Lui n°107 décembre 1972
Lui n°107 décembre 1972
  • Prix facial : 5 F

  • Parution : n°107 de décembre 1972

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Presse-Office S.A.

  • Format : (213 x 268) mm

  • Nombre de pages : 216

  • Taille du fichier PDF : 183 Mo

  • Dans ce numéro : entretien privé avec Jean-Jacques Servan-Schreiber.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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GÉRARD ZWANG Sexologue distingué Deux signes particuliers  : il ne porte jamais de cravate et il vient d'écrire, sur un sujet épuisé par les sexologues, euxmêmes bien fatigués, un livre comme on n'en avait encore jamais écrit. Il s'appelle Gérardlwang ; son livre  : « la Fonction érotique » (chez',affon°. A première vue on se méfie. D'autant plus que la chose se présente en deux volumes dont le total représente mille cent quarante-cinq pages et que cela commence par cette constatation désabusée  : « 1,es ouvrages de sexologie se suivent et se ressemblent. » C'est vrai. Saut, précisément, pour celui de Gérard Zwang qui démode à peu près tout l'Himalaya de littérature confuse et souvent débilitante accumulée depuis vingt ans sur ce thème universel. Etre complet, c'est difficile ; être clair ça ne s'était pour ainsi dire jamais vu  : « la Fonction érotique » se lit sans migraine et sans complexe. « C'est un érotologue vulgarisateur », disent les supporters du pataquès sexoscientifique. Vulgarisateur ? Possible. Erotologue, pas spécialement. Le gros livre de Gérard Zwang est né d'une grande colère. En 1962, il achète un dictionnaire de sexologie d'apparence sérieuse  : « C'était hideux ! Ça donnait envie de 150 TETES EN POINTE Portrait rapide de quatre hommes qui ont le vent en poupe tout, sauf de faire l'amour. J'ai envoyé une lettre à l'éditeur pour lui dire que je m'étais fait avoir. A tout hasard je lui joignais vingt-cinq pages de corrections. » L'éditeur avait le sens des réalités  : il engagea son lecteur-correcteur pour collaborer au supplément du fameux dictionnaire. Quelques années plus tard, Robert Lattent, après moins d'une semaine de réflexion, lui signait le contrat de « la Fonction érotique », qu'il venait d'écrire, nuit blanche après nuit blême, en deux ans. Une sorte de record quand on sait que Gérardlwang n'est ni écrivain, ni sexologue, mais chef de clinique de la faculté de Paris, chirurgien viscéral et urologue, pianiste, organiste, auteur d'un quatuor à cordes créé à Lyon et d'une musique de scène pour « Amphitryon ». ANDRÉ COUTAU Le P.-d.g. de l'A.c.b.b. Pour l'agacer, c'est facile, il suffit de l'appeler Couteau t-e-a-u. Lui, c'est Coutau, de l'agence Coutau, Benson and Bowles. 1,'A.c.b.b. — là également, ne pas confondre — se situe dans les vingt premières affaires publicitaires trancaises. La Benson and Bowles arrive au onzième rang des agences internationales avec deux cent quarante millions de dollars annuels. André Coutau n'en est pas encore là. Mais comme il n'a (lue sept ans d'existence et trois ans de mariage avec le colosse américain, il n'a pas encore dit son dernier mot, mais grignote lentement, appartement par appartement, la rue Marbeuf. Si le président de l'A.c.b.1). est un homme tranquille, ce n'est pas un placide. En 1945, à Nantes, le jeune Coutau, attaché commercial chez Nestlé, s'apprêtait à faire une carrière sans problème lorsqu'un jour, sans provocation particulière, il dit « merde » à son chef de bureau. Son destin de laitier s'arrêta là. Il rentra à Paris et fonda une petite maison d'édition OÙ il apprit un peu l'édition et beaucoup la publicité. Jusqu'au jour OÙ il s'aperçut que la création publicitaire l'intéressait beaucoup plus que la création littéraire. Après douze années à « Promo », Havas lui offre la direction du vieux doyen « l)amour ». Lorsque « Damour » passe sous le contrôle d'Interplan on lui propose la même situation dans la nouvelle combinaison. C'était en 1965, l'une des années les plus sombres du marché publicitaire. C'est tout de même cette année-là que le petit mal élevé de chez Nestlé décide de créer sa propre agence. A la fin de l'année 1969, déjà solidement.implanté rue Marbeuf, il cédait 20% de ses parts aux américains. Avec un contrat prévoyant la cession totale de son agence en 1988. En 1988, il aura soixante-cinq ans. D'ici là, il restera le patron et 1 A.c.b.b., une firme française. André Coutau, Angevin de quarante-neuf ans a une femme qui travaille avec lui, un gar çon qui apprend l'anglais aux petits Côte d'Ivoiriens, une fille licenciée de psychologie. Il cultive à ses heures perdues de la lavande en Haute-Provence pour se délasser ; court tous les dimanches pour se tenir en bonne forme.
