Lui n°107 décembre 1972
Lui n°107 décembre 1972
  • Prix facial : 5 F

  • Parution : n°107 de décembre 1972

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (213 x 268) mm

  • Nombre de pages : 216

  • Taille du fichier PDF : 183 Mo

  • Dans ce numéro : entretien privé avec Jean-Jacques Servan-Schreiber.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 62 - 63  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
62 63
64 La Peugeot « 104 » Il était tine fois, non loin de Montbéliard, till fondeur d'acier qui fit fortune en osant s'aventurer, en plein dixhuitième siècle, dans la fabrication de lames de scies. L'acier menant à tout, Frédéric Peugeot, épaulé par son frère Jean-Pierre, en vint à la quincaillerie en général, à l'outillage en particulier, en passant par une activité aussi froufroutante que rémunératrice  : les baleines de corsets. Mais une génération chassant l'autre, Armand, l'un des fils, décida d'adjoindre à toutes ces entreprises désuètes, celle du cycle naissant. Avec, pour emblème, celui d'un lion issu d'un Belfort tout proche. Les cycles Peugeot eurent tôt fait (l'avoir bonne réputation. Comme cela ne pouvait suffire, que trois roues valent mieux que deux, et que quatre roues constituent un quadricycle, Armand équipa celui-ci du seul bon moteur à pétrole de l'époque, tin Daimler (de deux cylindres en « V » développant 2,5 ch) ; puis Armand s'en alla voir comment se comportaient les coureurs cyclistes de la firme dans le Paris-Brest et retour de 1891. I.e vainqueur, un certain Charles Terront, devait parcourir les 1 200 kilomètres de l'épreuve à la moyenne fantastique de 16,9 km/h  : le « quadricycle » Peugeot, quant à lui, ne dépassa pas 14,7 km/h de moyenne ! Manifestement, ce véhicule automobile n'était vraiment pas au point. De toute évidence, il fallait faire mieux. La traction Peugeot Alors, au fil des années, les Peugeot créèrent de tout  : des voiturettes, dont la célèbre « Bébé », conçue et réalisée par un jeune homme d'avenir, Ettore Bugatti, puis des « 18 ch » monumentales, et aussi des automobiles de courses et de records. C'était ainsi qu'en 1913,. un an avant Delage, Jules Goux remportait pour Peugeot une retentissante victoire à Indianapolis. Après le chambardement de 14-18, quand vint l'ère des grandes séries, Peugeot dut prendre ses distances, rester pondéré et se maintenir à l'écart de tous les engouements passagers. Par pudeur, afin de ne jamais choquer ou effrayer, la marque a toujours refusé d'être à l'avant-garde  : il n'y a rien de moins « m'as-tu-vu » qu'une Peugeot. Néanmoins, avec des nombres célèbres, comme celui de la « 201 » de 1929 (la première voiture équipée, en grande série, de roues indépendantes), Peugeot va souvent faire figure de précurseur. Mais sans tapage ni cocorico. Parallèlement, une autre légende se forme  : celle d'une marque sérieuse qui, elle au moins, « fait solide ». La fantastique popularité de la « 203 » (vendue à plus de 600 000 exemplaires) confirme cette légende. Elle est certainement à la base du succès commercial sans faille de Peugeot, même si, depuis quelques temps, se présentent quelques failles. Mais on ne prête qu'aux riches et ce n'est là qu'incident de parcours  : de toute façon, le bloc compact des irréductibles « peugeotistes » fait front et soutient la marque chérie, se donnant le mot de père en fils ! Une berline quatre portes Ayant subi quelques douches écossaises avec les dernières « 204 », puis « 304 » et enfin i «. 