Lectures Pour Tous n°04-02 novembre 1901
Lectures Pour Tous n°04-02 novembre 1901
  • Prix facial : 1 F

  • Parution : n°04-02 de novembre 1901

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Hachette

  • Format : (155 x 238) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 66,7 Mo

  • Dans ce numéro : fêtes du sacre et entrée des rois.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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IIO Lectures pour Tous cou rempli d'un peuple de cosaques aux longues tuniques rouges, au bonnet d'astrakan, de chevaliers-gardes casqués d'un aigle d'or, d'Asiatiques au turban de velours. Des Chinois aux longues robes multicolores, envoyés extraordinaires du Fils du Ciel, y coudoient des Circassiens dont les armes, d'or et d'argent, scintillent de pierreries, des Turkomans de Samarkand, de hauts et fiers Afghans au visage bruni, tout couverts de soie. Devant ce spectacle, on songe, dit un témoin, « au défilé de Xerxès, à ces gloires des Perses qui apparaissent dans les reculs de l'histoire où la réalité fut le fabuleux ». La tradition impose à la dynastie des Romanow, comme lieu du sacre, la cathédrale de l'Assomption, qui ne peut contenir que quelques centaines d'assistants. L'exiguïté de ce cadre fait un singulier contraste ; mais, du reste, dès qu'on entre dans la basique, quel éblouissement ! « On est assailli, dit M. Hugues Le Roux, par la fulguration de l'or et de la pourpre ; quatre gigantesques colonnes qui montent, vêtues jusqu'à mihauteur de velours grenat, jaillissent du tapis pourpre. Une mystérieuse lumière tombe des fenêtres, très étroites et très hautes. » Les grands-ducs, les princes étrangers, les plus hauts dignitaires de l'Empire, les ambassadeurs, assistaient seuls à la cérémonie, pressés dans l'étroite cathédrale et dominés par les deux trônes, celui dutsar en argent doré, celui de la tsarine en ivoire, où les souverains prirent place, revêtus du manteau impérial de soie jaune avec l'aigle noir. Suivant le rite, l'empereur se couronna luimême, puis posa la couronne sur le front de COURONNE DE PIERRERIES PORTÉE PAR LOUIS XV ENFANT LE JOUR DE SON SACRE. l'impératrice. Aussitôt, les membres de la famille impériale embrassèrent le tsar sur l'épaule gauche et l'impératrice sur la main. Puis on lut tous les titres dutsar, tandis que ce dernier restait debout, la couronne sur la tête, le sceptre et le globe en mains. Alors se plaça une scène émouvante. L'empereur Nicolas tomba à genoux et, d'une voix haute et distincte, pria pour son peuple. Ce premier acte de la cérémonie constituait le couronnement proprement dit. Le tsar avait encore à être sacré, c'est-à-dire à recevoir les onctions. Au milieu d'un silence majestueux, l'empereur quitta son trône et se dirigea vers la porte du sanctuaire secret, l'Iconostase, où seul il pénétra, accompagné du métropolite. Le suivre serait un sacrilège ; la tsarine elle-même n'a pas ce droit. C'est ainsi, dans un mystère impénétrable, propre à frapper l'imagination du peuple, que les tsars sont investis de leur autorité. Dans quelques mois enfin, à Westminster, Édouard VII recevra la couronne d'Angleterre, avec ses 3193 diamants, dont le Kohi-Noor, valant à lui seul 8 millions. La vieille abbaye accueillera encore une fois les dignitaires en costumes du moyen âge, les hallebardiers rouge et or du temps d'Henri VIII, et le cortège des pairs, la couronne sur la tête et le manteau à traîne sur le dos. La persistance de telles cérémonies est un témoignage suffisamment éloquent. Elle nous renseigne, mieux qu'aucun autre fait, sur le caractère de la politique des peuples qui ont voulu les conserver en pleine époque moderne et nous donner avec éclat la preuve de leur attachement aux coutumes du passé.
AUX TUILERIES, DANS LES RÉCEPTIONS DE GALA, I.A COMTESSE OLYMPE E'1 LE PRINCE GEORGE FURENT HEUREUX DE SE RETROUVER. Le eachemire'évocation d'un passé récent a toujours un charme incomparable de mélancolie. L C'est cette teinte d'émotion qui doline leur grâce particulière à ces pages où deux époques sont opposées, formant un contraste d'une piquante ironie. Les merveil- leuses illustrations du peintre Gor gajoutentuct au charme de ce récit délicieusement romanesque, qui plaira à toutes rios lectrices par la délicatesse des sentiments, par le mélange de fantaisie et de. fine observation témoignant d'une exquise connaissance du coeur de la femme. 0 0 0'EXPOSITION est ouverte depuis des semaines déjà. Les étrangers affluent de tous les points du monde. Les fêtes succèdent aux fêtes et les visites princières aux inaugurations officielles. Moment féerique où les journées passent comme dans un enchantement de rêve. Mais, depuis que durait cette apothéose, nulle journée ne s'était levée plus radieuse que cette journée du mois de juin 1867. Les souverains faisaient au prince George les honneurs de l'Exposition. Le jeune prince était alors l'Altesse à la mode. Descendant d'une des plus antiques races de l'Europe, promis à l'une des couronnes les plus brillantes, il était encore le type du prince très moderne et bien parisien. Elevé dans un collège de Paris, grandi parmi les élégances de notre capitale, il réalisait en lui un rare et savoureux mélange d'exotisme et d'esprit français. Aussi son arrivée avait-elle provoqué un engouement universel. A travers la double rangée des curieux, parmi les vivats qui saluaient le passage (le son landau, le prince George apparut. C'étaient d'abord l'élégance et la sveltesse de sa haute taille qui frappaient, puis on admirait le charme des traits, l'air d'intelligence et de bonté répandu sur tout le visage. Leurs Majestés Impériales accueillirent le prince au seuil du Palais de l'Industrie. Le cortège s'organisa, formé de tout ce qu'il y avait alors à Paris de personnages de marque et de grandes dames. La visite commença. Sous la rotonde, un lunch avait été servi  : l'orchestre de Musart exécuta ses morceaux à succès avec un brio incomparable. « Les présentations se sont faites comme toujours un peu vite, observa le prince en se penchant vers l'Impératrice. Votre Majesté voudrait-elle me rappeler le nom de cette jeune femme qui se tient là-bas, près de la grande porte, serrée dans un cachemire des Indes ? — Vous arrivez de loin, mon cher prince, et c'est votre seule excuse à ne pas connaître la belle comtesse Olympe. — Je suis un barbare, je l'avoue, mais un barbare qui ne demande qu'à se civiliser. » Celle que le prince venait de désigner avait au plus haut point le genre de séduction



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