Lectures Pour Tous n°04-01 octobre 1901
Lectures Pour Tous n°04-01 octobre 1901
  • Prix facial : 1 F

  • Parution : n°04-01 de octobre 1901

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Hachette

  • Format : (155 x 238) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 62,3 Mo

  • Dans ce numéro : boutiques du vieux Paris et marchands d'autrefois.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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54 Lectures pour Tous feuilles sont entassées dans des corbeilles qu'on recouvre d'un tapis de feutre et le tout est exposé au soleil. Quelques jours après, c'est l'opération du grillage  : dans des sortes de poêlons, les feuilles sont légèrement soumises à l'action du feu. De la plantation, le thé est ensuite expédié dans des sacs aux marchands en gros des grandes villes commerciales, Canton, LE TRAVAIL DU THÉ EN CHINE. Les procédés des Chinois pour préparer les feuilles de thé sont des plies primitifs, et toutes les manipulations sont lentes. Dans des plateaux cylindriques, ils étalent les feuilles préalablement séchées ; ils les recouvriront ensuite d'un tapis de feutre et exposeront le tout au soleil pendant plusieurs jours. Changhaï ou Macao. Le transport le plus souvent se fait par eau, dans ces jonques chinoises manoeuvrées à la perche et qui descendent lentement le cours des fleuves. EN PLEIN EXOTISME. TABLEAUX D'INTÉRIEUR. Rien n'est plus pittoresque qu'une rue d'une cité marchande en Chine ; ruelle plutôt que rue, où se pressent et se serrent les boutiques minuscules. Ici, c'est un marchand de boites laquées ; à côté, une échoppe où l'acheteur peut choisir les magnifiques soies brochées d'Extrême-Orient ; plus loin, un orfèvre, courbé sur son établi, travaille devant sa porte. De grandes enseignes couvertes de signes traversent la ruelle et se balancent au-dessus de la tète des promeneurs. Mais l'endroit le plus animé de la rue, c'est la maison de thé. A la porte, des coolies assis sur des caisses trient les feuilles de thé qui viennent d'arriver de la plantation, et esquissent en nous apercevant une grimace qui est un sourire. Pénétrons dans la boutique. Un demi-jour règne dans la pièce où nous entrons ; au fond, derrière un comptoir élevé, cinq ou six scribes en veste jaune juchés sur de hauts tabourets -noircissent de longues bandes de papier de riz qui se déroulent interminablement ; armés de leurs pinceaux, avec (les gestes vifs et saccadés, ils tracent des centaines de petits signes qui indiquent les quantités de thé vendues et ache-.ées. Derrière eux, des peintures murales, où dominent le vert et le jaune vif, représentent des scènes empruntées à la culture du thé. Nous sommes ici dans la salle de vente ; contre les murs, les boites de thé, ornées (le peintures dorées, s'alignent sur des supports de bambous ; des coolies, chaussés d'épaisses bottines feutrées, parcourent sans bruit la boutique et grimpent comme (les singes sur de légères échelles pour atteindre les boites. A côté s'ouvre une seconde pièce, la salle (le dégustation, toute remplie de bocaux contenant les échantillons de thé ; c'est là l'endroit réservé aux clients de marque. Appuyé contre une colonne laquée de rouge où un fantastique serpent de mer déroule ses anneaux, un des habitués de la maison, d'un air absorbé, fume l'opium dans sa longue pipe (le bambou tout en échangeant avec le marchand de courts propos sur les événements du jour. Le marchand justement vient de recevoir une nouvelle cargaison ; avec force prévenances pour l'acheteur, avec une volubilité de paroles vraiment intarissable, il vante les qualités de ce thé. Tout en discourant, il jette dans une tasse de porcelaine une pincée de feuilles, puis y verse de l'eau bouil-
lante et offre le thé nouveau à son client, qui déguste avec lenteur l'infusion savoureuse. Une cour à moitié recouverte d'un toit en paille de riz fait suite à la boutique. C'est un encombrement de caisses, de corbeilles, (le paniers, de sacs jetés pêle-mêle. Au milieu de ce désordre, une vingtaine de coolies travaillent avec une activité fébrile, clouant des caisses à grands coups de marteau et les scellant de bandes de papier couvertes de signes d'écriture. Ces deux ouvriers que nous apercevons revêtus seulement d'un pantalon de toile et suspendus par les bras à une barre de bois foulent avec leurs pieds nus une sorte de boule  : c'est de cette bizarre façon qu'ils tassent dans les sacs le thé de qualité inférieure. Plus loin se dresse une gigantesque balance soutenue par trois poteaux de bois fichés en terre ; on y pèse le thé destiné à l'exportation. Un agent de la maison de commerce européenne surveille le pesage, et cette surveillance n'est pas superflue, car le marchand chinois n'est pas toujours d'une scrupuleuse honnêteté. Quand le prix d'achat, après de longs marchandages, aura été fixé, on portera caisses et ballots au quai d'embarquement ; puis en route pour l'Europe ! Chaque année, il part ainsi des ports chinois 275 millions de L'Herbe de Chine 11u_Ud1Îdi—11 _Wu11.ll ii cII : tu ai tin Q311C,.i. r ; .::. r 1 kilogrammes de thé représentant une valeur de 740 millions de francs. OD, RNES PROCÉDÉS DE CULTURE. — CEYLAN, L'ILE DU THE. Tandis que les Chinois continuent — sous peine de mort à suivre des errements tant de fois séculaires, c'est un contraste saisissant de voir, en d'autres contrées, appliquer à la culture et à l'exploitation du thé les procédés les plus modernes ; véritable symbole du progrès en face de l'image de la routine. A Ceylan, où le thé a trouvé un sol et un climat très favorables, l'installation, l'outillage, la vente, tout se fait d'après les procédés les plus modernes. C'est à l'aide de machines à vapeur, dans de grands halls de fer éclairés à la lumière électrique, qu'on travaille le thé de Ceylan. Le voyageur qui pénètre clans ces usines se croirait dans une raffinerie du nord de la France plutôt que dans une île d'Orient. Tout s'y accomplit avec une vitesse vertigineuse, gràce à l'emploi (le la force mécanique, et les manipulations que subit le thé demandent vingt fois moins de temps qu'en Chine. Il y a quelques années seulement que Ceylan est devenue ce qu'elle est aujourd'hui, A CEYLAN. — UNE USINE Â THÉ. C'est dans ces vastes bâtiments construits en fer, pourvus de machines du type le plus moderne, éclairés à la lumière électrique, que le thé, dont l'introduction à Ceylan remonte à peine à vingt an, subit ses diverses manipulations. (Communiqué par la « Planters Association de Ceylanu.)



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