304 S », , passant du meilleur au moins bien pour en revenir au parfait, ce n'est pas sans quelques appréhensions que j'ai pris le volant de la plus petite berline d'Europe, en l'île d'Elbe, où Peugeot était venu cacher ses essais. Tout d'abord, le fait qu'elle ne mesure que 3,58 m (mais avec quatre portes) ne semblait pas un argument de vente important  : en effet, pourquoi payer plus cher deux portes supplémentaires. qui servent rarement ? Or, sur ce premier point, je nie suis lourdement trompé.'L'autre jour, dans le hall Peugeot de la Grande-Armée, j'attendais  : des curieux venaient voir la « 104 », y pénétraient, par devant, par derrière, louaient ou critiquaient, mais tous, en se communiquant mutuellement leurs pressions, vantaient le fait que la voiture ait quatre portes. Je ne sais si le Français, conducteur ou passager, est un paniqué qui, en cas d'accident, veut pouvoir s'échapper rapidement, s'il souffre de claustrophobie latente, ou si, simplement, il veut monter et descendre d'une automobile sans reptations inutiles, mais le fait est que l'automobiliste « bien de chez nous » ne tolère que difficilement une deux portes, sauf pour les sportives, et encore !... Une meilleure insonorisation ? T'ai donc pris le volant et m'en suis allé sur ces routes escarpées de l'une des îles de l'épopée napoléonienne. Ce sont des routes à l'italienne, lisses comme la main, tortueuses en diable ; il n'y a qu'une seule ligne droite, qui mesure 2 kilomètres. Mais ce fut suffisant pour connaître la vitesse limite de la « 104 »  : 133 km/h. Et cela, en poussant la seconde jusqu'à 75 km/h et la troisième au-delà de 120. En asticotant le moteur de 954 cm3 qui développe 46 cil Din à 6 000 tr/mn, en faisant tourner au maximum du régime une boîte de vitesses où se trouve le maximum d'engrenages en contact, on en arrive au seul défaut majeur de la nouvelle Peugeot  : un bruit acide, pénétrant, qui indispose assez vite. En outre, la carrosserie fait caisse de résonance et répercute d'autres sons, que ce soit ceux des roues tambourinantes ou du travail des amortisseurs. Mais, je le répète, c'est le seul reproche qu'on puisse lui faire, étant entendu que la voiture vaut 12 200 F, et que tout ce (lui manque (y compris une meilleure insonorisation) ne ferait que grever le prix de revient. C'est ainsi que l'on peut regretter que l'essuie-glace n'ait pas cieux vitesses, qu'il n'y a pas de « rétro » jour et nuit, ni de miroir (ie courtoisie, d'indicateur d'usure de freins, de lunette chauffante, de dossiers réglables, que sais-je encore. Calculez cela au plus bas prix, cela fera au moins tine bonne centaine de milliers d'anciens francs en plus, ce qui serait rédhibitoire. L'aménagement intérieur C'est une Peugeot à 1(X)%  : elle ire peut renier ses origines, ni celle de Pininfarina auteur du dessin. On trouve automatiquement les gestes à faire, car toutes les commandes sont « Peugeot »  : le levier de vitesses est au plancher, ce (Suite page 66.)
DE PLAS TROOS T C R. 3 41 En 1810, Ludovic Labrousse dormait quatre mois par an près de son alambic. Et le cognac était bon. Un jour, et c'était encore bien avant que Ludovic Labrousse fût né 1 un paysan charentais eut l'idée de faire brûler son vinp our en tirer la "quinte essence". Depuis ce temps, dès le mois de Novembre, le distillateur allume son feu sous l'alambic ventru de cuivre doré. Et jusqu'au p il suivra dans les règles la méthode ancestrale  : une chauffe de huit heures pour obtenir le brouillis. Et une seconde chauffe de douze heures qui donnera l'eau de vie noble. Celle qui - si tout va bien - entrera dans les chais de Courvoisier. Au XVIle siècle, les navires Alors pour être sûr que la chauffe agas, n I i hollandais et flamands remplissaient déjà leurs cales de vin de sera bien régulière, he re, =rhgaer.grvélade Clr ! o:très l'lourds, les vignerons arrière-arrièrepetit-fils s'attachèrent à le distiller de Ludovic Labrousse trouve fiquinte essence". Dix barriques n'en faisaient plus qu'une... tout normal de dormir C'est peut-être grâce à une intervention du fisc dans la d qu'a débuté la merveilleuse histoire du cognac.comme autrefois. Parce que, dit-il simplement "le mieux, c'est de tout faire comme il faut". COURVOISIER Rien n'a changé depuis Napoléon.