Le Parisien Economie n°909S 9 sep 2019
Le Parisien Economie n°909S 9 sep 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°909S de 9 sep 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (280 x 360) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 12,2 Mo

  • Dans ce numéro : développeur, un métier de rêve ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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twipe_ftp LE PARISIEN LUNDI 9 SEPTEMBRE 2019 ÉCO 10 DÉVELOPPEMENT @LeParisien_Eco DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL CYRIL PETER À BONNEUIL-LES-EAUX (OISE) PHOTOS  : PHILIPPE LAVIEILLE Dans le jardin du voisin, dans les allées de Decathlon ou Intersport… On en voit partout, des tables de ping-pong Cornilleau. Créée à Bonneuil-les-Eaux (Oise) en 1946, l’entreprise éponyme - qui était au départ un atelier de menuiserie - en a écoulé près de trois millions, dans 80 pays. A l’origine de ce succès, une commande de 300 tables passée par le BHV de Paris pour les fêtes de Noël 1969. « Le marché des loisirs était en plein essor, rappelle Michel Zany, l’actuel président de Cornilleau. Le fondateur, Emile Cornilleau, est convaincu par son fils Pierre d’investir la moitié du chiffre d’affaires de la société pour l’industrialiser. » C’est le début de la saga Cornilleau, version tennis de table. DÉTENUE À 60% PAR LE PATRON ET DES CADRES Pour répondre à la demande de la grande distribution, l’entreprise en croissance, en t our é e de c h a m p s de blé, achète les terrains voisins. Son site historique s’étend aujourd’hui sur 10 000 m² couverts et deux des cinq lignes de montage sont robotisées. D’un côté, quatre ouvriers, en « Le premier vrai billard d’extérieur » est picard Le fabricant se diversifie avec ce produit innovant. SES GÉNITEURS lui promettent longue vie. La structure, en composite, et le tapis, en synthétique, de ce billard américain — donc à six trous — en font « un produit ultra-durable », assure Michel Zany, patron de Cornilleau. Si la PME de Bonneuil-les- Eaux (Oise) conseille de le recouvrir d’une bâche lorsqu’il n’est pas utilisé, « l’Hyphen outdoor » est censé résister aux conditions extrêmes  : canicule, pluie, taches de vin rouge, de glace à la framboise ou encore de ketchup. « Il faut laver à l’eau, sécher et la trace disparaît », précise-t-il. De quoi séduire les particuliers qui disposent d’un jardin ou d’une terrasse. Ce Cornilleau signe des tables de ping-pong made in France LOISIRS La PME de l’Oise a investi 400 000  € dans une machine sur-mesure pour augmenter sa productivité et réduire la pénibilité. t-shirt ou débardeur, assemblent 100 tables par jour à l’aide de visseuses automatiques. De l’autre, trois opérateurs veillent sur des robots qui recouvrent d’enduit et de peinture des panneaux en bois brut. « Avant on attendait 24 heures pour que ça sèche. Aujourd’hui on les passe dans un tunnel de billard made in France peut aussi s’utiliser en intérieur. « Nous, on l’utilise comme table de réunion à 8 maximum. On vise aussi les entreprises qui pensent bien-être au travail », explique Michel Zany. Commercialisé depuis juillet sur le site marchand de Cornilleau, « le premier vrai billard d’extérieur » coûte 2 590  € avec queues, boules et autres accessoires, pour la plupart fabriqués en Chine. La livraison (sous 5 à 10 jours) est incluse. Les deux plateaux de table, qui recouvrent tapis et trous, sont vendus séparément, à 300  € . La housse de protection, à 100  € .C.P. séchage par lampes UV, ça prend au total 7 minutes », se félicite Michel Zany. Soutenue par des actionnaires minoritaires, la banque publique d’investissement Bpifrance et le fonds régional Picardie Investissement, la PME détenue à 60% par le patron et des cadres fait tout pour « rester compétitive » face Convertible en table de réunion ou à manger, ce billard américain est censé résister, entre autres, à la pluie et aux taches de vin rouge. Bonneuil-les-Eaux (Oise), le 27 août 2019. Deux opérateurs assemblent une table de ping-pong à l’aide de visseuses automatiques. aux concurrents qui fabriquent au Portugal ou en Chine. D’où l’installation, cet été, d’une machine sur-mesure, à 400 000  € . « Le personnel porte moins de charges lourdes et les flux ont été optimisés. Chaque centime gagné, on le met ensuite dans l’innovation, le marketing, la communication », Michel Zany, l’actuel président, a pris la succession de Pierre Cornilleau, le fils du fondateur. assure le patron, qui a succédé au fils du fondateur, parti à la retraite en 2003. 