaptations cinématographiques de la Série Noire s'amolissent, perdent de leur punch, et finissent à l'eau de rose. Le comble pour une telle collection ! » Son travail de scribe (Suite page 88.)
SINE  : L ÉTERNEL RETOUR) eol l ° 1444214.1,61844,4, a.aarnx 00:At.t. -ea auancw.tar..z, x ^ti igA`t^fu'444 }e ^^ "atni,o,.cA 14,014a/P a, ÷4,14emtevt teMire 1.A â  : cellGdin » ulJt-m.to չ.45ie't.tuMld. CG& 6A6t m  : ibita444, et ! âo ire.ra"kn.a décr4+.e 0‘ {ut  : âLPa:a Atta « 1(0114W. fQ& vi¢ fifre} 6'cuLte- temrod ott niaLikii..ai44 AP,t, teOvvoé 444444% Ae4à wx iti.44. 41



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