L'Essentiel de la Science n°28 déc 14/jan-fév 2015
L'Essentiel de la Science n°28 déc 14/jan-fév 2015
  • Prix facial : 5,90 €

  • Parution : n°28 de déc 14/jan-fév 2015

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 127 Mo

  • Dans ce numéro : alerte aux virus... les nouvelles découvertes de la recherche médicale.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Actualités le peuplement de l’Amérique vu par la génétique L’étude la plus complète retraçant l’histoire du patrimoine génétique des populations amérindiennes vient d’être réalisée à partir des données génétiques de 500 personnes provenant de 52 populations amérindiennes et 17 sibériennes. L’analyse a permis de prendre en compte, pour la première fois, les métissages européens et africains au sein de chaque individu. Grâce aux puces ADN, la technique la plus puissante d’analyse des génomes, un consortium d’une soixantaine de chercheurs provenant d’Europe et des trois Amériques, et notamment du CNRS, a pu obtenir une vue d’ensemble du patrimoine génétique de ces 500 personnes. L’analyse de 364 470 marqueurs leur a permis d’établir le degré de différence ou de ressemblance génétique de ces populations. Pour cela, un intense travail de traitement informatique des données a dû être effectué. Notamment, il a fallu correctement détecter et interpréter les traces génétiques du métissage africain et européen qu’ont connu, après l’arrivée de Christophe Colomb, les populations amérindiennes. Les analyses confirment que la majorité des populations amérindiennes, des Algonquins du Québec aux Yaghans de Terre de Feu, en passant par les Mayas-Kaqchiquel du Guatemala, proviennent d’une vague de migration provenant de Sibérie il y a environ 15 000 ans. L’analyse des génomes montre que la plus grande diversité génétique parmi les individus se situe au Nord de l’Amérique, tandis que les populations les plus homogènes génétiquement sont celles de l’Amérique du Sud, confirmant l’axe Nord-Sud de peuplement du continent. Par ailleurs, les chercheurs ont montré l’existence de deux autres vagues de peuplement asiatique survenues ultérieurement. Ceci confirme le modèle à trois vagues proposé en 1986 par Greenberg, Turner et Zegura, et qui, à l’époque, n’avait pas su convaincre la communauté de chercheurs. Les deux vagues suivant celle connue sous le nom de « First American » sont toutefois restées cantonnées à l’Alaska, le Canada et le Nord des Etats- Unis. Contrairement à ce qu’affirmait le modèle de 1986, les données actuelles montrent que les populations arrivantes se sont mélangées à celles déjà présentes. Ainsi se sont formés les peuples Eskimo-Aléoutes et Chipewyans. Ce travail de recherche a aussi permis de résoudre une énigme concernant le patrimoine génétique des indiens de langue Chibchan habitant au Panama. Ils seraient en fait issus du métissage entre des populations descendant du Mexique et un reflux de populations remontant depuis le Venezuela et la Colombie. Ces riches données génétiques réunies par le consortium devraient avoir par la suite un grand nombre d’applications, tournées notamment vers les relations Homme/environnement. Par exemple, les chercheurs s’intéresseront, à partir de ces analyses, à la distribution d’autres marqueurs génétiques des populations dont on pense qu’ils ont pu représenter un avantage sélectif face à certaines maladies infectieuses en Amérique. le médicament qui vient du froid Une équipe de recherche taïwanaise codirigée par l’Aquarium et Musée National de Biologie Marine à Pingtung (NMMBA), l’Université Nationale Dong Hwa (NDHU), l’Université Nationale Sun Yat-Sen (NSYSU) et l’Université Chen Shiu (CSU) ont annoncé dernièrement avoir découvert un anti-inflammatoire puissant dans des éponges et des oursins, qui font partie des quelque 600 espèces collectées en Antarctique ces trois dernières années. 44 - L’essentiel de la science Selon les chercheurs, la substance a la capacité de supprimer l’action d’anions superoxydes et d’une sorte de protéase que le corps humain produit naturellement et qui est responsable du phénomène d’inflammation. Le développement d’un nouveau médicament pour l’homme et sa commercialisation pourrait prendre une dizaine d’années. (Source ADIT) un chimpanzé qui trompe les humains Santino, un chimpanzé mâle du zoo de Furuvik, au nord de Stockholm (Suède), avait déjà été étudié en 2009 lorsqu’il avait pris l’habitude de récolter des pierres et de fabriquer des projectiles pour les lancer plus tard aux visiteurs du zoo. Ce que l’on observait alors était une capacité spontanée à prévoir une situation à venir et déjà expérimentée précédemment. En 2010, le