Lectures Pour Tous n°04-01 octobre 1901
Lectures Pour Tous n°04-01 octobre 1901
  • Prix facial : 1 F

  • Parution : n°04-01 de octobre 1901

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Hachette

  • Format : (155 x 238) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 62,3 Mo

  • Dans ce numéro : boutiques du vieux Paris et marchands d'autrefois.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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52 Lectures pour Tous AU PAYS DE LA ROUTINE. — UN CHAMP DE THÉ EN CHINE. Fidèles aux anciennes traditions, les Chinois cultivent le théier d'après les prescrites par des auteurs qui vivaient il y a plus de vingt siècles. règles pieds nus, vêtus de guenilles sordides, la tête enveloppée d'un mouchoir de couleur, circulent entre les rangées de théiers. Affairés, ils vont, viennent, bêchent, sarclent, trottinant de leur pas menu, semblables à de laborieuses fourmis, sans jamais échanger une seule parole. Sous l'ardent soleil, on les voit courbés vers le sol, leur figure jaune aux pommettes saillantes inclinée près d'un théier, occupés à émonder l'arbuste. Quelques - uns d'entre eux vont rizon, il règne du matin au soir une activité à la rivière chercher l'eau nécessaire à prodigieuse. Dès l'aube, les paysans chinois, l'arrosage ; ils descendent en courant la UNE BOUTIQUE DE THÉ EN CHINE. — COOLIES TRIANT LES FEUILLES DE THÉ. Dans les quartiers commerçants d'une ville chinoise, la boutique de thé est l'endroit le plus animé. C'est là qu'on vient discourir sur les événements du jour. Sur le devant de la boutique, des Chinois trient les feuilles de thé ; les plus belles seront placées dans des boîtes laquées.
pente du coteau, s'arrêtent sur le rivage vaseux où jouent des enfants aux cheveux embroussaillés, et plongent dans l'eau bourbeuse leurs deux seaux accrochés aux extrémités d'un bâton qu'ils appuient sur leur épaule. Puis, toujours rapides, ils remontent, le corps plié sous le poids de leur charge. D'une extraordinaire résistance à la fatigue, dans la même journée ils accompliront deux cents fois peut-être ce dur trajet, et c'est à peine si, vers midi, ils iront prendre quelques instants de repos dans une vieille masure d'aspect sale qui se dresse à mi-côte avec ses murs au crépissage primitif, tout sillonnés de crevasses, et son toit de tuiles aux coins relevés, marbré de plaques de mousse. Dès que l'hiver touche à sa fin, les champs de thé commencent à s'animer. A peine les premiers souffles du vent du Sud se font-ils sentir qu'on nettoie la plantation de toutes les mauvaises herbes qui y ont poussé. Bientôt le précoce printemps de la Chine méridionale arrive ; au début de février le théier commence à bourgeonner ; puis, au sommet des branches, de petites écailles d'un vert tendre apparaissent qui ne tardent pas à devenir des feuilles. Ces premières feuilles sont molles et duvetées, légèrement visgueuses ; dès qu'elles ont atteint un centimètre de long, on procède à une première cueillette. Cette récolte donne le thé le plus estimé pour la délicatesse de son parfum ; aussi estelle entourée de soins extraordinaires. Songez en effet que son produit est exclusivement réservé pour la consommation de l'Empereur, de sa famille et des hauts mandarins ! Les indigènes chargés de la récolte doivent, pendant les trois semaines qui précèdent, s'abstenir de manger du poisson et certaines viandes réputées impures. Tant que durent les travaux, ils sont obligés de se laver deux ou trois fois par jour ; de plus, on ne leur permet pas de toucher les feuilles avec les mains nues, ils doivent les avoir gantées. Toute infraction à ces prescriptions serait considérée comme une grave offense à Sa Majesté sacrée « le Fils du Ciel » et punie de mort. Quand la provision est terminée, on la met dans des vases de porcelaine et le tout est porté à la Cour sous la garde d'une troupe de soldats. Deux mois plus tard, les théiers sont de L'Herbe de Chine UNE ÉTRANGE OPÉRATION. L'EMPAQUETAGE EN CHINE DU THÉ DE QUALITÉ ORDINAIRE. Pour tasser le thé de qualité inférieure, les Chinois le mettent dans des sacs qu'ils roulent avec leurs pieds sur une natte. nouveau couverts de feuilles. Seconde cueillette. Une troisième, enfin, a lieu en juin  : cette dernière, qui donne des feuilles épaisses.. et fibreuses, ne fournit qu'un thé de qualité inférieure DES PROCÉDÉS DE TRAVAIL DA- TANT DE TRENTE SIÈCLES. L'ouvrier chinois fait la cueillette des feuilles en les détachant une à une ; pourtant il peut en cueillir ainsi jusqu'à 7 kilogrammes en un jour. Chaque arbuste produit par an de i kilogramme 5oo à 2 kilogrammes de feuilles. Il faut maintenant faire subir aux feuilles de thé une préparation assez compliquée, et cela par les moyens les plus primitifs. On commence par les exposer au soleil sur des plateaux de bambou ; on les voit alors peu à peu brunir et se raccornir. Puis il s'agit d'en extraire certains produits huileux qui communiqueraient au thé un goût âcre. Dans plusieurs provinces, ce travail se fait à la main ; les ouvriers saisissent les feuilles une à une et les écrasent entre leurs doigts. Ailleurs, les feuilles sont mises dans de petits sacs de coton  : un homme, avec ses pied. nus, pétrit et roule les sacs. Reste le travail de fermentation. Les 53



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