25 M € DE CHIFFRE D’AFFAIRES Marque de référence pour les pongistes du dimanche comme les joueurs confirmés, Cornilleau est connue pour son pr o du i t p h a r e  : l a t a b l e « outdoor » (d’extérieur). Lancée en 1988, elle est vendue à partir de 350  € et pèse 70% du chiffre d’affaires de 25 M € . L’activité de la PME repose également sur les tables « indoor » - celles de compétition coûtent jusqu’à 1 200  € - mais aussi les raquettes, balles et accessoires, fabriqués par des sous-traitants français ou chinois. La récente commercialisation d’un billard d’extérieur, censé résister aux conditions climatiques extrêmes, s’inscrit dans cette politique de diversification. Et dans un marché européen saturé, Cornilleau a enfin identifié un relais de croissance  : les Etats- Unis. « Les Américains ont arrêté l’industrie avant les Français. Et aucun fabricant local ne s’est lancé dans le premium », note Michel Zany. Outre-Atlantique, les tables Cornilleau se vendent jusqu’à 1 800  € . Les raquettes, balles et accessoires sont fabriqués par des sous-traitants français ou chinois.
LUNDI 9 SEPTEMBRE 2019 LE PARISIEN 11 www.leparisien.fr/ecoBUSINESS PROSPECTIVE ÉCO twipe_ftp PAR STÉPHANIE CONDIS Fabrice Midal, philosophe, écrivain et fondateur de l’école occidentale de méditation, intervient régulièrement en entreprise, notamment sur les problématiques de burn-out. Vous avez publié un « Traité de morale pour triompher des emmerdes », pouvezvous aider les managers à affronter la rentrée ? J’ai rencontré une dirigeante d’entreprise qui a suivi des séances de coaching avant de prendre ses fonctions et m’a dit que la lecture de mon livre lui avait été bien plus utile ! Car les véritables enjeux sont éthiques et non techniques. Il faut se poser les bonnes questions et pas simplement celles de la performance à tout prix  : pourquoi agit-on ? Comment agir selon son expérience intime, selon son ressenti ? Comment être juste et pertinent par rapport à soi, à la situation et aux autres ? La morale, n’est-ce pas un concept trop théorique pour l’entreprise ? Mon livre est à l’opposé des ouvrages de développement personnel  : ceux-ci partent de principes généraux qui renferment sur soi, voire rendent aveugles en niant la singularité Comment triompher des « ennuis de la rentrée » ? CONSEILS Pas la peine de faire l’autruche  : tout patron ou manageur a son lot de tracas. Le philosophe Fabrice Midal, auteur d’un livre sur le sujet, livre ses recettes. des situations. J’incite, au contraire, à entrer en rapport avec la complexité de la réalité et son lot « d’emmerdes », que l’on doit apprendre à adapter et transformer en levier. C’est ça Fabrice Midal enseigne aussi la méditation. la morale ! Il ne s’agit pas de règles dogmatiques suivies aveuglément mais de la manière de faire face, de se débrouiller. Comment faire face à des cas extrêmes comme le burn-out au travail ? Les études poussées sur le sujet montrent que la lutte contre ce grave problème passe surtout par la reconnaissance et non par une modification de la charge de travail. Car la plus grande souffrance, c’est d’en venir à penser que l’on est nul et interchangeable. Un manageur n’est pas juste un gestionnaire, il doit savoir manifester de la reconnaissance et de l’humanité. Vouloir diminuer l’angoisse et le stress par davantage de protocole ou par la mise en place de process est une forme d’égarement, une idolâtrie contemporaine stérile. Car le cœur du problème vient d’une déshumanisation des relations  : les