Lectures Pour Tous n°04-02 novembre 1901
Lectures Pour Tous n°04-02 novembre 1901
  • Prix facial : 1 F

  • Parution : n°04-02 de novembre 1901

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Hachette

  • Format : (155 x 238) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 66,7 Mo

  • Dans ce numéro : fêtes du sacre et entrée des rois.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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152 et qui pourtant n'a pas encore de chemin de fer. Le vin y est si abondant qu'un litre coûte 4 centimes, 15 au plus ; par contre, l'eau est si rare que la quantité nécessaire aux besoins du ménage se paye de 3o à 40 centimes par jour. Depuis quels temps lointains cette industrie a - t- elle pris naissance ? Qui le saura jamais ? La tinaja existait à l'époque des Romains, elle existait peut-être avant eux, elle a résisté à l'invasion arabe, elle a connu la splendeur de la Maison d'Autriche, elle a vu les EN ROUTE POUR LE FOUR. Lectures pour Tous Le transport des tinajas se fait le plus souvent à bras d'hommes. Des ouvriers, le dos recouvert d'une sorte de matelas, soutiennent la tinaja sur leurs épaules, tandis que les autres la poussent de la main pour lui imprimer la direction voulue. la fabrique de Touras Mendiata construisait des tinajas d'une contenance de moo litres. Elle fabriquait, il y a dix-huit siècles des tinajas, elle en fabrique encore. Seulement, comme l'étendue des vignobles a augmenté, comme les dépôts ou « bodegas » ont plus que triplé, au lieu d'en fabriquer r oo 000, elle en fabrique cinq fois plus. De même, au commencement du dernier siècle, Colménar de Oréja abritait cinq fours, où l'on cuisait de 25 à 3o fournées par an, et L'ARRIVÉE AU FOUR. le personnel employé était de 3o à 40 hommes. Les amphores pouvaient alors contenir 2 500 litres. On en conserve encore de ce modèle dans les vieilles maisons. Aujourd'hui, quarante fours, quatre fois plus grands, se dressent dans les faubourgs. Ils appartiennent à quinze propriétaires, et chaque propriétaire, outre les deux ou trois fours qu'il possède, détient encore de vastes ateliers où se fabriquent les amphores et de grands dépôts qui abritent les pièces de vente et le bois à brûler. Cinq cents hommes s'agitent et se pressent durant toute l'année sur ces chantiers, moulant, coulant, fondant ; et ce nombre est au moins doublé pour le temps de la cuisson, en août et septembre. A cette époque, en effet, 25o fournées sont cuites en l'espace de quarante jours, et chacune comprend 28 à 3o amphores de 600 à 800 arrobas, c'est-à-dire de 9 600 à 12 800 litres. C'est là le chiffre normal de la production annuelle. Les tinajas ont en général 5 mètres de haugrenadiers de Napoléon. Indifférente aux teur sur 3 de largeur. Parfois elles atteignent guerres et aux révolutions, elle a conservé 16 000 litres ; leurs proportions sont alors les mêmes dimensions et les mêmes aspects extraordinaires. Qu'est-ce, à côté, que nos que jadis. Un document de 1 645 révèle que pauvres barriques de Bordeaux ou de Cahors
Des Bouteilles de Seize Mille Litres 153 qui contiennent 224 et 220 litres ou même de nos foudres qui contiennent 500 à 600 hectolitres ! DES OUVRIERS QUI TRAVAIL- LENT DANS LE GRAND. Vers le mois d'octobre, l'ouvrier mouleur s'installe à son établi  : il y restera jusqu'en juillet. 11 n'emploie pas de tour. Pour seul outil, il a un morceau (le bois épais de 5 centimètres et long (le 20 sur io de large. Un paquet de pâte, amalgame de terre et de sable, semblable à celle qu'on utilise pour toutes les poteries, est devant lui. Tout d'abord l'homme pratique dans cette pàte un trou profond et large. Alors, la main gauche prisonnière dans ce trou et servant de point d'appui, il pétrit de l'autre main avec son morceau de bois la paroi extérieure. Il commence par la partie inférieure, la hase circulaire, qui doit avoir 20 centimètres de diamètre, et, indiquant l'inclinaison de la ligne suivant la dimension que doit avoir la tinaja, il fait prendre au vase, en se servant seulement de ses mains et avec une sûreté remarquable, la forme ovoïde qu'ont généralement Ies amphores. Quand il atteint la hauteur de 40 centimètres, il s'arrête, place (les chiffons humides sur la pàte non modelée encore, ainsi que font les sculpteurs, et laisse le reste à découvert pour sécher et durcir. Il attaque une autre base. Quand il a terminé toutes les bases de la fournée, il revient à la première, l'augmente de 40 centimètres, l'abandonne de nouveau, passe à une autre, et ainsi de suite. La construction d'une seule venue serait impossible ; la partie inférieure ne supporterait pas le poids effrayant de l'ensemble, et le tout s'écroulerait. Pour éviter l'écartement inévitable qui se produirait dans la moitié inférieure, chacun de ces étages successifs de 40 centimètres est muni d'une corde qui reste incrustée dans la pâte. Une grande ouverture, entourée d'un gros boudin, termine la partie supérieure. C'est par là que l'on entre, à l'aide d'une échelle, pour nettoyer l'intérieur. La tinaja a été faite sans prendre aucune mesure, et pourtant, à un litre près, l'ouvrier énonce la capacité d'une amphore qu'il vient d'achever. Voilà notre tinaja fabriquée. Nous sommes au mois d'août. Il faut la cuire maintenant. Imaginez, si vous le pouvez, cette masse énorme qui contient près de Io 000 litres et pèse 2 000 kilos ; et rappelez-vous, comme terme de comparaison, ces six amphores des noces de Gamache le riche, dont chacune contenait un abattoir de viande et dont les UNE TINAJA EN VOYAGE. flancs recélaient des moutons entiers, qui n'y paraissaient pas plus que si c'eût été des pigeonneaux. Comment la transporter du premier étage où elle est née au four qui est souvent éloigné ? Des ouvriers, dont c'est la seule fonction, le dos recouvert d'une espèce de matelas, la poussent à coups d'épaule, lentement, à reculons. Parfois aussi, ils entourent comme d'un anneau la partie inférieure de l'amphore d'un grand filet en grosse corde ; chacun en saisit un bout, et avec un ensemble impeccable, à la voix d'un chef, ils entraînent la pièce et la mènent jusqu'à la porte du four. Pour remplir un four des trente tinajas qui y cuiront, dix heures sont nécessaires. Le four chargé est fermé avec des briques en terre réfractaire qui forment une cloison épaisse de 15 centimètres et est allumé avec des fagots de bois mince, des sarments de vigne dont le pays abonde, des herbes, du thym, du romarin, des branches de pin et de chêne sauvages. La consommation de bois est telle que le pays commence à n'y plus suffire. Si l'on calcule que, pour une seule fournée, il en faut 2500 kilogrammes, on obtient 6 25o tonnes pour les 250 fournées de l'année. Il faut avoir recours aux forêts avoisinantes, et depuis dix ans le prix de cette matière a doublé. La cuisson dure trente heures ; les trente heures écoulées, on commence à ouvrir les conduits supérieurs, et,



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