Lectures Pour Tous n°04-02 novembre 1901
Lectures Pour Tous n°04-02 novembre 1901
  • Prix facial : 1 F

  • Parution : n°04-02 de novembre 1901

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Hachette

  • Format : (155 x 238) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 66,7 Mo

  • Dans ce numéro : fêtes du sacre et entrée des rois.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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104 Lectures pour Tous CARROSSE AYANT SERVI AU SACRE DE LOUIS XV, COURONNÉ À L'ÂGE DE SIX ANS (MUSÉE DE CLUNY). Les sacres étaient l'occasion de grandes réjouissances populaires. Mais jamais l'allégresse ne fut plus générale qu'au moment du couronnement de Louis XV, sacré roi à l'âge de six ans. Séduit par la grâce et la jeunesse dit monarque, le peuple escortait son carrosse en l'acclamant et en lui jetant des fleurs. les saintes huiles ; leurs cendres pieusement recueillies devaient être utilisées le premier mercredi du carême suivant. Comme on le voit, la cérémonie du sacre, telle que nous venons de la décrire, concernait uniquement le roi. Néanmoins, pour les reines aussi, il y avait un sacre, niais beaucoup moins somptueux ; c'est à l'abbaye de Saint- Denis que la plupart de nos reines furent couronnées et non à Reims ; de plus, elles n'étaient pas ointes avec l'huile de la sainte ampoule et ne recevaient que deux onctions. pOUVOIR MIRACULEUX  : LES MA- LADIES SE GUÉRISSENT, LES PRISONS S'OUVRENT. Après ce déploiement de splendeurs, suivait une cérémonie touchante. C'était une tradition que les rois de France, après leur sacre, eussent le pouvoir de guérir, en les touchant, les malades atteints d'écrouelles. On faisait remonter à Clovis ce pouvoir miraculeux qui aurait appartenu auparavant à saint Marcoul. Aussi, la châsse de ce saint guérisseur étant conservée à l'abbaye de Corbie, un usage mis en vigueur par Saint Louis voulut que le roi allât y faire une neuvaine  : il s'acquittait en effet de ce devoir, le surlendemain du sacre. Jusqu'à Louis XIV, les rois se rendirent donc à Corbie ; à partir (lu XVIIe siècle, ce voyage n'eut plus de raison d'être, la châsse de saint Marcoul ayant été apportée à Reims. Les malades étaient groupés, suivant leur nombre, dans l'église ou dans les jardins de l'abbaye de Saint-Remi. Le roi passait devant eux tête nue, leur appliquait la main droite sur le visage, du front au menton et d'une joue à l'autre, selon le signe de la croix, en prononçant à haute voix ces mots  : « Le roi te touche, Dieu te guérisse. » La sollicitude du roi nouvellement couronné ne s'étendait pas seulement aux malades, mais aux pauvres et aux malheureux prisonniers. I1 faisait distribuer des aumônes considérables. Il ouvrait lés portes des prisons. Le gracieux symbole de cette mesure de clémence était un lâcher d'oiseaux qui avait lieu clans la cathédrale après le sacre. Ces oiseaux, fournis par les oiseleurs du Pont-au-Change de Paris, étaient amenés dans des cages aux barreaux dorés. A peine les dernières notes du Tc Deum s'étaientelles éteintes qu'un héraut d'armes entrouvrait la porte des cages. Aussitôt, une centaine d'oiseaux de toute sorte s'envolaient sous la nef, s'élevaient entre les colonnes, se posaient souvent sur le trône du roi ou sur les sièges des évêques, emplissant l'air d'un bruit d'ailes et d'une chanson. Parmi ceux qui bénéficièrent ainsi de la clémence royale, il faut citer un écrivain fameux, François Villon. Ce rimeur de génie, qui fut souvent si près de la potence, était pour lors dans les prisons de l'évêque Thibaut d'Aussignv. Il ne dut sa liberté qu'à une
Fêtes du Sacre et Entrées des Rois io5 mesure gracieuse de Louis XI, qui venait de monter sur le trône. Il l'en remercia d'une façon qui n'appartenait qu'à lui  : en publiant les plus beaux vers de notre vieille poésie française. N FESTIN SERVI A CHEVAL. D'EXTRAORDINAIRES ENTRE- METS. Pendant les jours qui suivaient le sacre, le palais archiépiscopal de Reims était le théâtre de fêtes superbes. Un festin de gala réunissait à une table monstre le roi, les princes du sang, les évêques, les seigneurs de haut rang. Certains de ces banquets restèrent célèbres, tel celui qui accompagna le couronnement de Charles VI. De magnifiques pièces d'orfèvrerie chargeaient la table ; l'une des plus belles était une nef d'or où se trouvait enfermée la serviette de Sa Majesté. Ce qui provoqua surtout l'étonnement, ce fut le service, fait à cheval par des officiers montés, dit Froissart, « sur hauts destriers couverts et parés de drap d'or », innovaticn pittoresque et imposante, mais, à vrai dire, peu pratique. Cette étrangeté devait encore ètre dépassée au sacre de Louis XI  : au milieu du repas, on présenta au roi et aux princes en guise d'intermèdes (entremets) des pièces figurées ! « Au roi, raconte le chroniqueur, fut présenté un cerf volant ; au duc de Bourgogne, un lion ; au comte de Charolais, un pélican ; au duc de Bourbon, un paon ; au comte d'Eu, un phénix ; au comte d'Etampes, une lionne ; au comte de Vendôme, un sanglier ; et au duc de Clèves, un tigre ; et chacun de ces entremets portait les armes du seigneur auquel il servait. » ENTRÉES SOLENNELLES ET Rf  : - JOUISSANCES POPULAIRES. Ce qu'il y a du plus remarquable dans les cérémonies du sacre telles que nous les trouvons vers la fin du moyen âge, c'est moins l'accroissement du luxe que l'innovation très significative grâce à laquelle le peuple va désormais participer aux fêtes qui suivent la solennité. Conséquence immédiate de la politique adoptée à cette époque par nos rois, qui s'appuyaient sur la masse de leurs sujets pour tenir tête aux grands vassaux rebelles. C'est alors que les rois prennent l'habitude, après leur couronnement, de faire une entrée triomphale dans leur bonne ville de Paris. Une allégresse générale soulève le peuple qui se presse sur le passage du cortège, heureux de contempler et d'acclamer un souverain en qui il voit un protecteur, et ravi par la beauté et la richesse des costumes de la suite royale, par la splendeur de la décoration dont s'embellissent les rues de la capitale. Une sorte d'intime communion unit monarques et sujets, qui ont les mêmes intérêts. Spectacles éblouissants que ces entrées solennelles, et dont les contemporains ont maintes fois célébré la magnificence ! L'entrée de Louis XI, par exemple, fut une éclatante cavalcade parmi l'or et la pourpre. « Le comte de Saint-Pol, dit un témoin, avait cinq chevaux couverts bien richement ; deux desdits chevaux couverts de drap d'or, fourrés d'hermine et de martre, et trois d'orfèvrerie. Pareillement le seigneur de la Thour, fourré de drap d'or cramoisi ; le comte de la Marche a une housse semée de grosses pommes d'or ; le seigneur de Crau vêtu de drap d'or et houssé de velours pourpre et semé de clochettes d'or. » Après leur sacre à Saint-Denis, les L'EMPEREUR NAPOI.ÉON I°'EN GRAND COSTUME DE GALA, LE JOUR DE SON SACRE. - AQUARELLE D'ISABEY.



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