Lectures Pour Tous n°04-01 octobre 1901
Lectures Pour Tous n°04-01 octobre 1901
  • Prix facial : 1 F

  • Parution : n°04-01 de octobre 1901

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Hachette

  • Format : (155 x 238) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 62,3 Mo

  • Dans ce numéro : boutiques du vieux Paris et marchands d'autrefois.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 44 - 45  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
44 45
44 Lectures pour Tous de lui. C'est alors qu'il nous fit l'honneur de venir opérer à New-York. Ici il ne s'est pas compromis encore, se contentant de recueillir (les documents. Il était assez assidu auprès (le trois ou quatre jeunes filles, toutes ayant un père richissime, naturellement. Il a disparu depuis une semaine. Bon voyage ! Je n'aime pas ce personnage, conclut énergiquement I Iamilton. — Pauvre Eva ! murmura Raoul. Voilà à quel sort la folie (lu mammouth pourrait la condamner  : devenir la proie d'un Sickingen ! Comprenez-vous, Freddy, qu'il faut à tout prix que j'arrive avant lui, que je réussisse d'une manière éclatante ? — je sais, Raoul. Mais quel rapport avec Sickingen ? Quel rapport, Freddy ? Mais Ulrich, que vous dites disparu, est tout simplement parti chercher le fameux mammouth de Cor-. lins, entre les défenses duquel il espère conquérir la dot d'Eva. Le rapport est assez clair, j'imagine. » Hamilton devint tout d'un coup très grave. « Comment ! Sickingen cherche aussi le mammouth ? Mais alors cela devient une espèce de match. — La course au mammouth, oui. C'est fou, mais c'est la folie de Corliss. — Un véritable match, insista I-Iamilton, où il y aura un gagnant. Et ce gagnant établira, positivement, un record, tout à fait original, et qui ne sera sans doute jamais couvert ; le record de... du... du mammouth. Raoul, s'écria Hamilton avec un accent dramatique étrange chez ce flegmatique garçon, Raoul, laissez-moi vous accompagner. — Vous, Freddy ! Mais c'est la moitié du succès assuré, et c'est l'horreur du voyage solitaire épargnée. Freddy, jamais je n'aurais osé vous demander — Écoutez, dit gravement Hamilton. Quand nous aurons trouvé le mammouth, avant Sickingen, quand nous l'aurons apporté à Corliss, avant Sickingen, vous pourrez épouser miss Eva ; vous serez heureux, Raoul. Alors promettez-moi, puisque nous aurons été ensemble partout, promettez-moi qu'ici, pour le club, vous me laisserez le record, le record... du mammouth. C'est une occasion unique dans ma vie, Raoul  : celui-là, personne ne me l'arrachera. » Hamilton s'était levé ; il parlait avec une émotion qui le troublait lui-même. Raoul était trop heureux de trouver ce camarade imprévu pour penser à se moquer de son air tragique. « Tout ce que vous voudrez, mon bon Freddy ; ah ! que Corliss me donne Eva, et vous verrez.si je m'occupe encore de mammouth ! - Donc c'est bien convenu. Je vais, à partir d'aujourd'hui même, travailler activement aux préparatifs — Voulez-vous, interrompit Raoul un peu inquiet de ce zèle, préparer toute la partie matérielle (lu voyage, provisions, armes, équipement ? Je réunirai pendant ce temps les cartes et documents dont nous aurons besoin, et j'étudierai les routes possibles. — Parfait, approuva Hamilton en se levant. Je vais commencer immédiatement. — Dites donc, Freddy, n'oubliez pas votre matériel à confectionner les cocktails ! » lui cria en riant Raoul. Mais Hamilton répondit avec gravité  : « J'y pensais, Raoul. » LE'XPÉDITION LE FORT, IIAMILTON ET CIE. « Je serai prêt dans six jours », avait dit Raoul à Corliss ; il fallait tenir parole. Une foule de questions étaient à étudier ou à régler ; Le Fort apprécia tout aussitôt le secours d'Hamilton. Seul, il n'aurait jamais pu suffire à l'écrasante besogne de ces quelques jours. Après avoir rapidement parcouru la bibliothèque du muséum Corliss et mis un peu d'ordre dans les confuses et lyriques révélations de Josué Cavanagh, Le Fort avait reconnu qu'une seule tentative était possible, à cette époque déjà avancée de l'été  : gagner les parages du détroit de Behring avec une expédition solidement équipée, débarquer, hiverner en explorant les terres glacées autant que les rigueurs de la saison le permettraient ; si, comme Raoul l'espérait, cette recherche exclusivement scientifique aboutissait, si l'on trouvait le fameux mammouth, regagner au printemps la côte, attendre la débàcle et se faire rapatrier par un baleinier qu'on dédommagerait de sa campagne perdue. Si, par une fatalité que n'osait trop préciser Raoul, l'hiver passait en recherches infructueuses, il restait la ressource d'abandonner les champs hostiles de l'Alaska, de passer en Sibérie où pareillement de nombreuses carcasses devaient dormir sous les neiges. Mais, en Sibérie, les difficultés de transport seraient terribles au retour. Et puis, c'était alors un an entier, peut-être deux, sans Eva, sans nouvelles possibles Raoul eut de brefs instants de désespoir, où il était tenté d'aller crier au roi du fer  : « Mais vous ne sentez donc pas l'affreuse cruauté de cet exil ? Votre fille m'aime, laissez votre stupide