comportement de Santino s’est développé. Au fur et à mesure de la période d’observation, il a développé deux stratégies permettant de tromper les visiteurs : cacher les projectiles et limiter les démonstrations de dominance qui précédaient habituellement les jets de pierre. Le chimpanzé a continué à préparer à l’avance des projectiles en vue de démonstrations agressives mais il s’est aussi mis à les cacher, soit dans des caches existant déjà, soit en en fabriquant à partir de paille. Celles-ci étaient fabriquées lorsque les visiteurs étaient hors de vue et la paille amenée depuis l’intérieur de l’enclos dans ce but. Toutes ces caches étaient situées à proximité de la zone accueillant les visiteurs, ce qui permettait au chimpanzé de jeter les pierres avant que la foule n’ait eu le temps de reculer. Cette étude de cas semble indiquer que ce chimpanzé est capable de se représenter les comportements futurs d’autres individus alors que ceux-ci ne sont pas présents et donc de concevoir une action sans avoir un feedback visuel immédiat pour aider à l’élaboration du plan. Ces observations montrent aussi qu’il a su avoir une réponse adaptée à une situation entraînée par son propre comportement initial. Cela suggère donc une certaine flexibilité dans la planification, ce qui chez les humains repose sur la combinaison de différents types de mémoire afin d’élaborer un scénario du type « et si ». Le fait de pouvoir tromper les autres, lorsque la tromperie a lieu dans un futur plus ou moins proche, requiert des capacités cognitives sophistiquées. Ce type de comportement a longtemps été considéré comme le propre de l’Homme mais il est possible d’émettre l’hypothèse que, chez d’autres primates, la capacité à planifier a évolué en réponse à un environnement social de plus en plus complexe. (Source ADIT)
Notre espèce sauvée par une mutation génétique A ses débuts, notre espèce ne fut qu’à un pas de l’extinction : on estime qu’il y a entre 200.000 et 100.000 ans, la population humaine s’est effondrée à un nombre critique de 10.000, voire peut être 5.000 individus. Par la suite, il y a eu un boom démographique qui a permis à notre espèce de mieux se défendre et de coloniser le reste du monde à partir de l’Afrique. Il existe de nombreuses hypothèses permettant d’expliquer l’état critique auquel est arrivée la population humaine de l’époque : développements culturels, tels que le langage, les changements climatiques, ou des événements naturels comme une importante éruption volcanique. Grâce à l’utilisation de technologies de séquençage ultra-massif de dernière génération, une étude dirigée par un groupe international de biologistes et paléoanthropologues propose un nouveau facteur significatif : les maladies infectieuses. « Il y a environ 100.000 ans, une mutation entraînant la désactivation de deux gènes ayant une incidence sur le système immunitaire s’est diffusée au sein de notre espèce. Cette évolution a permis une meilleure protection contre certaines souches bactériennes comme Escherichia Coli K1 et des streptocoques du groupe B. Ces bactéries constituaient la principale cause de mortalité des foetus et des nouveaux nés », explique Ermanno Rizzi, jeune chercheur de l’Institut de Technologies Biomédicales du Cnr (Centre national des recherches italien). « Nous avons découvert deux gènes qui ne sont plus fonctionnels chez les êtres humains, alors qu’ils le sont chez les primates les plus proches de nous, : FOTOLIA et qui auraient pu être la cible de bactéries pathogènes létales pour les nouveaux nés et les enfants », explique Rizzi. « La mort des plus petits peut avoir eu un impact significatif sur la capacité reproductive de notre espèce. La survie de l’espèce a pu être liée au développement d’une résistance au pathogène ou à l’élimination des protéines que le pathogène utilise pour prendre le dessus ». Les chercheurs pensent que c’est ce qui est arrivé chez nos ancêtres : la désactivation de deux récepteurs de l’acide sialique qui régulent les réponses immunitaires et qui font partie d’une grande famille de gènes aurait été très impliquée dans l’évolution humaine. Les chercheurs ont notamment découvert que le gène codant pour la protéine Siglec-13 ne fait plus partie de notre génome, alors qu’il est encore présent et fonctionnel chez les chimpanzés, nos cousins les plus proches. Le gène codant pour la protéine Siglec-17 s’exprime encore chez les êtres humains, mais a été légèrement modifié et détermine une protéine plus courte, sans aucune utilité pour les agents pathogènes. (Source ADIT) L’essentiel de la science - 45



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