Direct Soir n°62 24 nov 2006
Direct Soir n°62 24 nov 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°62 de 24 nov 2006

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : Philippe Noiret, adieu monsieur

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir t Vendredi 24 novembre 2006 6 ACTU EN COUVERTURE PHILIPPE NOIRET/L’irremplaçable 125 films, des dizaines de pièces de théâtre. Pendant cinquante ans, le comédien a imposé son talent. Il est mort hier à l’âge de 76 ans. Le parcours singulier de Philippe Noiret commence dans les lycées parisiens qu’il fréquente durant son adolescence. Partout où il passe, chez les oratoriens ou à Janson de Sailly, il est renvoyé et rate plusieurs fois son baccalauréat.Le jeune Philippe mène ses études sans zèle excessif, en épicurien qu’il est déjà. Il découvre sa vocation dans les cafés de Montparnasse où il fait la rencontre de sa vie : l’univers des comédiens. A 24 ans, c’est le début de la grande aventure du Théâtre national populaire avec « le patron », Jean Vilar. Il y joue en compagnie de Gérard Philipe.Il y fait la connaissance de l’actrice Monique Chaumette, qui deviendra et restera son épouse jusqu’au dernier jour. Après un passage dans les cabarets parisiens, dans un duo comique avec Jean-Pierre Darras,le cinéma lui ouvre ses bras presque par hasard.Ce bon vivant qui n’avait pas le physique d’un jeune premier y fera une carrière exemplaire. En 50 ans, Philippe Noiret aura tout joué : le flic corrompu, le paysan rêveur ou l’épicurien suicidaire avec le même appétit. Car derrière son naturel nonchalant, Philippe Noiret était un « bouffeur de travail », avec ses 125 films au compteur, et un comédien d’une rare lucidité. « J’ai contribué à l’image de gentleman-farmer que l’on me colle mais elle n’est qu’une parcelle de la réalité », s’amusait-il.Deux Césars du meilleur acteur plus tard,l’amateur de cigares,de panamas et de chevaux avait décidé de revenir sur les planches, en 1997, avec l’envie des premiers jours. « C’est un des points en commun que j’ai avec d’autres sexagénaires un peu tapés comme Jean-Pierre Marielle et Jean Rochefort. Pour nous, jouer a d’abord été jouer au théâtre, dans une troupe », expliquait-il à l’époque. Des compagnons de jeu qui, désormais, vont se sentir très seuls. Asavoir En Amérique aussi Philippe Noiret, acteur français par excellence, a aussi fait un bout de chemin à Hollywood. En 1969, il a joué un rôle d’agent double dans L’étau, d’Hitchcock. THOMASLIARD PIX/VISUAL PRESS AGENCY E. FOUGERE/VIP IMAGES/CORBIS Hommage par Philippe Labro Inutile de chercher à singulariser une qualité plutôt qu’une autre pour définir ce qui a fait de Philippe Noiret un des comédiens les plus aimés, respectés, recherchés de sa génération. Il y avait cette voix, grave, reconnaissable d’emblée, capable d’exprimer l’autorité ou de basculer dans la tendresse. Cette crédibilité immédiate pour incarner les héros ou les salauds, les notables ou les victimes, cette souplesse avec laquelle il endossait tous les uniformes, et passait du cocasse au sublime. Comme à chaque fois qu’une figure aussi populaire disparaît, on mesure qu’un grand comédien, c’est une alchimie complexe, un mélange de dons et de travail, une nature, et, souvent aussi, un personnage qui, hors écran ou hors scène, fascine et charme celles et ceux qui le rencontrent. Tel était Philippe Noiret, formé au théâtre, confirmé au cinéma, traversant les décennies et les films de Tavernier, Zidi, Enrico ou Leconte avec une densité, une épaisseur, une intelligence des rôles et cette humilité orgueilleuse de celui qui sait, à un moment donné de sa carrière, qu’il maîtrise son art. Et qu’à partir de cet instant, il faut, comme Fred Astaire, le génial danseur des comédies musicales américaines, donner la sensation au public que c’est extrêmement simple, extrêmement ludique, que tout le monde pourrait en faire autant – et, cependant, peu de gens y arrivent. Mais si on sent aujourd’hui palpiter comme une authentique émotion à travers les hommages de ses pairs mais surtout du grand public, tous âges et métiers confondus, c’est parce que Noiret avait réussi à se faire aimer non seulement pour les personnages qu’il