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Lui numéro 107 décembre 1972 Page 1Lui numéro 107 décembre 1972 Page 2-3Lui numéro 107 décembre 1972 Page 4-5Lui numéro 107 décembre 1972 Page 6-7Lui numéro 107 décembre 1972 Page 8-9Lui numéro 107 décembre 1972 Page 10-11Lui numéro 107 décembre 1972 Page 12-13Lui numéro 107 décembre 1972 Page 14-15Lui numéro 107 décembre 1972 Page 16-17Lui numéro 107 décembre 1972 Page 18-19Lui numéro 107 décembre 1972 Page 20-21Lui numéro 107 décembre 1972 Page 22-23Lui numéro 107 décembre 1972 Page 24-25Lui numéro 107 décembre 1972 Page 26-27Lui numéro 107 décembre 1972 Page 28-29Lui numéro 107 décembre 1972 Page 30-31Lui numéro 107 décembre 1972 Page 32-33Lui numéro 107 décembre 1972 Page 34-35Lui numéro 107 décembre 1972 Page 36-37Lui numéro 107 décembre 1972 Page 38-39Lui numéro 107 décembre 1972 Page 40-41Lui numéro 107 décembre 1972 Page 42-43Lui numéro 107 décembre 1972 Page 44-45Lui numéro 107 décembre 1972 Page 46-47Lui numéro 107 décembre 1972 Page 48-49Lui numéro 107 décembre 1972 Page 50-51Lui numéro 107 décembre 1972 Page 52-53Lui numéro 107 décembre 1972 Page 54-55Lui numéro 107 décembre 1972 Page 56-57Lui numéro 107 décembre 1972 Page 58-59Lui numéro 107 décembre 1972 Page 60-61Lui numéro 107 décembre 1972 Page 62-63Lui numéro 107 décembre 1972 Page 64-65Lui numéro 107 décembre 1972 Page 66-67Lui numéro 107 décembre 1972 Page 68-69Lui numéro 107 décembre 1972 Page 70-71Lui numéro 107 décembre 1972 Page 72-73Lui numéro 107 décembre 1972 Page 74-75Lui numéro 107 décembre 1972 Page 76-77Lui numéro 107 décembre 1972 Page 78-79Lui numéro 107 décembre 1972 Page 80-81Lui numéro 107 décembre 1972 Page 82-83Lui numéro 107 décembre 1972 Page 84-85Lui numéro 107 décembre 1972 Page 86-87Lui numéro 107 décembre 1972 Page 88-89Lui numéro 107 décembre 1972 Page 90-91Lui numéro 107 décembre 1972 Page 92-93Lui numéro 107 décembre 1972 Page 94-95Lui numéro 107 décembre 1972 Page 96-97Lui numéro 107 décembre 1972 Page 98-99Lui numéro 107 décembre 1972 Page 100-101Lui numéro 107 décembre 1972 Page 102-103Lui numéro 107 décembre 1972 Page 104-105Lui numéro 107 décembre 1972 Page 106-107Lui numéro 107 décembre 1972 Page 108-109Lui numéro 107 décembre 1972 Page 110-111Lui numéro 107 décembre 1972 Page 112-113Lui numéro 107 décembre 1972 Page 114-115Lui numéro 107 décembre 1972 Page 116-117Lui numéro 107 décembre 1972 Page 118-119Lui numéro 107 décembre 1972 Page 120-121Lui numéro 107 décembre 1972 Page 122-123Lui numéro 107 décembre 1972 Page 124-125Lui numéro 107 décembre 1972 Page 126-127Lui numéro 107 décembre 1972 Page 128-129Lui numéro 107 décembre 1972 Page 130-131Lui numéro 107 décembre 1972 Page 132-133Lui numéro 107 décembre 1972 Page 134-135Lui numéro 107 décembre 1972 Page 136-137Lui numéro 107 décembre 1972 Page 138-139Lui numéro 107 décembre 1972 Page 140-141Lui numéro 107 décembre 1972 Page 142-143Lui numéro 107 décembre 1972 Page 144-145Lui numéro 107 décembre 1972 Page 146-147Lui numéro 107 décembre 1972 Page 148-149Lui numéro 107 décembre 1972 Page 150-151Lui numéro 107 décembre 1972 Page 152-153Lui numéro 107 décembre 1972 Page 154-155Lui numéro 107 décembre 1972 Page 156-157Lui numéro 107 décembre 1972 Page 158-159Lui numéro 107 décembre 1972 Page 160-161Lui numéro 107 décembre 1972 Page 162-163Lui numéro 107 décembre 1972 Page 164-165Lui numéro 107 décembre 1972 Page 166-167Lui numéro 107 décembre 1972 Page 168-169Lui numéro 107 décembre 1972 Page 170-171Lui numéro 107 décembre 1972 Page 172-173Lui numéro 107 décembre 1972 Page 174-175Lui numéro 107 décembre 1972 Page 176-177Lui numéro 107 décembre 1972 Page 178-179Lui numéro 107 décembre 1972 Page 180-181Lui numéro 107 décembre 1972 Page 182-183Lui numéro 107 décembre 1972 Page 184-185Lui numéro 107 décembre 1972 Page 186-187Lui numéro 107 décembre 1972 Page 188-189Lui numéro 107 décembre 1972 Page 190-191Lui numéro 107 décembre 1972 Page 192-193Lui numéro 107 décembre 1972 Page 194-195Lui numéro 107 décembre 1972 Page 196-197Lui numéro 107 décembre 1972 Page 198-199Lui numéro 107 décembre 1972 Page 200-201Lui numéro 107 décembre 1972 Page 202-203Lui numéro 107 décembre 1972 Page 204-205Lui numéro 107 décembre 1972 Page 206-207Lui numéro 107 décembre 1972 Page 208-209Lui numéro 107 décembre 1972 Page 210-211Lui numéro 107 décembre 1972 Page 212-213Lui numéro 107 décembre 1972 Page 214-215Lui numéro 107 décembre 1972 Page 216