mammouth mariez-nous ! » Son orgueil le retint, et surtout la pensée qu'il reculerait alors devant ce Sickingen Non, il fallait aller jusqu'au bout de l'aventure. Pendant trois jours, Le Fort échangea une centaine de télégrammes avec toutes les agences et les compagnies. Enfin une occasion heureuse D se présenta  : un baleinier, le Salvador, qui faisait tous les ans la campagne de chassé dans les parages de Behring, n'avait pu armer cette année faute de crédit, ses armateurs étant en faillite. On promettait à Raoul de tenir le bateau à sa disposition clans quinze jours, s'il consentait une assez grosse avance qu'on rembourserait au besoin. Le peintre conclut avec joie l'affaire  : le Salvador, armé pour lui, serait à son entière disposition, lui disait-on, et pourrait débarquer l'expédition au point le plus favorable. Décidément le hasard semblait propice. Une question préoccupait sérieusement Le Fort. Qu'était devenu Sickingen ? Pourquoi avait-il fait mystère de son plan de voyage, puisque, quand le roi du fer avait inscrit sur son carnet cette première convention, nul concurrent n'était à craindre pour le comte ? Hamilton haussa les épaules quand Raoul lui communiqua son étonnement. « Sickingen est un silencieux et un mystérieux. Il a dû filer sur San-Francisco, organiser discrètement son expédition et se hàter vers le nord. Nous le retrouverons peut-être, nous le dépasserons et nous le devancerons sûrement. » Raoul était moins rassuré ; il lui paraissait étrange qu'on n'eût signalé aucun départ des ports de l'Ouest  : les dépêches des agences avaient répondu à ses premières demandes  : « aucun bateau n'est parti depuis six semaines ». D'ailleurs le temps manquait pour de longues réflexions. C'était le 9 juin que Raoul avait fait sa singulière demande au roi du fer. Le Io, il avait lui-même fixé son départ. Le 14 au soir, il était prêt. Ce soir-là, Hamilton prenait le train pour San-Francisco où il devait s'occuper Le Dernier Mammouth 45 de l'aménagement du Salvador. Raoul fut un peu surpris quand il aperçut les trois fourgons bondés de caisses de conserves, de barils et de fûts de toutes marques, que Fred faisait majestueusement ajouter au train. « Il me manque beaucoup de choses..n,_._..._..._- - -..  : —_..._._-..._._.. I.F. ROI DU FER VINT, AVEC EVA, FAIRE Â RAOUL SES ADIEUX, AU TRAIN DE SAN-FRANCISCO. tr.. encore, répétait Hamilton en s'excusant avec le plus grand sérieux. J'achèterai à San-Francisco tout ce qui est équipement et fourrures. J'ai tenu seulement à prendre ici le strict nécessaire pour le ravitaillement — Mais vous ne pensez pas, Freddy, que nous allons charger sur les traîneaux le contenu de ces trois wagons ! Il faut être raisonnable, voyons. Passe encore pour les caisses de biscuit et de viande conservée. Mais ces tonneaux, Freddy  : c'est toute la cave du Bachelor's Club que vous déménagez — Excellente précaution, riposta Fred. Rien n'est plus'malsain que la glace fondue.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 1Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 2-3Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 4-5Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 6-7Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 8-9Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 10-11Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 12-13Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 14-15Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 16-17Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 18-19Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 20-21Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 22-23Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 24-25Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 26-27Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 28-29Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 30-31Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 32-33Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 34-35Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 36-37Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 38-39Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 40-41Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 42-43Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 44-45Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 46-47Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 48-49Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 50-51Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 52-53Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 54-55Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 56-57Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 58-59Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 60-61Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 62-63Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 64-65Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 66-67Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 68-69Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 70-71Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 72-73Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 74-75Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 76-77Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 78-79Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 80-81Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 82-83Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 84-85Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 86-87Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 88-89Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 90-91Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 92-93Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 94-95Lectures Pour Tous numéro 04-01 octobre 1901 Page 96