Le Bonbon n°32 juin 2013
Le Bonbon n°32 juin 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°32 de juin 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Le Bonbon

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 6,4 Mo

  • Dans ce numéro : art... Patrick Demarchelier.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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38 — leloalme Nuit
société Manon Troppo Ω Marie Guirlet Wilfred de Bruijn un optimisme coNTAGIEux Il pleut, ça caille, mais cette rencontre avec Wilfred va vous réchauffer. Vous le connaissez forcément. À moins de vivre dans une grotte, vous avez découvert son visage tuméfié après une agression homophobe en avril. Vous lui avez peut-être même envoyé un message de soutien. C’est en tout cas ce qui m’a permis de rentrer en contact avec lui. Sans revenir lourdement sur ce mauvais souvenir, j’ai voulu savoir comment il vivait Paris, comment il vivait l’homosexualité à Paris et comment il allait, aujourd’hui. Comment ça va ? Mieux ? C’est encore un peu la folie, on ne s’attendait pas à ce que l’agitation dure autant. Mais ça va ! Raconte-moi ton parcours. Tu viens d’où, pourquoi vis-tu à Paris ? Je suis hollandais, j’ai fait des études d’Histoire de l’art, spécialisation en Architecture ancienne. On sait bien que ces études, ça mène plutôt au chômage. Un jour, j’ai eu l’opportunité de postuler ici, dans une fondation privée qui gère une grande collection d’art ancien pour devenir le responsable de leur bibliothèque. Je connaissais Paris sans avoir envisagé d’y vivre. Mon français était très scolaire. Mais j’ai été embauché en août 2003, à 29 ans. Je suis arrivé en même temps que la canicule ! Tu avais des appréhensions ? Je connaissais les collections d’art, la beauté de la 39 — lelkaltow Nuit ville, sa vie gay. Mais je savais que la vie y était chère. Je me suis dit : « reste un an et vois ». Il ne faut pas fuir devant la difficulté. Tu as habité où en arrivant ? à Paris comme dans toutes les métropoles, les gens sont individualistes, nos agendas sont remplis, on n’a déjà pas de temps pour nos amis, personne n’attend vraiment de nouvelles rencontres. Moi, justement, j’étais demandeur d’amis, donc j’ai pensé à la colocation. Et c’était bien pour pratiquer mon français. J’ai trouvé très vite sur colocation.fr, dans le 11e. Je cherchais un coloc pd. Pas pour baiser hein (il rit), pour avoir un accueil compréhensif. Mon coloc était agrégé de philo, prof, militant gauchiste. C’était parfait. Le quartier était chouette. La rue Oberkampf, même si c’était pas très gay, ça bougeait, c’était vivant. Pour mon français… c’était pas très utile : entre nous, le langage n’a rien à voir avec celui du travail. On s’appelle « connasse », le ton est très libre ; faut pas trop parler comme ça au travail (il rit). Aujourd’hui, je suis à Belleville. Première impression plutôt positive, donc ? Oui et non. L’individualisme, d’abord. La langue, aussi. Et, en arrivant, je me disais : c’est le pays de la révolution, des droits de l’homme, mais je me suis rendu compte qu’ici, c’est une société bien « installée » qui ne s’assume pas. On dit « on est ›



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