Direct Soir n°33 5 oct 2006
Direct Soir n°33 5 oct 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°33 de 5 oct 2006

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : Alain Juppé, retour d'un grand cru

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir t Jeudi 5 octobre 2006 4 EXCLUSIVITÉ INTERVIEW CHRISTIANE TAUBIRA La république métisse Comme en 2002, l’élue de Guyane devrait porter les couleurs du Parti radical de gauche à l’élection présidentielle. Le congrès du PRG en décidera le 23 octobre. Rencontre avec une idéaliste de la république au cœur métisse. Vous avez pris la décision de vous présenter à la présidentielle le 14 juillet 2006, est-ce un hasard ? Ma candidature fait écho aux valeurs de la Révolution française, au drapeau de trois couleurs et à l’irruption du peuple dans les affaires de l’Etat. La Révolution est loin, pourtant la France vit depuis 200 ans avec les mêmes institutions. Aujourd’hui, elles sont essoufflées, il faut les renouveler en gardant en tête cet événement fondateur. Vous désignez-vous toujours comme la candidate « visible pour les invisibles » ? Ce n’est pas une phrase de moi. Je ne veux pas être enfermée dans mon identité, mais je ne permets à personne de m’empêcher de la vivre. Je suis née en Guyane, j’y ai grandi, j’ai une identité amazonienne très forte, je suis une fille de la forêt. J’y retourne régulièrement, tous les dix jours. C’est là où j’ai grandi et où j’ai mes souvenirs d’enfance. Cependant, j’ai reçu une éducation et une culture française, parce que la Guyane est française. Le suffrage universel n’est pas un supermarché Repères SERGE SIBERT/GAMMA Les minorités visibles sont-elles votre premier réservoir de voix ? Je ne les appelle pas minorités visibles. Il existe de nombreuses minorités dans la société française, et celles qu’on appelle ainsi sont basanées, comme moi. J’ai découvert en 2002 que mes soutiens sont issus de milieux différents : des professions libérales, des professeurs, des magistrats, qui refusent une société inégalitaire, mais aussi ceux qui prennent les injustices en pleine figure, notamment les milieux ruraux ou les quartiers déshérités, largués par le soi-disant progrès. JEAN AYISSI/AFP JEAN-PIERRE COUDERC/L’EXPRESS/EDITINGSERVER.COM Avec vos 2,3%, Lionel Jospin se serait retrouvé face à Jacques Chirac en 2002. Ne craignez-vous pas que votre candidature puisse à nouveau permettre à Jean-Marie Le Pen d’accéder au second tour en 2007 ? Le suffrage universel n’est pas un supermarché. Même si, hélas, il permet l’accession au deuxième tour de Jean-Marie Le Pen. En Allemagne, il a permis l’accession d’Hitler au pouvoir. Il n’y a pas de gomme pour cela et ça me fait mal au cœur. Mais en 2002 il y avait cinq millions d’abstentionnistes, c’est la vraie question. Il y a en France une désaffection civique. Alors qu’on ne vienne pas dire qu’un tel a piqué des voix à Jospin. Les électeurs sont des gens responsables, ils choisissent. Le premier tour permet aux électeurs de soutenir les idées des petits candidats. Et ma candidature m’a permis de défendre des idées qui ont fait débat depuis, comme le respect de la diversité culturelle, l’idée d’une 6 e République, la création de la Haute autorité de lutte contre les discriminations. Restez-vous partagée sur la création du Conseil représentatif des associations noires (CRAN) ? Je ne pense pas que ce soit le bon chemin. Je pense qu’il faut inclure les personnes qui se sentent exclues de la république. Cela ne veut pas dire que le Cran est pour l’exclusion, je trouve dommage ce positionnement communautaire. Y a-t-il véritablement une question noire en France ? La société française est perturbée par le problème de l’intégration. La population noire de France ne veut pas soulever cette question noire. On confond l’égalitarisme républicain avec l’uniformité. Or, on ne sait pas traiter les différences. Cette question noire taraude car elle renvoie à FRANÇOIS GUILLOT/AFP une série de différences. La même question se pose pour les handicapés, pour l’orientation sexuelle. Tout ce qui échappe à la norme. La loi pour la reconnaissance de l’esclavage et de la traite des Noirs comme « crime contre l’humanité » estelle votre plus grande victoire ? Je ne le vis pas comme fierté,mais à force de l’entendre dire… C’était un combat difficile personnellement car c’est une partie de mon histoire. Cette première mondialisation a duré quatre siècles. La décision d’une journée nationale pour la mémoire de l’esclavage et l’article 2 de la loi qui encourage son enseignement sont une avancée considérable. Il y a également des progrès du côté des enseignants et des éditeurs qui ont modifié les manuels scolaires.En revanche,côté gouvernement, toutes les mesures n’ont pas encore été prises pour l’application de la loi. Je le regrette. PROPOS RECUEILLIS PAR BORIS EHRGOTT, CAROLINE ITHURBIDE ET XAVIER PLASSON La Guyane, son identité La loi Taubira, sa fierté L’exclusion, son combat « Fille de l’Amazonie », Christiane Taubira retourne en Guyane tous les dix jours. Attachée à ses racines, elle se dit candidate de toutes les minorités, et refuse d’être cataloguée « candidate des Noirs ». La loi du 10 mai 2001 reconnaît l’esclavage et la traite des Noirs comme crime contre l’humanité. Un combat personnel pour la députée de Guyane : l’esclavage fait partie de son histoire familiale. Le 25 septembre dernier, elle accompagne plusieurs élus de gauche qui soutiennent les expulsés de Cachan. Elle accuse les maires qui ne respectent pas le quota de 20% de logements sociaux.
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