gens se coupent d’eux-mêmes et des autres, à force de process et d’obsession de l’efficacité. Ils se sentent impuissants et dépossédés de leur pouvoir à cause de tous les protocoles. Or la reconnaissance, la confiance, la main tendue changent tout. Quels sont les écueils à éviter ? Il faut arriver à discerner les pressions impossibles qui nous écrasent et qui ne sont pas légitimes, les injonctions contra- REA/ROMAIN GAILLARD dictoires. Par exemple on nous répète sans cesse qu’il faut être zen et lâcher prise. C’est là un discours abstrait, irréaliste et, au fond, qui fait beaucoup de mal. J’estime plus responsable d’inciter à trouver le courage, l’audace et la force pour triompher des emmerdes… En quoi consiste cette force ? Elle s’appuie sur la souplesse et non la puissance. Comme un surfeur qui comprend que la vague ne peut pas être niée ni contrôlée, que le seul moyen de ne pas se laisser écraser est d’entrer en rapport et de se mouvoir avec elle. Or, face à la vague, on nous enseigne habituellement deux fausses solutions  : la fuite ou l’affrontement brutal. Mais, dans les deux cas, la vague finit toujours par nous emporter… Quelle qualité peut-on mettre en œuvre ? On peut compter sur la ruse, qui n’est ni tricherie ni malice  : c’est l’habileté, la justesse, la pertinence et la créativité astucieuse. Elle permet de faire un pas de côté, de sortir du cadre pour trouver la solution, et donc de développer une intelligence de la situation, absolument essentielle. « Traité de morale pour triompher des emmerdes », Fabrice Midal, Editions Flammarion-Versilio, 192 pages, 17,90  € . RÉGLEMENTATION Les PME aussi doivent calculer leur index d’égalité hommes-femmes Cet indicateur mesure les écarts de salaires et d’évolutions de carrière entre les deux sexes. PAR JULIEN BISSON DEPUIS LE 1ER SEPTEMBRE, les entreprises de 250 à 999 salariés doivent, en théorie, avoir calculé et publié - sur leur site Internet - l’index d’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes. Une mesure qui a déjà touché les plus grandes entreprises, comptant 1000 salariés au moins, le 1er mars dernier. Les PME de 50 à 249 salariés seront, elles, concernées au 1er mars 2020. Parallèlement, les entreprises doivent communiquer l’index et les résultats détaillés à leur comité social et économique (CSE) et à l’Inspection du travail (Direccte), chargée des contrôles et des éventuelles sanctions. Faute de publication à la date prévue, l’entreprise s’expose à une sanction pouvant aller jusqu’à 1% de la masse salariale. Muriel Pénicaud, ministre du Travail, a déjà agité le chiffon rouge en juin dernier, face aux 200 grandes entreprises qui n’avait pas publié leur index. « L’inspection du travail et la direction générale du travail sont en train de les contacter, avait-elle déclaré. S’ils ne se conforment pas très vite, ils vont être mis en demeure et ils pourront avoir des sanctions financières, même pour ne pas avoir répondu ». PASSER LA BARRE DES 75 POINTS Basé sur cinq indicateurs, l’index est destiné à mesurer à la fois l’écart de rémunération entre hommes et femmes et une éventuelle discrimination des femmes en termes d’évolution de carrière. La note maximale est de 100. « En dessous de 75 points, l’entreprise a obligation de mettre en place des mesures correctrices pour améliorer son score, et ce dans un délai de trois ans », explique Elise Bénéat, avocate spécialiste en droit social au cabinet De Pardieu Brocas Maffei. Ce n’est qu’au terme de ce délai que l’entreprise pourra être sanctionnée si l’index ne franchit toujours pas la barre des 75 points et si elle n’a pas pris de décisions pour améliorer la situation. Là encore, les pénalités pourront atteindre 1% de la masse salariale. Mais l’entreprise pourra invoquer pour sa défense des difficultés économiques, ce qui laisse augurer de belles batailles juridiques. Les entreprises de 50 à 249 salariés devront publier leur score à partir du 1er mars 2020. LP/OLIVIER CORSAN



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