JACQUES BERGERAC P.-d. g. de Rerlen-France Avenue Montaigne, la Société Revlon. Rendez-vous avec le P.-d.g... On s'attend à voir un monsieur tangue, tassé, irrécupérable. Première surprise  : on est reçu par les plus belles femmes qui prêtent leurs visages ou leurs corps aux produits Revlon et qui tapissent les murs de l'entrée et des bureaux. Mais elles ne sont pas les seules. Il faut remarquer que toutes les collaboratrices de Revlon, les vraies, en chair, sont maquillées, depuis la réceptionniste jusqu'à la comptable. Les coursiers sont les seuls à avoir échappé aux produits de beauté. Voilà enfin le « patron 0, Jacques Bergerac. L n profil à la Gary Grant, des dents très gourmandes, une cravate bleue sur une chemise rose, un tonus étonnant pour un homme cari n'a plus vingt ans. Ce n est pas un inconnu. Marié deux fois, tout d'abord à Ginger Rogers puis à Dorothy Malone, il fut successivement comédien, play-boy puis producteur de films. Puis le cinéma l'ennuya. Jacques Bergerac tourne'alors rapidement la page et travaille à New York, chez Revlon, où il occupe d'abord les emplois les plus modestes. Pendant trois ans, il apprend la fabrication des produits, visite les clients, s'initie aux cours en bourse, se passionne pour le marketing, la publicité et fonce tout azimuth dans cette société qui est la plus grande société de cosmétiques du monde. Outre les produits pour femmes, Jacques Bergerac s'enorgueillit de mettre'à la disposition des hommes soixante-douze cosmétiques  : cela va de l'adoucisseur prérasage « Pub » à la crème après-rasage « That man » en passant par l'eau de toilette « Monsieur Balmain » et les savons « Monsieur Balmain ». « Quand on parlait des produits pour hommes il y a quelques années, affirme Jacques Bergerac, on s'entendait répondre  : « Je ne suis pas pédé... » Maintenant, l'esprit a changé. I,es produits ramollissent les poils, tonifient la peau... » Bien que marié deux fois, cet homme qui a augmenté le chiffre d'affaires de près de 40% (il a fini par le dire) est toujours plein d'espoir  : « Je garde toutes mes illusions. J'attends la femme de ma vie. » SERGE RASCOVSKY Le papa du campus de Verrières Lorsqu'on est né entre la'Transylvanie et la mer Noire, il vous en reste toujours quelque chose. Ce n'est pourtant pas la nostalgie de ses Karpates natales qu'a promenée longtemps Serge Rascovsky enfant de'Fargoviste — Roumanie — mais le regret des campus américains. Quand ce Slave devenu newyorkais à Paris, il demanda arriva à ses copains où était le campus le plus proche. Rascovsky expliqua qu'il souhaitait simplement trouver, comme à son université new-yorkaise, un endroit où il puisse courir un peu, apprendre l'ocarina, s'initier au théâtre, etc. Bref  : un campus américain, c'est-à-dire un agglomérat d'une vingtaine de clubs sportifs, artistiques, culturels, réunis au même endroit. Il lança en France les laveries automatiques self service parce que ça n'existait pas. Il décida de bâtir un jour son campus, pour les mêmes raisons. Rascovsky médita son affaire pendant dis ans. I.a onzième année, il réunissait un('quinzaine de milliards pourt,atrr a crnhluantc ! n'ornes de Paris, près des Andelys, le campus de Verrières  : soixante-dix hectares de forêts, quatre plages, trois piscines, un hôtel quatre étoiles, un motel, des bungalows, huit restaurants. "Tous les sports — y compris l'avion, le ski sur vrai neige, le ballon captif, le parachutisme... I.e gigantesque complexe imaginé par l'enfant des Karpates s'articulera autour d'un lac, artificiel sur lequel seront disputées des régates et des épreuves de ski nautique «... jeu très amusant, dit le promoteur de Verrières, qui consiste à rattraper un hors-bord de vingt chevaux dans lequel une blonde aux yeux bleus vous attend avec une servietteéponge ». Serge Rascovsky a trenteneuf ans, une femme française, une grosse Mustang, une petite Cooper, un brevet de pilote, un diplôme d'ingénieur civil et un revers efficace. C Bretagne. 151



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