Je Sais Tout n°48 janvier 1909
Je Sais Tout n°48 janvier 1909
  • Prix facial : 1 F

  • Parution : n°48 de janvier 1909

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Publications Pierre Lafitte

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 178

  • Taille du fichier PDF : 117 Mo

  • Dans ce numéro : interview du tsar des Bulgares.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Les AVantaCoureurs de la CiVilisation LES ELBV'ES D'UN PATRONAGE Les missionnaires s'efforcent (le fonder des associations entre leurs anciens élèves  : c'est le meilleur moyen de les empêcher de retomber dans la sauvagerie et le cannibalisme. quelques officiers français et d'autres missionnaires ? Ignore-t-on les récits de ceux qui, mêlés à cette affaire, racontèrent sous quelles menaces ils durent, bien qu'en armes, évacuer la ville, poursuivis par des hordes vociférantes de Chinois ? — Le Père Guilcher connut, toit seul, ces heure: ; angoissantes. Afin d'échapper aux fanatiques, il dut, pendant un mois, se cacher chez des Chinois chrétiens (lui risquaient, en l'abritant ainsi, les pires supplices. Bientôt, il se remit en route, faussant sa piste comme une bête traquée, déguisé tantôt en portefaix, tantôt en marchand, tantôt en batelier ; avançant à petites journées, se réfugiant d'une famille chrétienne chez une autre, revivant, parmi ces nouveaux convertis appartenant à toutes les professions, et formant entre eux une sorte d'association secrète, la vie remplie de transes des premiers chrétiens célébrant leur culte dans l'ombre des catacombes. « — Seuls, disait-il dans la suite, mes yeux que je ne pouvais absolument pas déplacer et rendre obliques, risquaient de me trahir, et je dus me résoudre à porter 761 des lunettes fumées pour les dissimuler. Mais ses transes devaient durer à Tali- Fou. Le poste qui lui était assigné se trouvait en pleine révolte musulmane. Celle-ci dura plusieurs années au cours desquelles le pauvre missionnaire accompagné de quelques chrétiens fidèles vécut dans des terreurs continuelles, tantôt se cachant, tantôt fuyant dans la montagne, — où il dut demeurer une année. — Entre temps, le Père Guilcher évangélisait les Chinois et servait d'interprète aux rares Européens qui séjournaient dans cette région peu hospitalière. C'est ainsi que Francis Garnier, passant au cours de ses expéditions aventureuses par Tali-Fou, Francis Garnier à qui nous devons le Tonkin, eu t recours au savoir du missionnaire, lequel, en la circonstance, se montra excellent diplomate et médiateur habile entre l'explorateur français et le chef des Musulmans en révolte, alors maître de toute la région de Tali. Les Français qui le virent A l'oeuvre furent rares, d'ailleurs. En trente-huit années, c'est A peine si en dehors de 7-1
Je sais tout Francis Garnier il vit trois ou quatre compatriotes  : Le Prince Henri d'Orléans qui vint le voir au cours de son voyage en Chine et au Thibet et qui, pendant plusieurs semaines fut son hôte, et, il y a quatre ou cinq ans, l'explorateur et Mme Gervais- Courtellemont. Le Père Guilcher était alors tout à fait un vieillard. Il avait abandonné tout espoir de revoir sa patrie, mais l'arrivée de ces Français, de cette Française, surtout, — il n'en avait revu une seule depuis cinquante ans — lui fit pleurer ses premières larmes. Cependant, malgré son existence aventureuse, le Père Guilcher peut se ranger au nombre des missionnaires heureux, surtout si l'on compare son sort et sa fin paisible, en somme, à celle de tant d'autres, et en particulier du Père Levacher mis à mort au Tonkin dans des circonstances horribles. Ces exemples, heureusement, deviennent de plus en plus rares. Si les Chinois se défient des missionnaires, — bien plus en tant que blancs qu'en tant que religieux, — du moins, par civilisation naissante, ou par prudence, respectent-ils leur vie. Par cet aperçu rapide de la vie d'un d'entre eux, on peut se rendre compte de ce qu'est l'existence des missionnaires, existence aventureuse et dure entre toutes, qui demande des qualités exceptionnelles de courage et d'endurance. Aussi bien, d'une manière générale, n'est ce pas chez des prêtres très jeunes que l'on trouve cette vocation. Les missionnaires sont, pour la plupart, des hommes âgés. On trouve parmi eux des hommes venant de tous les horizons  : savants désabusés, officiers, ingénieurs sortis de Polytechnique, hommes de science dont la vie fut traversée par quelque drame, un deuil irréparable, une inguérissable douleur, êtres cherchant dans cet apostolat, une impénétrable retraite. Il serait injuste, parlant des missionnaires, d'oublier les religieuses dont l'action se joint à la leur. Elles vont, elles aussi, dans les contrées lontaines, bornant leur action aux oeuvres charitables, éduquant les enfants, soignant les malades, relevant la femme aux yeux des peuples 762 A travers le Globe qui la considéraient jusqu'alors comme une bête de somme soumise aux plus rudes travaux. En effet, si le Musulman ne se laisse pas amener à la foi chrétienne, du moins, admire-t-il naïvement le dévouement dont il n'est que rarement capable. Témoin ce dialogue entre un Egyptien et une religieuse qui soutient un vieillard sur les bords du N i l  : — C'est ton père ? — Non. — Un parent, un vieillard de ta famille ?... — Pas davantage... — Alors pourquoi veilles-tu sur lui ? Le Musulman, en effet, pratique mieux que quiconque l'hospitalité dont le Prophète lui dicta les devoirs sacrés, mais il ignore la charité, cette sensibilité féminine que sa religion ignore. Au demeurant, il respecte ce sentiment, car, il ne faut pas s'y méprendre, le Musulman a l'esprit très élevé, et jamais il ne portera la main sur les religieuses qui, pour rejoindre la mission de Bagdad, où l'on instruit et soigne les enfants, font d'interminables voyages à dos de chameau, et, la nuit venue, dorment sous la tente. Enfin, dans les Indes anglaises, ce sont des religieuses françaises qui sont chargées des léproseries. Et c'est par là que peut et doit finir ce court aperçu sur la vie des missionnaires, hommes ou femmes. Quel que soit le pays où ils vont exercer leur apostolat, les missionnaires peuvent conserver l'espoir de revoir la terre natale. A celles qui entrent dans les léproseries, ce faible espoir lui-même est refusé. En franchissant le seuil de ces cités horribles, il faut abandonner toute espérance  : on y entre, on n'en sort plus. La contamination est fatale, inéluctable. Les lois sont féroces sur ce point  : nul de ceux qui approchent les lépreux ne peut approcher un être sain. Pénétrer dans la léproserie, c'est entrer vivant dans la tombe. On peut s'étonner d'une vocation assez ardente pour provoquer de pareils renoncements  : d'où qu'ils viennent, où qu'ils aillent, on ne saurait se défendre de les admirer. Je MAURICE LEVEL



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