Direct Soir n°78 18 déc 2006
Direct Soir n°78 18 déc 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°78 de 18 déc 2006

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : Audrey & Gad, duo gagnant

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir t Lundi 18 décembre 2006 4 EXCLUSIVITÉ INTERVIEW HERVÉ GAYMARD Le défi des pays émergents Fin novembre, Hervé Gaymard a remis à Dominique de Villepin un rapport sur le rôle de la France dans les pays émergents : « Un nouvel usage du monde ». L’ancien ministre revient sur les conclusions de cette enquête. Vous dites dans votre rapport que nous vivons la « quatrième mondialisation ». Quelles étaient les trois premières ? Sans remonter à l’Antiquité, La première est la mondialisation espagnole, avec la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb.La mondialisation britannique au 19 e siècle est la deuxième. Ensuite, celle des Etats-Unis après la Deuxième Guerre mondiale.Aujourd’hui, c’est différent : la mondialisation ne traduit pas l’hégémonie d’un pays mais révèle un monde beaucoup plus interdépendant et mobile qu’il ne l’a jamais été. Quels sont les pays émergents ? Ce sont des pays qui comptent déjà beaucoup aujourd’hui et compteront encore davantage demain : la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Indonésie, l’Afrique du Sud ou encore le Vietnam. Ils représentent 40% de la population mondiale et réalisent une croissance annuelle oscillant entre 5 et 8%. Le Brésil est un peu en arrière, autour de 4,7%, ce qui suffit pour nous faire rêver. Quel rôle pourrait avoir la France dans ces pays ? L’Europe et la France doivent être davantage présentes. Le rapport propose quatre priorités. La première, c’est la coopération universitaire. L’intelligence et la formation des hommes est l’élément le plus important de nos relations.Il faut ensuite que les petites et moyennes entreprises françaises grossissent pour être plus présentes sur ces marchés. Nous devons enfin considérer ces pays à leur juste valeur dans le monde actuel. Par exemple, les associer à nos réunions du G8 (ndlr : les 8 pays les plus riches de la planète). Enfin, la France doit avoir une politique extérieure plus cohérente. La France bénéficie-t-elle d’une position privilégiée dans ses anciennes colonies ? Les anciennes colonies françaises ne font pas encore partie de ces pays émergents, à l’exception du Vietnam, qui demeure cependant loin de l’Inde ou de la Chine. Nous sommes considérablement en retard. Nos grands groupes font la course en tête sur le plan mondial, il faut s’en féliciter. Notre handicap, ce sont nos petites et moyennes entreprises, trop petites et pas assez spécialisées. L’Allemagne mène depuis plus de vingt ans une politique très active, notamment à destination de la Chine. Lorsqu’elle s’équipe, en machines-outils par exemple,les entreprises allemandes sont devant nous. Je propose de valoriser l’excellence des lycées français à l’étranger Repères B.BISSON/CORBIS SYGMA LUDOVIC/REA P.MERLE/AFP Le modèle d’éducation français n’est-il pas en retard pour jouer le rôle que vous souhaitez lui confier ? Les universités françaises sont très dispersées. En les rassemblant par deux ou trois, elles seraient beaucoup mieux placées dans le classement de Shangai. C’est l’objet des Pôles de recherche et d’enseignement supérieur. L’adoption récente du système LMD (licence, master, doctorat) a également permis de rattraper le retard. Mais nous devons être davantage présents à l’international. Je propose de valoriser l’excellence des lycées français à l’étranger et de prolonger leurs atouts par des implantations de premiers cycles universitaires « off shore ». La Sorbonne le fait déjà à Abu Dhabi, et l’Ecole centrale de Paris à Pékin. Ensuite, il faut attirer plus d’étudiants étrangers en France, et créer une structure unique pour la promotion et l’hébergement. L’homme de la montagne Au gouvernement L’avenir Né à Bourg-Saint-Maurice, Hervé Gaymard est député de la Savoie depuis 1993 et conseiller général depuis 1994. Très attaché à sa région, il est actuellement vice-président du conseil général de Savoie, conseiller régional rhônalpin et président de l’assemblée du Pays Tarentaise-Vanoise. PROPOS RECUEILLIS PAR BORIS EHRGOTT ET XAVIER PLASSON C’EST DIT « Je reste impliqué dans la vie publique. Mais en privilégiant les sujets de fond, comme ce rapport sur les pays émergents, qui relie développement local, politique européenne et gestion de la mondialisation. Le président de la République vient de me confier l’organisation du sommet Afrique-France de février 2007. Je suis par ailleurs élu local en Savoie et je serai candidat aux législatives de juin 2007. » Alors qu’il a exercé diverses fonctions administratives, Hervé Gaymard est nommé secrétaire d’Etat aux Finances, puis à la Santé et à la Sécurité sociale dans le gouvernement Juppé (1995-1997). Jean-Pierre Raffarin en fait son ministre de l’Agriculture (2002), puis celui de l’Economie, des Finances et de l’Industrie (2004). P.KOVARIK/AFP La France souffre-t-elle d’une concurrence déloyale de ces pays, sous forme de dumping ? Il faut petit à petit associer ces pays à la gouvernance mondiale. Dans un G8 élargi, nous pourrons parler de ces sujets. Il faut relier les problématiques du travail, de l’environnement et du commerce. Il faut ensuite que l’Europe ait une conscience plus claire de ses intérêts, que la Commission accepte d’avoir des champions européens. Partout dans le monde, les Etats consentent à leurs industries des tarifs concurrentiels. Il faut faire de même en Europe. Il ne s’agit pas d’être protectionniste mais d’utiliser les mêmes armes. Le rôle de la France n’est-il pas d’accompagner ces pays dans le sens d’un développement plus écologique ? Aujourd’hui, les pays émergents n’acceptent pas le discours des pays du Nord qui leur conseillent de ne pas gaspiller leur capital écologique. Ils avancent un argument historique : quand nous nous sommes développés au 19 e siècle, nous n’avons pas eu ce souci écologique. L’approche environnementale doit être mondiale et ne doit pas être considérée comme une forme contemporaine de néocolonialisme. Il faut s’appliquer à des réalisations concrètes. En matière d’économie d’énergie, d’eau ou de gestion des grandes villes, nous avons une expérience reconnue. En février 2005, suite à la polémique sur le loyer de son appartement de fonction, Hervé Gaymard reconnaît son défaut de vigilance et rembourse 58 894 € à l’Etat et démissionne. « Je ne regarde pas dans le rétroviseur. » Son rapport étudie l’avenir de la France dans la mondialisation. Il va organiser pour Chirac le sommet Afrique-France.
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