interprétait, mais pour lui-même. Il avait le verbe libre, la posture de l’indépendance, il avait fait le choix de ne pas participer aux clans, aux « familles » politiques du monde du spectacle. Avec son humour lucide, il avait inventé la formule : « Je n’ai pas la carte. », c’est-à-dire : « je n’appartiens pas à une idéologie dominante, je ne me conforme pas aux règles de la bienpensance et du politiquement correct. » Je le revois chez Lipp, au côté de son épouse Monique (plus de 40 ans de vie commune, aucun ragot, aucune « pipolerie »), courtois, aimable, amusant et disert – aussi bien qu’au théâtre avec Anouk Aimée assise pas loin de lui, lisant des lettres qui retracent la vie entière de deux êtres différents et semblables, et ce avec une gravité et une vérité rares. Sur la fin, rongé par la maladie, le visage bouleversé il conservait dignité et élégance. Philippe Noiret, qui pouvait jouer n’importe quoi, n’était pas n’importe qui.
F. CRUSIAUX/GAMMA www.directsoir.net ÉLECTIONS PROFESSIONNELLES/L’UNSA premier syndicat des polices Avec 41,07% des suffrages aux élections professionnelles, le syndicat UNSA-Police dépasse Alliance. h Selon les résultats officiels du scrutin annoncés ce matin, l’UNSA s’impose avec 41,07% des voix face à Alliance, qui laisse sa place de leader des syndicats de police, avec 36,47% des suffrages. Un résultat attendu chez les 100 000 gardiens de la paix et CRS, puisque le syndicat national des policiers en tenue a récemment fusionné avec l’UNSA. En 2003, le SNPT représentait déjà 25% des suffrages lors des dernières élections professionnelles, et l’UNSA seulement 22%. Les autres formations syndicales se partagent les restes. Le Syndicat général de la police (SGP-FO) progresse, avec 15,34% des voix, contre 12,48% en 2003. Le nouveau syndicat réputé proche de l’extrême droite, Action-police- CFTC, qui espérait atteindre les 7%, ne parvient pas à percer et n’obtient que 1,40%. Tandis que la FPIP, autre syndicat d’extrême droite obtient 4,73% (5,48% en 2003). Lobbies influents, les syndicats de police ambitionnaient depuis plusieurs semaines de remettre le débat sécuritaire au cœur de la campagne présidentielle. L’UNSA-Police, proche de Ségolène Royal, et Alliance, réputée sarkozyste, ont mené plusieurs actions en ce sens, afin d’attirer l’attention sur les conditions de travail des policiers, notamment en ce qui concerne les violences faites à leur encontre. Autre rebondissement, ces élections ont donné des résultats étonnants chez les cadres des forces de l’ordre.Les 1 800 commissaires ont ainsi mis fin à la suprématie du syndicat des hauts commissaires et hauts fonctionnaires de la police nationale. Disposant de 88% des voix en 2003, il reste majoritaire, mais avec 58,50%. 35,79% des suffrages reviennent au syndicat indépendant des commissaires de police. FRANCE GREFFE DU VISAGE/Nouvelle opération en prévision h « Je me ressemble. » Ce sont les mots d’Isabelle Dinoire, un an après sa greffe du triangle nez-lèvres-menton. Elle avait été défigurée en mai 2005 par son chien. L’évolution, très positive, de l’intégration morphologique du transplant fait de cette première mondiale un succès, qui va audelà des attentes des médecins. « Des personnes qui ne l’avaient vue qu’avant sa morsure l’ont reconnue, ce qui est très intéressant », relève le Professeur Devauchelle, le chirurgien qui a opéré la patiente. « Fondue dans une foule, elle n’est pas LA transplantée ». Confortée par le triple succès de la greffe sur les plans physique, fonctionnel et psychologique, l’équipe médicale compte réitérer l’exploit. Prévue pour l’année prochaine, cette seconde opération sera du même type que la précédente, la greffe du « triangle » étant considérée comme la « meilleure indication ». Dans l’équipe du Pr Devauchelle, on reste très critique à l’égard du projet britannique de transplantation de visage complet. Que faire en cas de rejet, toujours possible, du greffon ? Reste aussi à régler le coût, considérable, de telles interventions. La solidarité nationale acceptera-t-elle de payer des traitements, à vie, contre le rejet pour des transplantations du visage ?



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