Lectures Pour Tous n°04-01 octobre 1901
Lectures Pour Tous n°04-01 octobre 1901
  • Prix facial : 1 F

  • Parution : n°04-01 de octobre 1901

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Hachette

  • Format : (155 x 238) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 62,3 Mo

  • Dans ce numéro : boutiques du vieux Paris et marchands d'autrefois.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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18 Lectures pour Tous Cliche) 1C. L 7g1larde. EN ROUTE POUR LES ARtNES. — « GARDIANS » CONDUISANT UN TROUPEAU DE TAUREAUX QUI DOIVENT PRENDRE PART À UNE COURSE. toute cette fruiterie, dont la seule énumération fait venir l'eau à la bouche. Mais mon compagnon sifflait vainement, et sur le cercle de l'horizon nu et désolé, je ne voyais rien venir Derrière nous, le bateau avait repris sa course vers le sud ; le Rhône, aux tourbillons fangeux, roulait lourdement ; un soleil implacable éclairait la plaine immense. Lorsque, tout d'un coup, il nie sembla qu'au loin un moutonnement singulier troublait la ligne de l'horizon — quelque chose de soyeux, d'échevelé, apparaissait dans l'herbe — et en même temps retentissait dans le vent un minuscule et confus murmure. Puis peu à peu cet échevèlement se rapprochait et devenait crinières ; ce fourmillement sonore se précisait et devenait clochettes  : crinières et clochettes attachées au cou de vigoureux petits chevaux. C'était tout un troupeau de petites bêtes, toutes poilues d'argent, efflanquées, fougueuses, rousses, affectueuses, qui nous entouraient ravies de nous voir de leurs grands yeux à fleur (le tête. Après elles, galopait le gardien de la « manade ». « Il y en a trois mille comme cela ici, » dit mon compagnon. Et, s'adressant au gardien  : « Vous avez des selles ? — Oui. dit l'autre. — La nourrice est-elle prète ? — Oui, dit l'autre. — Avez-vous (le la quinine ? — Oui, (lit l'autre. — Avez-vous des masques ? — Oui, dit l'autre.— Fort bien, alors il suffit de seller, et en route. » J'assistais sans comprendre à ce dialogue. Pourquoi des masques ? Et quelle était cette nourrice ? S OUS UN CIEL DE FEU. — LA CITÉ DÉCE- VANTE. Avant choisi deux des petits chevaux, ceux que nous ne prenions pas s'en allèrent par la plaine avec des airs fàchés. Nous partîmes. A part moi, ces mots inexpliqués, tout cet inconnu et ce mystère me donnaient beaucoup à penser. « Où allons - nous ? demandai-je à mon compagnon. — Droit devant nous, me répondit- il Avez- vous peur que la terre vous manque ? Nous sommes dans une île nommée l'île de Camargue. Elle est assez grande pour nous fatiguer. Elle n'a presque pas d'habitants Là-bas, du côté de Faraman, il y a quelques chercheurs de sel, puis plus loin Albaron, puis à des lieues et des lieues le village des Saintes-Maries-dela-Mer Il y a environ un habitant par dixhuit hectares. C'est encore plus qu'il n'y en a en pleine mer, et nous sommes ici sur un pays que l'eau nous a donné. Le delta du Rhône vaut le delta du Nil. Mais maintenant, hélas ! le Rhône ne nous enrichit plus ! Chaque année il porte à la mer vingt millions de mètres cubes de terre grasse qui nous ferait une très bonne alluvion Ce sont les travaux de vos amis des villes qui ont fait cela. Que serait l'Égypte sans les inondations du Nil ? Ils ont endigué le fleuve nourricier, le fleuve sauveur Ce torrent d'or passe à côté de nous sans nous enrichir. Et, pendant ce temps, notre sol se dessèche, se raccornit, se ressaie Tenez ! regardez ! ne dirait-on pas qu'on a renversé sur cette immense table une énorme salière ? » Je regardai  : sur la terre jaune, brune, rougeâtre, en effet, des plaques grises miroitaient à l'infini Mon compagnon en profita pour s'interrompre et tirer de sa poche une jumelle avec laquelle il interrogea consciencieusement l'horizon. — « Souffrez que je cherche le mas où je prétends vous offrir à déjeuner. C'est un point imperceptible dans l'espace ; l'absence (le chemin nous oblige à faire usage de nos
La Vie du Désert en pleine France i9 yeux pour diriger notre course Ah ! j'aperçois une touffe (l'eucalyptus là-bas, le voici Allons ! car le soleil brûle, et la terre est en feu » Moi, je ne voyais rien (lu côté qu'il i (liguait et, au contraire, du côté opposé, un spectacle inattendu m'arrèta net. A quelques kilomètres avait surgi une ville dont je n'avais pas, jusque-là, eu la moindre idée ; une ville (l'Orient, (les temples, des dûmes, (les clochers, puis la mer, et (les voiles qui passaient. Une ville de plusieurs milliers d'àmes sans doute. « Que me parlez-vous de la Cliché] difficulté (le trouver à 1.ES SPORTS EN déjeuner ? demandai-je à mon guide, et comment appelez-vous cette ville ? Le mirage, » (lit-il, et, un peu soucieux, se penchant sur l'encolure de son cheval, il pressa le pas. AUNE EXOTIQUE ET VISIONS D'ORIENT. Les touffes de salicornes, d'arroches, (l'hanganes fuyaient dezrière nous et se renouvelaient devant nou, indéfiniment. A tout moment, un brusque sursaut sous le pied des chevaux nous montrait un trou-, peau de lapins détalant dans l'inégal tapis rouge et vert. Une longue ligne d'oseraies sur notre gauche De l'eau courante passait entre les roseaux, et, sur un banc de sable, une troupe d'animaux inconnus se livrait à une besogne étrange. J'aurais voulu les voir de près. Mon compagnon me répondit par des vers de Mistral où il est parlé des castors qui rongent l'écorce des saules. Des castors en Europe !... Mais déjà on ne les voyait plus. Nous retombions en pleine prairie. Nos petits chevaux, si petits que nos pieds frôlaient à chaque instant les touffes [C. Laguarde. CAMARGUE  : UNE COURSE DE TAUREAUX DANS UN VILLAGE. Les Camarguais sont passionnés pour les divertissements tauromachiques. C'est à qui, parmi les jeunes gens, au moment où s'élance l'animal, exécutera le mieux le « grand saut » à la chaise ou à la perche et attaquera le taureau avec le plus d'audace. (l'herbe filaient rapidement. Nous approchions d'un marécage. Mon compagnon me tendit une sorte de masque en toile à grosses mailles, orné de (feux cordons rouges, et comme, depuis un moment déjà, nous traversions des nuages (le moustiques piquants et dévorants, je compris l'opportunité de l'offre. De lourds oiseaux aux ailes énormes clabaudaient dans l'étang, allant (l'une touffe à l'autre, ou passaient à grand bruit dans le ciel. Je reconnus des espèces qu'on ne voit guère que dans les



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