Lectures Pour Tous n°04-01 octobre 1901
Lectures Pour Tous n°04-01 octobre 1901
  • Prix facial : 1 F

  • Parution : n°04-01 de octobre 1901

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Hachette

  • Format : (155 x 238) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 62,3 Mo

  • Dans ce numéro : boutiques du vieux Paris et marchands d'autrefois.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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4 Lectures Évoquons en regard le souvenir d'une de ces boutiques d'autrefois où se vendaient au XVIIIe siècle ces mille objets de toilette, ces bagatelles, ces riens qui sont aujourd'hui les trésors de nos collections ! Au lieu de la confusion, le calme et le charme du « chez soi ». Il était rare alors qu'un marchand ne pût, du premier coup, mettre un nom sur le visage du client qui entrait dans son magasin. On s'installait, on choisissait en causant, on causait en choisissant. On avait du temps pour acheter en connaissance de cause, on l'employait en conscience et avec agrément. C'est une histoire bien curieuse à étudier que celle des marchands de l'ancienne France. Elle fait un piquant contraste avec nos usages modernes. Essayons de nous transporter dans ce milieu d'antan où nous est réservée mainte surprise. Commerçants en renom, petits boutiquiers, artistes ou artisans, surprenons-les dans leurs rapports avec le client et dans l'intimité de la maison, où maîtres, ouvriers, apprentis, vivaient en famille, LA MARCHANDE DE SAUCISSES. DESSIN DE CARLE VERNET GRAVÉ PAR DEBUCOURT. La marchande de saucisses ne se contentait, bas de débiter sa marchandise sur la voie publique  : elle l y faisait cuire et la vendait toute chaude à ses clients de passage : postillons, artisans ou ouvriers. pour Tous ES EMPLETTES DANS LE PARIS DU XVIIIe SIÈCLE. Il y aurait quelque naïveté à imaginer le Paris du XVIIIe siècle aussi coquet, aussi propre que nous le montrent les reconstitutions pittoresques dont nous nous amusons aujourd'hui. Les ordonnances rendues pour l'embellissement de la ville n'avaient pas encore eu de ré sultats fort appréciables. Et les rues de Paris qui enviaient désespérément des trottoirs à celles de Londres, les rues de Paris, mal pavées, sales, traversées de ruisseaux infects, embarrassées par les échoppes des petits commerçants, savetiers, fripiers, écrivains publics, formaient avec les modes du temps, les habits de soie, les manchettes de dentelle, les coiffures poudrées, les mules dorées et les escarpins à boucle, l'antithèse la plus bizarre. Pourtant il n'y a guère d'époque où le goût des emplettes ait été plus prononcé, où le magasin, la boutique ait joué un plus grand rôle dans la vie sociale. Donc on se faisait porter en brouette ou en chaise, traîner en vis-à-vis, en paresseuse, en gondole ou en sabot et, prenant en patience, dès qu'il s'agissait de courir la ville en quête d'acquisitions agréables ou avantageuses, les encombrements qui arrêtaient à tout instant les plus élégants équipages, on se riait de la malpropreté des chaussées, quitte à mettre à la mode la couleur « boue de Paris ». De nombreuses emplettes exigeaient généralement de nombreuses courses  : autant d'achats, autant de magasins. On sait qu'avant la Révolution, chacun des métiers qui constituaient l'industrie et le commerce parisiens avait sa spécialité strictement déiinie. Des statuts très explicites déterminaient quels objets chaque groupe commercial était autorisé à vendre, interdisant, par exemple, aussi bien à un pâtissier de vendre du pain qu'à un boulanger de vendre des gâteaux. On ne devait pas songer à acheter de la mousseline où l'on avait acheté de la toile et des boutons d'or où l'on avait acheté des boutons de bois. Il est donc rare qu'on voie au XVIIIe siècle des marchandises disparates dans la même boutique.
Boutiques du Vieux Paris et Marchands d'autrefois 5 Cependant, certains « merciers » font exception. Tel Lazare Duvaux, qualifié de mercier, d'orfèvre et de joaillier, qui vendait des objets précieux de tout genre, lustres, pendules en bronze ciselé, meubles de laque, de bois de rose ou d'amarante, porcelaines de Saxe et quantité de curiosités que se disputaient les princes et les financiers. Tel Granchez, le propriétaire du « Petit Dunkerque », qui tenait, dit sa carte d'adresse, en ouvrant une boîte  : « C'est du Petit Dunkerque », et que, peu à peu, le « Petit Dunkerque » était devenu l'un des rendez-vous du bel air. Les premiers jours de l'année, la boutique était tellement remplie d'acheteurs « qu'on y mettait une garde ». C'était alors que Granchez faisait passer sous les yeux ravis de ses belles clientes les délicieux colifichets, les bijoux nouveaux qu'il créait LE PONT-NEUF ET SES PETITS MITIERS. — D'APRS UNEC.RICATURE ANGLAISE DU TEMPS. Au XVIII. siècle, on rencontrait sur la place publique toutes sortes de gens exerçant les métiers les plus différents. Sur le Pont-Neuf, notamment, on voyait les types divers du tondeur de chiens, du marchant de limonade, du décrotteur et du perruquier, chacun porteur des insignes de sa profession ou signalé à l'attention des passants par une enseigne divertissante. « des marchandises françaises et étrangères en tout ce que les arts produisent de plus nouveau ». TES MAGASINS A LA MODE, LIEU DE RÉUNION DU BEAU MONDE. Le « Petit Dunkerque » peut nous arrêter un instant comme le type du magasin adopté par la mode. Le sieur Granchez, qui eut, le premier, dit-on, l'idée d'établir chez lui l'usage du prix fixe, devait être un habile homme et un homme de goût. Il avait l'intuition de ce qui pouvait plaire à une clientèle de raffinés. Le fait est qu'il était de bon ton de pouvoir dire chaque année et que la mode baptisait aussitôt d'un nom particulier et plus ou moins bizarre qui faisait fortune. Ses tiroirs regorgeaient de mille bagatelles où la valeur de la matière n'était plus rien et où le « génie de la frivolité » se manifestait avec les raffinements les plus délicats. Il faut connaître les nouveautés du « Petit Dunkerque », — du « Petit », comme on disait familièrement, — on se les passe, on se les arrache, on les compare entre elles. D'élégants seigneurs les prennent à crédit et les distribuent avec nonchalance. On met deux heures à choisir quelque babiole, on s'écrie que, « si la rivalité fait dire aux autres marchands qu'on paie le double au



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